Un Canadien a participé à un attentat à la bombe en Bulgarie

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Le Hezbollah a nié toute implication dans l'attentat, au cours duquel cinq Israéliens et leur chauffeur, de nationalité bulgare, ont été tués.

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La Presse Canadienne
Ottawa

Un suspect ayant la double citoyenneté canado-libanaise et installé au Liban pourrait être impliqué dans l'attentat à la bombe qui a coûté la vie à cinq touristes israéliens en Bulgarie au mois de juillet dernier, a confirmé mardi le ministre des Affaires étrangères, John Baird.

Plusieurs questions demeurent sans réponse, alors que le Canada gère la deuxième révélation provenant d'un gouvernement étranger, en quelques semaines, selon laquelle des Canadiens auraient participé à des activités terroristes à l'étranger.

M. Baird a dit ignorer à quand remonte le dernier passage en territoire canadien du suspect, qui est toujours au large, a ajouté le ministre mardi, à Ottawa.

Le Canada prend ce dossier au sérieux et a offert sa collaboration aux autorités bulgares au cours des dernières semaines, avait indiqué par voie de communiqué le cabinet du ministre Baird quelques heures avant qu'il ne confirme la double nationalité de l'un des suspects.

Le ministre bulgare de l'Intérieur, Tsvetan Tsevtnov, avait affirmé quelques heures auparavant que l'un des suspects de cet attentat était entré au pays avec en sa possession un passeport canadien, et l'autre suspect était muni d'un passeport australien.

Selon le ministre, le suspect canadien était beaucoup plus actif au Canada.

«Nous avons suivi l'ensemble de leurs activités en Australie et au Canada, et nous avons donc des informations sur leur financement et leur appartenance au Hezbollah», a-t-il déclaré.

Selon les autorités bulgares, le suspect canado-libanais entretient des liens avec le groupe libanais Hezbollah, qui est pointé du doigt par la Bulgarie dans cette affaire.

Les implications diplomatiques des résultats de cette enquête sont non négligeables. À l'instar du Canada, les pays qui considèrent le Hezbollah comme une organisation terroriste ont exhorté l'Europe à l'inscrire à sa propre liste.

Le Hezbollah a toutefois nié toute implication dans l'attentat, au cours duquel cinq Israéliens et leur chauffeur de nationalité bulgare ont été tués alors que l'autocar dans lequel ils prenaient place a explosé.

M. Tsevtnov a affirmé que la Bulgarie s'attendait à la collaboration du Liban dans ce dossier.

De son côté, le ministre Baird a déclaré qu'il n'était «pas étonnant» que le pays est-européen ait trouvé «une preuve convaincante de l'implication du Hezbollah dans ce carnage». Il s'agit, peut-on lire dans le communiqué de son cabinet, «d'une (nouvelle) confirmation de l'abjection du Hezbollah».

Ottawa n'a toujours pas corroboré les informations véhiculées par le premier ministre algérien voulant qu'un ressortissant canadien faisait partie du groupe de terroristes ayant participé à la sanglante prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas, le mois dernier.

Le Hezbollah est un groupe armé chiite et un parti politique libanais né dans la foulée de l'invasion du Liban par Israël en 1982. Il est soupçonné d'avoir orchestré des attentats et des enlèvements visant les juifs et les citoyens israéliens un peu partout sur la planète.

Selon le ministre Baird, qui a souligné que les gouvernements canadien et bulgare travaillaient de concert depuis les dernières semaines, la coopération des autorités bulgares a été bien plus satisfaisante que celle de l'Algérie.

Aux yeux du porte-parole néo-démocrate en matière d'affaires étrangères Paul Dewar, Ottawa a malgré tout de nombreuses explications à fournir. M. Dewar s'est demandé si le kamikaze était effectivement le Canadien présumé.

«Le passeport était-il en vigueur? Était-il périmé? Qui partage les informations ici? Qui contrôle ce qui se passe à l'étranger?», s'est-il interrogé.

L'incident bulgare pourrait forcer le gouvernement Harper à s'intéresser de nouveau aux questions délicates liées au dossier des doubles nationalités, particulièrement les Canadiens d'origine libanaise.

En vertu de la Loi sur la citoyenneté, les Canadiens qui acquièrent une autre nationalité peuvent demeurer citoyens canadiens, à moins qu'ils ne choisissent d'y renoncer officiellement.

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