Marques de commerce: des appuis pour l'Office de la langue

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Plusieurs affirment que le gouvernement a le droit d'exiger que des multinationales ajoutent un terme générique en français à leur marque de commerce lorsque celle-ci est en anglais seulement.

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La députée libérale Christine St-Pierre, qui a été ministre responsable de l'application de la loi 101 pendant plus de cinq ans, appuie fermement l'Office québécois de la langue française (OQLF). Elle affirme que le gouvernement a le droit d'exiger que des multinationales ajoutent un terme générique en français à leur marque de commerce lorsque celle-ci est en anglais seulement.

«Je voulais qu'on s'affirme et aussi faire comprendre aux compagnies qu'on ne leur demandait pas de perdre leur personnalité», a expliqué Mme St-Pierre, en entrevue avec La Presse.

«Lorsque [Louise Marchand] a été nommée à la tête de l'OQLF, il y avait plein de dossiers. Celui-là était une priorité. Avec les analyses juridiques, elle a considéré qu'elle avait une poignée pour demander aux entreprises qu'elles ajoutent un terme générique en français et elle avait mon appui», a affirmé Mme St-Pierre, qui a accepté d'expliquer les démarches adoptées pour ce dossier «qui l'a passionnée».

«Contrairement à ce qu'on a dit, le premier ministre [Jean Charest] était aussi très sensible aux questions de la langue et il voulait des gestes concrets», a précisé Mme St-Pierre.

Selon elle, des contacts ont été établis avec les multinationales afin de les convaincre des bienfaits d'ajouter un terme générique en français à leur marque de commerce, mais en vain. Plusieurs d'entre elles étaient contre l'idée. Comme Mme Marchand croyait qu'une nouvelle interprétation de la Charte serait défendable devant les tribunaux, le gouvernement de l'époque a décidé d'aller de l'avant.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, partage les sentiments de Mme St-Pierre. «Je trouve ça inconcevable que des multinationales, qui sont multimilliardaires, trouvent un problème à écrire deux ou trois mots pour décrire ce qu'elles font», a dit Mme David à La Presse.

«Où est le problème? Moi, je leur recommande fortement d'obtempérer aux demandes de l'OQLF. Il me semble que ça s'appelle du respect», croit-elle.

Il n'est pas clair toutefois si la Coalition avenir Québec (CAQ) défend les nouvelles interprétations de l'OQLF sur l'application de la Charte de la langue française. Le chef de la CAQ, François Legault, a décliné une demande d'entrevue de La Presse, mais a précisé par courriel que «l'OQLF doit être ferme et appliquer la loi 101». Il n'a pas rappelé La Presse afin de clarifier sa position.

Le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Mario Beaulieu, est en colère. Il appelle au boycottage des six multinationales. «Nous, on trouve ça déplorable. On encourage fortement les gens à ne pas fréquenter ces commerces-là. C'est une question de respect de la clientèle», affirme M. Beaulieu.

Si elle n'appelle pas au boycottage, la directrice générale du Quebec Community Groups Network, Sylvia Martin-Laforge, qui représente les Québécois anglophones, ne voit pas de problème dans les demandes de l'OQLF. «Le plus important, ce qu'on veut, c'est un Québec français, oui, mais un Québec qui a une vue sur le monde. C'est important pour tous les Québécois», dit-elle.

Comme La Presse l'a annoncé samedi, la requête des six multinationales (Best Buy, Costco, Gap, Old Navy, Guess et Wal-Mart) et la position défendue par le procureur général du Québec, qui représente le gouvernement, seront entendues en Cour supérieure le 22 octobre.

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