Deux entreprises américaines boycottent les sables bitumineux

Après les groupes environnementalistes, c'est maintenant le milieu des affaires... (Photo: Alain Roberge, archives La Presse)

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(OTTAWA) Après les groupes environnementalistes, c'est maintenant le milieu des affaires qui commence à réprouver les controversés sables bitumineux, pilier économique de l'Alberta. Deux grandes entreprises américaines ont annoncé hier qu'elles n'utiliseraient plus de carburant provenant des sables bitumineux canadiens parce qu'il s'agit d'une source d'énergie trop polluante.

La chaîne de supermarchés Whole Foods Market, propriétaire de 270 magasins d'aliments biologiques, et le détaillant d'accessoires pour la maison Bed, Bath and Beyond, qui compte plus de 1000 succursales, ont tous deux adopté des règles pour l'utilisation, dans le transport de leur marchandise, de carburants qui ont un impact moindre pour l'environnement.

 

Un groupe environnementaliste nord-américain, ForestEthics, avait lancé l'automne dernier une vaste campagne pour convaincre les 500 entreprises les plus importantes des États-Unis d'abandonner le pétrole extrait des sables bitumineux.

Whole Foods Market et Bed, Bath and Beyond sont les premières à cibler nommément les sables bitumineux canadiens dans leur politique pour réduire leur empreinte écologique. Mais à Ottawa, les partis de l'opposition croient que le mouvement pourrait rapidement prendre de l'ampleur.

«Ce n'est que la pointe de l'iceberg. D'autres vont emboîter le pas, c'est inévitable», a estimé le chef adjoint du NPD et ancien ministre québécois de l'environnement, Thomas Mulcair. Il espère d'ailleurs que de nombreuses entreprises suivront l'exemple afin de contraindre l'industrie à assainir ses pratiques.

«Les forces du marché vont produire des résultats là où les politiciens échouent, a dit M. Mulcair. Stephen Harper ne réagirait jamais parce qu'il a une obligation à l'égard des générations futures, il se fout éperdument de complètement détruire la nappe phréatique et les terres en Alberta. La seule chose qui va le faire réagir, c'est l'argument économique.»

En entrevue avec La Presse, le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, a indiqué qu'il avait prévenu l'industrie la semaine dernière, lors d'un discours à Calgary, de tels risques. «Le gouvernement et l'industrie doivent travailler ensemble sur le plan des communications, et pour s'assurer que les normes environnementales dans l'extraction des sables bitumineux soient irréprochables», a dit M. Prentice.

L'industrie est victime, selon lui, de désinformation quant à ses émissions réelles de gaz à effet de serre par rapport aux autres sources d'énergie.

Irréaliste

Le ministre Prentice doute toutefois du réalisme des règles adoptées par les deux entreprises américaines. «C'est très difficile de séparer le pétrole produit par différentes méthodes en Amérique du Nord, a-t-il expliqué. Les molécules sont mélangées lorsqu'elles sont envoyées dans les pipelines. La majeure partie du carburant servant au transport aérien dans l'Ouest américain provient au départ des sables bitumineux.»

Néanmoins, pour le porte-parole du Bloc québécois en matière d'environnement, Bernard Bigras, l'arrivée du milieu des affaires dans le débat sur les sables bitumineux modifiera la donne: «La pression va être beaucoup plus grande sur le Canada», a-t-il estimé.

 




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