Le Vermont met fin à la «Queb Tax»

Jugés chiches, les Québécois étaient victimes d'une surchage... (Photo Robert Skinner, ARCHIVES La Presse)

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Jugés chiches, les Québécois étaient victimes d'une surchage dans au moins deux restaurants de Burlington, au Vermont.

Photo Robert Skinner, ARCHIVES La Presse

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Une taxe discriminatoire imposée en cachette dans deux restaurants de Burlington pour forcer les clients québécois jugés trop chiches à donner plus de pourboire a causé un véritable tollé dans la métropole du Vermont. Attaquée de toutes parts, la «Queb Tax» vient finalement d'être abandonnée.

«C'était complètement stupide, rage le président de la chambre de commerce régionale du Lac Champlain, Tom Torti. Nous mettons tout en oeuvre pour que les touristes québécois se sentent bien accueillis et voilà que des commerçants menacent de tout gâcher à cause d'un stéréotype.»

Jusqu'à tout récemment, des serveurs de deux restaurants du centre-ville, un situé dans la rue principale et l'autre au bord du lac, ajoutaient une surcharge de 18% sur la facture des clients qui, selon eux, risquaient de ne pas donner un bon pourboire. Si leur cible était surtout les francophones, d'où le surnom de Queb Tax, parce qu'ils sont considérés comme des mauvais payeurs, des touristes d'autres origines y étaient aussi soumis.

Un pourboire de 3$ pour une facture de 100$

«Ce n'était pas une politique officielle», explique Niall McMaham, serveur au Asiana Noodle Shop, un des commerces qui permettaient cette pratique. «Mais les clients du Québec donnent si peu de pourboire qu'on a commencé à ajouter ça sur les grosses factures pour ne pas se retrouver les mains vides», dit le jeune homme, qui se souvient avoir reçu à peine 3$ pour une facture de 100$. «La plupart des serveurs de Burlington savent que les Canadiens français ne sont pas généreux sur ce plan», déplore M. McMaham. C'est à cause de cette mauvaise réputation que des serveurs ont eu l'idée d'une surcharge destinée aux clients étrangers.

Discrète au début, la pratique a éclaté au grand jour lorsqu'un journal local a publié le témoignage d'une Américaine d'origine française que l'on prend pour une Québécoise et dont la facture aurait été gonflée à plus d'une reprise dans des restaurants de Burlington. Puis ce fut au tour des médias nationaux de s'emparer de l'affaire, qui a causé tout un tabac. La propriétaire du restaurant Splash at the Boathouse, Barb Bardin, raconte qu'un client est allé jusqu'à lui cracher dessus après qu'il eut découvert dans les journaux la façon de faire dans son établissement.

«Sans les touristes canadiens, notre économie s'effondrerait et les marchands le savent, dit Tom Torti. Ils ont été nombreux à se manifester pour dénoncer la taxe. C'est mauvais pour les affaires et pour la réputation de la ville.» Il affirme que la chambre de commerce a reçu plusieurs plaintes officielles de commerçants indignés par le comportement de leurs concurrents. Même le gouverneur Peter Shumlin a fait une sortie pour s'excuser auprès des Canadiens et leur rappeler «l'amour» qu'a pour eux le Vermont.

Selon M. Torti, le problème vient du fait que la coutume sur le pourboire est différente au Canada et aux États-Unis, où les serveurs s'attendent à recevoir de 15 à 20% du total de l'addition. À titre comparatif, les serveurs au Vermont gagnent 4,10$ de l'heure, contre 8,55$ l'heure pour un serveur québécois. «Les visiteurs ne connaissent pas ces différences-là. Ce n'est pas de la mauvaise foi. Il faut leur expliquer poliment.» Il suggère aux restaurateurs d'indiquer sur le menu le pourboire recommandé ou d'ajouter un calculateur de pourboire sur l'addition.

Au Vermont, la taxe de vente est de 6%, contre 14,975% au Québec.




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