N.-B.: une roue défaillante aurait provoqué le déraillement

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Le déraillement du convoi, qui transportait notamment du pétrole brut et du gaz liquéfié, a provoqué un incendie majeur qui faisait toujours rage jeudi matin et qui a forcé l'évacuation de quelque 150 personnes.

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Pierre Saint-Arnaud, Fannie Olivier
La Presse Canadienne

Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) possède déjà un indice important sur la cause possible du déraillement suivi de l'incendie, mardi, d'un convoi de marchandises du Canadien National (TSX:CNR) près de Plaster Rock, dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick.

L'incendie est circonscrit, mais il brûle toujours mercredi matin.... (Photo Tom Bateman, PC) - image 1.0

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L'incendie est circonscrit, mais il brûle toujours mercredi matin.

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Les enquêteurs ont en effet constaté qu'une roue du 13e wagon, soit près de la tête du convoi de 122 wagons, présentait des fissures et s'était déplacée vers l'intérieur de l'essieu.

«Cette roue a bougé de son essieu et s'est écartée de la voie, ce qui a entraîné le déraillement de cet essieu monté», a expliqué l'enquêteur Guy Laporte, en conférence de presse jeudi matin à Plaster Rock.

«La roue est venue vers l'intérieur (...) et elle a roulé sur le ballast et les traverses, mais l'essieu ne s'est pas rompu», a-t-il ajouté plus tard.

L'enquêteur a par ailleurs précisé que son équipe avait trouvé un rail rompu.

M. Laporte a toutefois averti qu'il était encore impossible de confirmer qu'un de ces éléments aurait pu être la cause directe du déraillement de 19 wagons et d'une locomotive télécommandée.

D'autres éléments ne sont d'ailleurs pas écartés, a indiqué l'expert. «La température froide peut créer un problème. On ne dit pas que c'est ça mais ça pourrait être un facteur contributif, mais ce n'est pas confirmé du tout.»

Jim Feeny, porte-parole du Canadien National, a fait savoir jeudi que la société ferroviaire allait défrayer les coûts de nettoyage et compenser les citoyens dont la propriété a été endommagée et qui ont dû effectuer des déboursés à la suite de l'évacuation.

Le déraillement du convoi, qui transportait notamment du pétrole brut et du gaz liquéfié, a provoqué un incendie majeur qui a forcé l'évacuation de quelque 150 personnes.

Le pétrole brut était transporté dans des wagons de type DOT-111, ceux-là mêmes qui ont explosé dans le centre-ville de Lac-Mégantic le 6 juillet dernier et dont la sécurité pour le transport de matières inflammables ou explosives a été remise en question à la suite de la catastrophe ferroviaire qui a fait 47 morts. Jeudi, des informations ont circulé à l'effet que le secrétaire américain des Transports, Anthony Foxx, prendrait une décision sur l'avenir de ces wagons dans les prochaines semaines.

Dans le cas de Plaster Rock, heureusement, le déraillement n'a fait aucun blessé.

«C'est juste par pure «luck', comme si on jouait à la 6-49, que le train ait déraillé à deux kilomètres de Plaster Rock. Imaginez si c'était encore arrivé dans un village», s'est insurgé le député néo-démocrate d'Acadie-Bathurst, Yvon Godin

Le convoi s'étendait sur 8045 pieds (2452 mètres) et pesait 9938 tonnes. Il comptait 65 wagons chargés, 25 wagons vides, 32 wagons contenant des résidus, trois locomotives de tête et une locomotive télécommandée.

Le député néo-brunswickois a par ailleurs vertement dénoncé le mutisme du gouvernement Harper. «Nous sommes deux jours après l'incident et le gouvernement n'a toujours pas parlé aux médias. Il est complètement muet. Il est où le leadership du gouvernement, lui qui est responsable de la sécurité publique?» s'est-il interrogé.

Au lendemain de la tragédie de Lac-Mégantic, la ministre fédérale des Transports, Lisa Raitt, avait émis de nouvelles directives quant à la sécurité ferroviaire: les trains transportant des matières dangereuses devaient désormais compter deux conducteurs, et ils ne pouvaient être laissés sans surveillance sur une voie principale.

Elle avait par la suite également annoncé que les compagnies ferroviaires auront à informer les municipalités du contenu de ce qu'elles transportent (a posteriori), pour qu'elles soient en mesure de mettre sur pied des protocoles d'urgence.

Mme Raitt s'est toutefois faite très discrète depuis le nouvel accident. Par courriel, son attachée de presse Ashley Kelahear a spécifié que les inspections ferroviaires avaient augmenté de 40 pour cent depuis 2006.

«Notre gouvernement est engagé envers la sécurité des Canadiens. Nous examinons également si nous avons besoin de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité ferroviaire et le transport des matières dangereuses», a-t-elle écrit.

Pour l'opposition officielle, si le gouvernement veut assurer la protection du public, il doit se réapproprier les inspections des chemins de fer et des véhicules plutôt que de les laisser aux compagnies ferroviaires.

«Il faut arrêter de se fier strictement aux entreprises, on a vu les résultats. Elles vont toujours couper les coins ronds, c'est systématique. C'est normal: elles vont toujours essayer de faire ça au plus »cheap«», a tranché le chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

Il déplore qu'alors que le transport du pétrole par rail a connu une progression fulgurante au cours des dernières années, les inspections et vérifications n'ont pas suivi au même rythme.




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