Déraillement d'un train au N.-B.: un freinage automatique inopiné?

Dix-sept wagons du CN ont déraillé mardi près... (Photo: PC)

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Dix-sept wagons du CN ont déraillé mardi près de Wapske, à 150 kilomètres au nord-ouest de Fredericton.

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Kevin Bissett
La Presse Canadienne
PLASTER ROCK, N.-B.

Des enquêteurs se penchaient sur le système de freins et les essieux d'un train de marchandises du Canadien National transportant du pétrole brut qui a déraillé mardi soir dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick.

Le CN a indiqué mercredi matin qu'un incendie qui a fait rage pendant plus de 18 heures à la suite du déraillement avait été circonscrit.

Le président-directeur général du CN, Claude Mongeau, a parlé d'un incendie normal à la suite d'un déraillement impliquant des voitures contenant des produits pétroliers.

Il a indiqué que 17 wagons avaient déraillé près de Wapske, et que cinq d'entre eux transportaient du pétrole brut de l'Ouest canadien destiné à une raffinerie Irving de Saint-Jean. Quatre autres wagons contenaient des gaz de pétrole liquéfiés.

Lors d'une conférence de presse tenue mercredi matin près de Plaster Rock, M. Mongeau a dit avoir encore peu d'information sous les yeux. Il a affirmé que l'impact sur l'environnement et la qualité de l'air semblait «très limité». M. Mongeau a mentionné que le train était constitué d'environ 122 wagons.

L'Organisation des mesures d'urgence du Nouveau-Brunswick a indiqué que l'accident n'avait fait aucun blessé et que le nombre de personnes touchées par un avis d'évacuation était maintenant passé de 60 à 150.

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada a dépêché des enquêteurs sur les lieux du déraillement, à environ 150 kilomètres au nord-ouest de Fredericton. Selon des renseignements préliminaires provenant du CN et de la GRC, le BST a affirmé que les freins du train s'étaient appliqués de façon inopinée.

Les détails préliminaires font état d'un serrage des freins non désiré, a évoqué l'agence fédérale. Le BST a aussi relaté qu'une équipe avait déterminé, après inspection, que le 13e wagon derrière les locomotives avait déraillé, et que son système d'essieux était brisé.

Une conduite fournit de l'air comprimé aux systèmes de freinage de tous les wagons et des locomotives. Si ce tuyau se brise, les freins d'urgence sont automatiquement actionnés, a expliqué Daniel Holbrook, directeur au siège social du Bureau à Gatineau, et responsable des activités régionales pour l'ouest du pays - d'où provenait le convoi.

«Alors que le train était en marche, il y aurait eu un bris dans la conduite principale, et les freins se sont activés et le train s'est arrêté», a-t-il estimé.

Au CN, M. Mongeau a indiqué qu'on n'a pas encore déterminé de quelle façon chacun des wagons s'était comporté exactement dans l'accident.

Selon le porte-parole du CN Jim Feeny, l'ingénieur et le conducteur, les deux seules personnes à bord du train, ont livré leur témoignage mais leurs propos n'ont pas été rendus publics.

«Nous avons déployé une équipe d'urgence complète (...) depuis Moncton, Toronto et Montréal, a-t-il ajouté. Leur priorité est de protéger la population et l'environnement.»

La sécurité ferroviaire est devenue un enjeu important à travers le pays depuis le déraillement mortel survenu à Lac-Mégantic le 6 juillet dernier.

Steve Legace, un résident de Plaster Rock, a affirmé cependant que la population est moins tendue qu'elle ne l'était mardi soir, alors que plusieurs ignoraient s'ils étaient en danger.

«C'est un peu énervant, j'imagine, de savoir que ces choses passent à travers nos villages, sans savoir exactement ce qui est transporté dans ces véhicules, a-t-il témoigné mercredi. Les choses semblent s'être calmées et les gens ne sont pas aussi sous le choc qu'ils ne l'étaient (mardi).»

Le premier ministre David Alward a affirmé que le déraillement n'affectait pas sa confiance dans la sécurité du transport ferroviaire. «Des marchandises circulent tous les jours - que ce soit par route, rails, oléoducs ou avions. Il y a toujours des risques», a fait valoir le premier ministre.

«Ce dont nous devons nous assurer, c'est que les systèmes sont sécuritaires (...) et que lorsqu'un accident arrive, nous soyons en mesure de réagir rapidement et efficacement.»




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