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Le français recule dans l'affichage commercial à Montréal

Les plaintes des citoyens concernant l'affichage ont bondi... (Photo archives La Presse)

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Les plaintes des citoyens concernant l'affichage ont bondi au cours de la dernière année.

Photo archives La Presse

(Québec) La situation du français comme langue d'affichage pour les commerces à Montréal s'est dégradée de façon significative depuis deux ans, montre une étude importante de l'Office québécois de la langue qui sera publiée dans les premiers jours de juin.

Selon les renseignements obtenus par La Presse, l'étude constate un recul significatif, de plus de 10% semble-t-il, du recours au français dans l'affichage commercial extérieur de 2010 à 2012. En ce qui concerne la langue de service dans les commerces, c'est-à-dire la langue avec laquelle le client est accueilli ainsi que la capacité du commerçant à s'exprimer en français, l'utilisation du français reste stable. Elle est plus fréquente et naturelle que ne le laissaient croire bien des reportages.

Alarmant

Le constat plus alarmant à propos de l'affichage n'étonne pas les spécialistes. Les plaintes des citoyens concernant l'affichage ont bondi au cours de la dernière année, a récemment révélé la présidente de l'Office, Louise Marchand, quand elle a participé à la commission parlementaire sur les crédits du ministère de la Culture. Le nombre de plaintes sur l'affichage est passé de 3400 en 2010 à 4067 en 2011. L'affichage a entraîné 46% des plaintes en 2011, tandis qu'il représentait 26% des dossiers à l'Office québécois de la langue l'année précédente.

Les constats de l'étude réalisée sous la férule du chercheur Marc Termote ont été évoqués lors de la dernière rencontre des membres de l'Office, le 11 mai. Dans un premier temps, l'étude dressait le portrait des cinq années écoulées depuis le précédent bilan, de 2005 à 2010. Pour cette période, peu de problèmes ont été notés. Tant pour la langue d'affichage à l'extérieur des établissements que pour la langue d'accueil des clients, la situation était «plutôt stable», résume une source proche de l'enquête. L'ensemble de l'île de Montréal était, à l'époque, sous la loupe des chercheurs.

Devant la controverse publique, soulevée il y a un an, le gouvernement a décidé de poursuivre l'enquête pour les années 2010 à 2012. L'étude, qui devait être publiée tôt cette année, a nécessité beaucoup de temps; on a dû concilier les constats de 2010, réalisés sur l'ensemble du territoire, avec ceux de 2012, colligés dans le secteur commercial de la métropole.

Contrats

À la même réunion des membres du conseil de l'Office, Mme Marchand a senti le besoin de justifier les contrats importants confiés à un communicateur de Québec, Luc Ouellet, et à la firme National, pour des services de conseil stratégique concernant la situation linguistique à Montréal. M. Ouellet avait obtenu un contrat de 24 000$ sans appel d'offres publiques l'automne dernier. En février, il a reçu un autre mandat, de 62 100$, pour des services de conseil sur la publication d'études qui, selon le gouvernement, n'étaient pas encore terminées.

Devant les membres de l'Office, Mme Marchand a souligné que ce contrat ne se limitait pas à la publication des études, et qu'il avait été soumis à un rigoureux processus d'appel d'offres.




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