Plus de 35 000 Québécois contre la tenue d'un concours «mini-miss»

L'instigatrice de la pétition, Léa Clermont-Dion.... (PHOTO NINON PEDNAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'instigatrice de la pétition, Léa Clermont-Dion.

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Caroline St-Pierre
La Presse Canadienne
Montréal

Plus de 35 000 personnes avaient signé, jeudi après-midi, la pétition lancée par la féministe Léa Clermont-Dion, le médecin Alain Vadeboncoeur et l'économiste Ianik Marcil pour dénoncer la tenue d'un concours de «mini-miss» à Laval, en novembre.

Selon Mme Clermont-Dion, la pétition ne vise pas l'interdiction législative des concours de beauté, mais sert plutôt à exprimer une critique sérieuse face à la venue dans la province de ce genre d'événements.

«Je pense qu'en tant que société, on avait besoin, visiblement, de s'exprimer là-dessus et de se distinguer face à ce genre d'événements qui nous vient des États-Unis. Je doute fortement que ça devienne aussi à l'extrême que nos voisins du sud éventuellement, mais ce n'est pas grave, on avait le besoin imminent d'en parler», a expliqué la féministe de 22 ans à La Presse Canadienne.

Plusieurs personnalités de différents milieux, dont Véronique Cloutier, Guy A. Lepage, Gabriel Nadeau-Dubois et Laure Waridel, ont été parmi les premiers à signer la pétition, qui allègue que ce type de concours «renforce l'obsession généralisée de l'image corporelle, établissant plus ou moins directement un lien entre jeux de séduction, volonté de plaire et nécessité de consommer».

Organisé par l'organisme National Canadian Girl, le concours s'adresse aux fillettes et jeunes filles de 19 ans et moins. Sur leur site Web, les organisateurs du concours indiquent que celui-ci permet aux participantes de «développer leur confiance en elle», de «forger des amitiés», de «développer leur esprit d'équipe» et d'apprendre à s'exprimer en public. Contrairement à certains concours populaires aux États-Unis, l'utilisation de faux cheveux, faux ongles et faux cils est interdite aux participantes et les moins de quatre ans ne peuvent se présenter maquillées.

«C'est un endoctrinement, c'est une aliénation qu'on transmet à nos enfants», croit Mme Clermont-Dion, qui juge «irresponsables» les parents qui choisissent d'inscrire leurs enfants à de tels concours.

«Est-ce qu'on peut tout simplement les laisser vivre leur enfance, vivre les moments de pureté qu'ils peuvent avoir comme enfant? Est-ce qu'on peut se concentrer plus sur leur éducation réelle d'apprentissage de la vie? On parle beaucoup de valeurs, ces temps-ci, mais quand on est enfant, quand on a cinq ans, les valeurs qu'on nous transmet par les parents sont déterminantes pour le développement.»

Laval doit accueillir le concours «mini-miss» le 24 novembre prochain.

En France, le Sénat vient d'adopter un texte interdisant les concours de beauté aux moins de 16 ans. Au Québec, la ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais, a indiqué en point de presse, mercredi, qu'elle ne voulait pas dire aux gens que ces concours seront interdits, mais a ajouté qu'il fallait cesser d'hypersexualiser les jeunes filles.

«Le gouvernement et les parlementaires ont adopté une espèce de charte contre l'hypersexualisation. (...) Ça fait partie des choses qui ont été adoptées collectivement. Une interdiction, au privé, à des parents, ce serait un peu compliqué, mais un appel à éviter l'hypersexualisation a déjà été fait et je pense qu'il faut le réentendre», a déclaré la ministre.

Même si elle n'appuie pas nécessairement une interdiction législative des concours de beauté, Léa Clermont-Dion s'est montrée déçue de cette réaction de la ministre, qui a, selon elle, répondu à la légère aux inquiétudes des Québécois à ce sujet.

«Nous dire qu'il existe déjà une charte contre l'hypersexualisation, c'est franchement du n'importe quoi, a lancé la jeune femme. Si (Mme Maltais) relisait ses dossiers en matière de condition féminine, elle verrait qu'il n'existe pas de charte contre l'hypersexualisation. Il existe une charte, qui s'appelle Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, et qui n'a aucun lien avec ce genre de concours de beauté là. Il y en a certains, mais ce n'est pas un lien direct et j'ai trouvé ça plutôt arrogant de sa part de ne pas prendre le temps de répondre aux citoyens.»

En fin de journée, mercredi, la chaîne MusiMax a par ailleurs annoncé qu'elle cesserait la diffusion de deux téléréalités tournant autour de ces concours de beauté.

Un message laissé à National Canadian Girl par La Presse Canadienne, jeudi, est resté sans réponse.

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