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Clientèle en déclin: Loto-Québec mise sur la publicité

La proximité de l'alcool dans les bars et... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE ARCHIVES)

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La proximité de l'alcool dans les bars et les restaurants qui ont des loteries vidéo expliquerait pourquoi les joueurs pathologiques ont souvent trouvé refuge dans ces établissements,

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La publicité est devenue une priorité pour Loto-Québec, qui a plus que doublé depuis trois ans certains budgets pour promouvoir ses services. La hausse la plus marquée - 180% - touche les loteries vidéo, ces machines à sous souvent installées dans les bars ou restaurants et qui constituent la bête noire d'une majorité de joueurs pathologiques. En visant cette clientèle à risque, Loto-Québec est-elle mauvaise joueuse? Des experts croient que oui. Débat.

Soucieuse de retrouver sa clientèle en déclin, Loto-Québec investit massivement dans la publicité. Depuis trois ans, les budgets consacrés à la promotion des loteries, des casinos et des machines à sous ne cessent d'augmenter, selon ce qu'a appris La Presse grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

La hausse la plus marquée touche les loteries vidéo. En 2011, la société d'État consacrait 180 802$ à la promotion de ces machines. En 2013, cette somme a grimpé à 502 315$, une augmentation de près de 180%. Loto-Québec assure cependant ne pas faire la promotion des machines situées dans certains bars et restaurants.

«Nous avons ouvert en 2007 deux salons de jeux, l'un à Trois-Rivières et l'autre à Québec. Dans ce dernier, on y retrouve 300 machines, alors que c'est normalement 5 par permis dans les bars. Nos deux salons fêtaient cette année leur cinquième anniversaire, c'est pourquoi il y a eu plus de publicité pour souligner l'événement», a expliqué Jean-Pierre Roy, directeur des relations de presse de Loto-Québec.

Les bêtes noires

Le problème, selon Anne Élizabeth Lapointe, directrice générale adjointe et responsable du programme de jeu pathologique à la Maison Jean-Lapointe, est que ces machines sont les bêtes noires des joueurs pathologiques.

«Nous sommes en mesure d'établir que plus de 80% des joueurs pathologiques en thérapie chez nous ont un problème de jeu avec les machines à sous présentes dans les bars, les restaurants et les casinos», indique Mme Lapointe.

Une proportion importante de joueurs pathologiques présentent aussi d'autres dépendances - à la drogue ou à l'alcool, par exemple -, ont établi les chercheuses Sylvia Kairouz et Louise Nadeau, de l'Université Concordia et de l'Université de Montréal, dans une étude commune réalisée en 2011 sur le lien qu'entretiennent les Québécois avec les jeux de hasard.

La consommation d'alcool était interdite près des machines à sous dans les casinos et les salons de jeux, mais ce n'est plus le cas dès aujourd'hui.

«Nous avons signalé à plusieurs reprises nos inquiétudes face à l'introduction de l'alcool aux tables de jeu, car la documentation scientifique montre clairement que pour certains joueurs aux prises avec des problèmes de jeux, nous rajoutons ainsi l'usage d'une substance qui altère leur jugement et la prise de décision», signale Mme Kairouz.

Proximité de l'alcool

Il a aussi été démontré, ajoute Anne Élizabeth Lapointe, de la Maison Jean-Lapointe, que l'alcool incite les gens à jouer plus longtemps et à dépenser plus. La proximité de l'alcool dans les bars et les restaurants qui ont des loteries vidéo expliquerait pourquoi les joueurs pathologiques ont souvent trouvé refuge dans ces établissements.

«Le jeu qui a amené le plus de problèmes, ce sont les loteries vidéo. Quand c'était géré par le privé, parfois en effet par des organisations criminelles, madame Tout-le-Monde n'allait pas jouer aux machines après son café dans le restaurant du coin. Maintenant qu'on a affiché le signe de Loto-Québec partout, une légitimité s'est installée. Depuis près de 15 ans, on a ainsi vu une augmentation du nombre de joueurs et de joueurs pathologiques», explique Mme Lapointe.

Loto-Québec est-elle alors mal avisée d'augmenter les publicités qui font la promotion de ces services?

«À mon sens, oui. Nous vivons déjà un paradoxe, puisque la promotion des jeux de hasard est faite par une société d'État. Il devrait y avoir une règlementation très stricte sur la publicité. Je crois qu'il est du rôle de Loto-Québec de s'assurer qu'on ne fasse pas la promotion [du jeu]», croit-elle.

«On s'adresse évidemment à tout le monde quand on fait de la publicité, mais nous avons un niveau de sensibilité pour les joueurs pathologiques, précise Jean-Pierre Roy. Nos publicités ne les visent pas particulièrement. Des programmes existent chez Loto-Québec, comme l'auto-exclusion des casinos, ou une aide disponible 24 heures sur 24.»




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