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La Défense canadienne vend par erreur une pièce d'antimissile à un citoyen

Pour une somme de 37$, un citoyen a... (Photo Class William Weinert)

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Pour une somme de 37$, un citoyen a pu acheter un émetteur d'ondes radar rattaché à un système de défense anti-missile comme celui-ci.

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La Défense canadienne a par erreur vendu une pièce de système de défense antimissile à un simple particulier de la Colombie-Britannique et elle a dû envoyer la GRC pour le récupérer, puisque celui-ci tentait de soutirer des milliers de dollars au gouvernement pour lui remettre son bien.

La pièce en question est un émetteur d'ondes radars rattaché au Phalanx CIWS de la compagnie Raytheon. Le dispositif antimissile Phalanx, placé sur des bateaux de guerre, permet de détecter et d'abattre des menaces en plein vol en tirant jusqu'à 4500 rondes de munitions par minute. Sa couleur blanche et sa forme oblongue lui ont valu le surnom «R2D2», une allusion au robot du même nom des films Star Wars.

L'émetteur n'est pas en soi dangereux, ont insisté jeudi les porte-parole de la Défense nationale. Mais il s'agit néanmoins d'un «bien contrôlé» en vertu du Règlement sur le trafic international des armes des États-Unis, ont-ils reconnu du même souffle.

La situation a été jugée suffisamment sérieuse par le sous-ministre de la Défense, Robert Fonberg, pour en faire rapport au ministre de la Défense, PeterMacKay. Sa note d'information de trois pages intitulée «Vente d'un bien contrôlé à un individu non autorisé» a été obtenue par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Mauvais code

Le sous-ministre y relate que l'émetteur a été vendu en 2009 à Surrey, près de Vancouver, par l'entremise d'un site gouvernemental d'enchères pour les biens de la Couronne. Le Ministère s'est aperçu de son erreur trois ans plus tard, lorsque l'acheteur, qui n'a pas été identifié, a repris contact avec le gouvernement pour demander des explications techniques sur son appareil.

«Il arrive que des erreurs se produisent et qu'un mauvais code de démilitarisation soit apposé sur un bien», ont expliqué les porte-parole du ministère de la Défense jeudi.

La Défense nationale a d'abord offert de rembourser les 37$ payés pour acheter l'émetteur. L'acheteur a refusé. La Défense lui a ensuite offert près de 2000$, ce qui correspondait à la valeur dépréciée de l'article (qui, neuf, se vendrait environ 29 000$). L'acheteur est alors revenu à la charge avec une contre-offre: 18 000$, sur la base de coûts d'entreposage allégués de 550$ par mois pendant 33 mois. L'émetteur pèserait une dizaine de kilos.

Dans sa note d'information de mai 2012, le sous-ministre a écrit que plutôt que de poursuivre ce va-et-vient, le gouvernement comptait maintenant donner un ultimatum de 48 heures pour que son interlocuteur lui remette l'émetteur volontairement - à défaut de quoi le dossier serait confié à la GRC.

C'est cette deuxième option qui semble avoir prévalu: «La GRC a récupéré l'article auprès de la personne», a expliqué la Défense nationale, jeudi.

Au moment de mettre sous presse, les porte-parole n'avaient pas été en mesure de dire à quel moment la Défense avait récupéré son «bien contrôlé» ni quelle somme l'acheteur avait finalement reçu en dédommagement - ou s'il avait tout simplement été mis à l'amende.

- Avec William Leclerc




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