Dans les carrières, les camionneurs ont peur

Glissement de terrain dans une carrière de l'Épiphanie.... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Glissement de terrain dans une carrière de l'Épiphanie. Les secouristes sont à l'oeuvre autour d'un des véhicules au fond de la carrière.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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Un camionneur habitué de travailler dans les carrières, dont celle de Maskimo, indique que ses confrères et lui ont peur chaque fois qu'ils déchargent leur cargaison au sommet des parois de ces immenses gouffres.

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Donald Cloutier dit avoir travaillé à la carrière Maskimo avant Noël et connaître la camionneuse ensevelie hier sous la coulée d'argile et de boue.

«On enlevait du galet et de la terre argileuse sur le top, pour se rendre à la pierre et faire du dynamitage ensuite. On déchargeait nos camions au fond de la carrière, sur le bord de la paroi. C'est un immense tas de galets, de glaise et de boue. Pour décharger ou charger, on montait carrément sur le tas, la pelle mécanique était elle aussi sur le tas», explique M. Cloutier.

Une procédure qu'il dit être similaire à ce qu'il observe dans toutes les autres grandes carrières où il travaille.

Pour que son camion à benne de 12 roues grimpe sur le tas de terre, celui-ci doit emprunter une étroite rampe d'accès entre ce tas, et la paroi de la carrière. Au bord du précipice.

«Demandez à tous les camionneurs. Quand on passe en dessous du tas, ça nous fait peur. Il y a là-dedans 10 000 voyages de glaise, de galet et boue. Avec le gel, le dégel, les infiltrations d'eau, ça devient instable», poursuit-il.

À sa connaissance, il n'existe pas de norme quant à une distance à respecter entre la bordure du gouffre et le tas.

Il ne croit pas possible que les deux disparus aient pu demeurer en vie dans la cabine de leur camion enseveli après une descente de 100 mètres. «C'est de la glaise, de la terre mouillée. Aucune vitre de camion ne peut tenir contre ça. Ça a dû tout traverser», dit-il.

L'entourage attristé

Les proches de Daniel Brisebois, l'un des camionneurs pris sous terre, tentaient de garder espoir de revoir leur ami vivant plusieurs heures après le glissement de terrain.

«C'est un super bon gars. Il est très calme. Il est toujours en train d'aider les autres. Pas chanceux en amour, mais un bon gars», a dit Pierre Beauchamps, un ami de longue date, lui aussi camionneur.

Le patron de la camionneuse disparue, Denis Paquette de Laval, s'est dit atterré par cette tragédie.

«C'est encore plus dur parce que c'est une super bonne amie à moi et depuis longtemps. Tout le monde la connaissait, pas juste ses collègues, mais les camionneurs de toutes les entreprises. C'est parce qu'elle est sociable», a déploré l'homme qui a passé une partie de la journée sur les lieux de la tragédie, comme la famille de la camionneuse d'ailleurs.

La Commission de la santé et de la sécurité du travail ne publie pas de document concernant le travail dans les carrières. Elle affirme cependant qu'il existe des «principes généraux». Par exemple, la vitesse des véhicules y est contrôlée, la signalisation est régularisée et des tests sont faits pour s'assurer de la solidité du sol.

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