Gagner de l'argent avec des pétitions

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Le progrès social comme modèle d'affaires: tel est le pari de Change.org, une entreprise américaine qui permet principalement de lancer des pétitions en ligne, et qui souhaite bientôt créer une vitrine québécoise.

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Mathieu Perreault
La Presse

(Montréal) Peut-on vendre les noms des signataires d'une pétition? Oui et c'est rentable, répond une entreprise américaine qui veut bientôt s'implanter au Québec. Et qui participe déjà au débat sur les droits de scolarité.

Le progrès social comme modèle d'affaires: tel est le pari de Change.org, une entreprise américaine qui permet principalement de lancer des pétitions en ligne, et qui souhaite bientôt créer une vitrine québécoise.

«Notre fondateur, Ben Rattray, tente depuis une demi-douzaine d'années de trouver un modèle d'affaires qui permette d'appuyer professionnellement le changement social», explique Ben Winkler, vice-président de Change.org.

«Depuis deux ans, ça marche enfin. Nous avons 15 millions de membres dans le monde, avec des versions pour la France et l'Espagne. Ils lancent 15 000 pétitions par mois. Nous avons 140 spécialistes pour les aider.»

Des revenus de 15 millions américains

Les prévisions de revenus pour l'année sont de 15 millions américains, et les effectifs de l'entreprise pourraient doubler d'ici janvier, a rapporté la fin de semaine dernière le Wall Street Journal.

M. Winkler est d'ailleurs un bon exemple de nouvel employé: jusqu'en mars dernier, il était vice-président aux opérations numériques chez OMD, consultant en médias et marketing.

Le principe du site est simple: lorsqu'un membre signe une pétition, on lui en propose d'autres du même genre. Les nouvelles pétitions sont également transmises aux membres susceptibles d'être intéressés. Les revenus proviennent de commanditaires des pétitions.

«Quand un membre signe la pétition, nous lui demandons s'il voudrait en savoir plus sur nos commanditaires», explique Jordy Gold, qui met au point les versions canadiennes de Change.org. «S'il accepte, le commanditaire nous paie, entre un et deux dollars par nom.» Le site a déjà 55 000 membres au Québec, soit 10% du total canadien.

Les commanditaires sont généralement des ONG comme Greenpeace, selon M. Winkler, mais certaines entreprises locales sont parfois au menu - la plus importante est Credo, lobbyiste américain de gauche.

Pétition sur les droits de scolarité

M. Gold a répertorié quatre pétitions québécoises sur Change.org. Deux d'entre elles concernent le débat sur les droits de scolarité: 751 membres exigent que Jean Charest ne cède pas aux étudiants, alors que 2437 réclament la démission du recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, parce qu'il a demandé et obtenu une injonction empêchant les grévistes de perturber les cours.

Parmi les critiques de l'entreprise, mentionnons Clay Johnson, spécialiste internet des campagnes de financement de gauche, qui a affirmé dans le Wall Street Journal que le fait de «monnayer le changement est dangereux, parce que les incitations économiques peuvent mener au sensationnalisme».

Le personnel de Change.org trouve l'accusation injuste.

«Nous sommes des marieurs pour le changement social, dit M. Gold. J'ai trouvé difficile de constater que les manifestants au Québec, ce printemps, avaient des émotions aussi prononcées, mais ignorées du gouvernement. Si les gens veulent changer des choses, nous voulons aider.»

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