La Charte a multiplié les gestes islamophobes, dit un collectif

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Le porte-parole du Collectif québécois contre l'islamophobie, Adil Charkaoui.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

Des membres de la communauté musulmane reprochent au gouvernement Marois d'être directement responsable d'une augmentation marquée des gestes et propos islamophobes au cours des dernières semaines.

Le Collectif québécois contre l'islamophobie (CQCI), un organisme comptant une quarantaine de membres surtout actifs sur Internet, dit avoir reçu 117 plaintes pour des gestes ou des propos islamophobes entre le 15 septembre et le 15 octobre, comparativement à 25 plaintes pour les sept premiers mois de l'année. Sur les 117 plaintes, 114 provenaient de femmes portant le voile.

«Le climat social qui prévaut au Québec nous fait dire que le gouvernement québécois n'a pas joué son rôle de gouvernement qui protège les minorités ethniques, plus particulièrement la communauté musulmane et, plus spécifiquement, les femmes voilées», a déclaré le porte-parole du Collectif, Adil Charkaoui, lors d'une conférence de presse, mardi.

Le CQCI dénonce également certains médias et commentateurs qu'il accuse d'encourager la haine de l'islam par des propos racistes.

M. Charkaoui et le président du Conseil musulman de Montréal, l'imam radical Salam El Menyawi, qui participait également à la conférence de presse, demandent au gouvernement Marois de mettre le projet de charte des valeurs au rancart. Ils soutiennent que ce projet n'a fait qu'exacerber des tensions sans résoudre quoi que ce soit sur le plan social.

«M. Drainville avait annoncé que le débat sur la Charte allait être serein, qu'il allait apaiser, calmer le climat social au Québec. Au contraire, le climat social au Québec s'est dégradé et on ne peut plus fermer les yeux», a accusé M. Charkaoui.

Pour présenter leurs doléances, ils étaient accompagnés du constitutionnaliste Julius Grey, reconnu pour avoir défendu plusieurs causes impliquant les droits de la personne.

L'avocat a fait valoir que l'islam est une religion qui comporte une infime minorité de fanatiques et des éléments de doctrine contestables, comme toutes les religions, mais que dans l'ensemble, son apport à l'humanité à travers l'histoire est inestimable.

Me Grey a cependant tenu à placer la situation québécoise en perspective, indiquant que l'islamophobie avait remplacé l'antisémitisme, et ce, dans tous les pays occidentaux.

«C'est une erreur que de penser que nos médias sont pires que les médias d'un autre endroit ou que notre gouvernement est pire. Ce n'est pas vrai», a-t-il précisé. «Je suis convaincu, par exemple, que notre gouvernement n'est pas islamophobe. C'est dans la société qu'il y a des attitudes (...) qu'il faut combattre. C'est une erreur de penser que le Québec est pire que les autres endroits. Pas du tout», a tranché Me Grey.

Une femme musulmane, Hanadi Saad, est venue témoigner d'incidents dont elle a été victime, notamment des injures et invectives de la part de citoyens québécois de souche parce qu'elle porte le hijab, et dont la fréquence a beaucoup augmenté au cours des derniers mois.

«C'étaient des actes qui étaient plutôt rares, mais là, on le voit partout, même dans les cafés que je fréquente, les supermarchés. J'ai été victime à plusieurs reprises», a indiqué Mme Saad. «Honnêtement, j'ai commencé à faire sortir mon adolescent avec moi le soir et à ne plus sortir seule en soirée.»




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