Saint-Bruno-de-Montarville: controverse sur la présence policière

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Le recours fréquent aux policiers pour expulser des citoyens des séances du conseil municipal de Saint-Bruno-de-Montarville soulève la controverse. Le maire Claude Benjamin assure qu'il agit ainsi pour maintenir le «bon ordre» à l'hôtel de ville, mais l'opposition crie à l'intimidation.

Une vidéo intitulée Sécurité publique ou contrôle politique? a été vue plus de 30 000 fois depuis 2 jours. On y voit le maire de Saint-Bruno, à la séance du 3 décembre dernier, demander aux policiers d'expulser quatre citoyens.

Claude Benjamin a d'ailleurs fini par faire expulser un homme qui le questionnait sur son fréquent recours aux policiers pour faire taire ses détracteurs. «Nous n'avions pas cette habitude pendant le premier terme de notre mandat, mais il y a eu des interventions d'un certain nombre de personnes qui ont été déplacées. Il s'imposait que nous fassions comme dans beaucoup d'autres villes et de demander à la gent policière d'être présente», déclare le maire avant de faire escorter le citoyen hors de la salle.

En entrevue au 98,5 FM, hier matin, Claude Benjamin s'est défendu de recourir trop facilement à l'expulsion: «Ce n'est pas à mon bon vouloir. Les personnes qui sont expulsées, c'est quand elles dépassent le cadre, quand l'ordre public n'est plus respecté et il n'y a plus moyen de délibérer.» Il soutient qu'il est forcé d'agir ainsi «quand les gens se mettent à sacrer, vociférer, faire des doigts d'honneur». La vidéo ne montre toutefois aucun citoyen agir de la sorte avant d'être escorté hors de la salle.

La seule conseillère de l'opposition, Michèle Archambault, affirme que les expulsions sont fréquentes depuis que des policiers montent la garde aux séances du conseil, il y a un an. «Ça devient presque risible. Les gens sont rendus habitués tellement les expulsions sont monnaie courante. Pourtant, quand je regarde les citoyens qui viennent poser des questions, ce sont des gens très civilisés.»

Le chef du Parti montarvillois, Martin Murray, n'hésite pas à parler d'«intimidation» visant à faire taire les opposants.

Le ministère des Affaires municipales (MAMROT) indique qu'il n'y a pas de règles balisant la présence policière aux séances des conseils municipaux. Une porte-parole, Émilie Lord, souligne que les citoyens peuvent toujours porter plainte s'ils se sentent lésés.

La Loi sur les cités et villes oblige les municipalités à tenir une période de questions à chaque séance du conseil municipal. Le MAMROT souligne toutefois que les municipalités ont la responsabilité d'établir les règles à suivre.

Le premier article du règlement de Saint-Bruno confère au maire le pouvoir «d'ordonner l'expulsion de toute personne qui trouble l'ordre» des séances du conseil. Les règles interdisent également aux citoyens de formuler tout commentaire lors de la période de questions.

Saint-Bruno-de-Montarville n'est pas la seule ville à recourir aux policiers pour expulser des gens du conseil municipal. En août dernier, l'ex-maire de Mascouche, Richard Marcotte, avait fait expulser un citoyen qui le questionnait sur son refus de démissionner. L'altercation avait soulevé l'indignation de l'assistance au point où l'ex-maire arrêté pour fraude avait été forcé de quitter la salle sous les huées.

La Presse a constaté que plusieurs municipalités ont eu recours aux policiers pour expulser des citoyens. Cela s'est déjà produit à Brossard, à Chandler, à L'Ancienne-Lorette, à Saint-Paulin et à Victoriaville. Même les grandes villes n'y échappent pas: cela s'est vu aussi à Québec, à Laval et à Sherbrooke .

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