Bibliothèque et Archives Canada fait marche arrière

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Après avoir annoncé aux employés qui travaillent au service de prêts entre bibliothèques qu'ils perdaient leur emploi et que leur service était aboli à la fin du mois de janvier, la direction de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) se ravise. Devant les nombreuses critiques, BAC est contraint de conserver l'essentiel de son service de prêts.

«À l'instar de plusieurs grandes bibliothèques nationales dans le monde, BAC entend mettre sur pied d'ici la fin de 2013 un service de prêteur de dernier recours lorsqu'il sera la seule institution au pays à détenir un ouvrage quelconque.

«Ce service sera offert aux bibliothèques et leurs clients où qu'ils soient au Canada», a expliqué le responsable des communications, Marc Comeau.

Offre numérisée

Jusqu'à tout récemment, BAC fournissait aux Canadiens les ouvrages de référence sur demande, peu importe où ils étaient situés au pays. Cela se faisait à titre de prêt entre la Bibliothèque nationale, située à Ottawa, et la bibliothèque publique du citoyen.

Pourtant, à quelques jours de Noël, plus de 18 employés permanents, dont certains travaillaient à BAC depuis plusieurs décennies, ont perdu leur emploi.

La Bibliothèque avait annoncé qu'elle fermait de façon permanente son service de prêts et préparait une nouvelle offre de service numérisée, fondée sur la popularité des demandes. Plus un ouvrage était demandé, plus ses chances d'être numérisé grandissaient.

«Ce n'est pas clair, ce qui arrivera à nos membres. Pour l'instant, ils ont perdu leur emploi. On arrive à Noël, ça veut donc dire qu'ils vont passer le temps des Fêtes sans savoir ce qui leur arrivera en 2013», a expliqué à La Presse Claude Poirier, président national de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP). Ce syndicat et l'Alliance de la Fonction publique représentent l'ensemble des employés touchés par les coupes au service de prêts.

Rencontre

Les employés du service de prêts entre bibliothèques ont été convoqués aujourd'hui pour une rencontre où l'on expliquera la nouvelle offre de service.

BAC leur annoncera notamment qu'elle continuera de prêter les ouvrages dont elle a l'exclusivité, mais les employés qui ont perdu leur emploi n'ont toujours pas reçu d'offre pour réintégrer le service.

L'ACEP dénonce le fait que les cadres ne soient pas réellement touchés par les nouvelles mesures de restriction budgétaire de la fonction publique et que des décisions «scandaleuses» sont prises, sans consultation.

«On a appris récemment que de vieux journaux canadiens qui étaient archivés seraient détruits, par souci d'économie. C'est une source d'information majeure qui pourrait disparaître. Les membres sont furieux», a dit M. Poirier.

Le responsable des communications, Marc Comeau, a cependant voulu nuancer.

«Au cours des dernières années, BAC a procédé à l'examen complet de sa collection de journaux reliés, ce qui a révélé qu'une certaine quantité de ceux-ci étaient en très mauvais état et donc impossibles à consulter. Par conséquent, on a décidé de procéder à l'élimination de sa collection des journaux reliés en très mauvais état, mais seulement s'il en possède déjà des copies supplémentaires, soit sur papier, soit sur microfiche. Environ 10% de la collection de journaux reliés sont ainsi visés par cette mesure», a dit M. Comeau.

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