Loi 101: les infractions s'accumulent sur le web

Le site internet des entreprises qui ont une... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Le site internet des entreprises qui ont une adresse au Québec - c'est le cas de Urban Outfitters, rue Sainte-Catherine - doit être au moins aussi complet en français qu'en anglais.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Signe des temps, l'Office québécois de la langue française reçoit de plus en plus de plaintes relatives à des sites internet qui ne respectent pas la loi 101.

«C'est de plus en plus fréquent, note le porte-parole de l'OQLF, Martin Bergeron. J'estime que 10% des plaintes qu'on reçoit concernent des sites internet. On parle donc d'environ 350 plaintes par année, soit en moyenne une par jour.»

Selon l'article 52 de la loi 101, le site internet des entreprises qui ont une adresse au Québec doit être au moins aussi complet en français qu'en anglais, une disposition méconnue que plusieurs sociétés ne respectent pas, a constaté La Presse.

Il y a deux semaines, l'important détaillant américain Urban Outfitters a même dû bloquer son site au Québec parce qu'il n'était pas conforme à la loi. Les internautes québécois qui essayent d'accéder au site sont redirigés vers une page unique où sont inscrites les adresses des deux magasins montréalais de la chaîne, en français et en anglais.

Avant, les internautes avaient accès à la boutique en ligne d'Urban Outfitters (urbanoutfitters.com), exclusivement en anglais. À la suite d'une plainte, l'OQLF a avisé l'entreprise au mois de décembre qu'elle ne respectait pas la loi québécoise. Un peu plus d'un mois plus tard, l'entreprise a donc choisi de bloquer l'accès à son site au Québec.

«Une fois qu'on les avise, les entreprises peuvent réagir de plusieurs manières, explique M. Bergeron. Soit elles laissent le site en ligne, mais ajoutent une note pour dire que la section en français arrive ; soit elles retirent le site en attendant de le traduire. C'est ce qu'a choisi de faire Urban Outfitters.»

Une porte-parole de l'entreprise a confirmé dans un courriel à La Presse que l'OQLF avait bel et bien communiqué avec Urban Outfitters. «Nous regrettons de ne pouvoir offrir de services en ligne à nos clients du Québec, a écrit Andie Cusick. Nous évaluons la possibilité d'avoir une version traduite en français de urbanoutfitters.com.»

Fait troublant, l'entreprise a admis que, avant le mois de décembre, elle ne savait même pas que son site contrevenait à la loi. «Le gouvernement du Québec nous a appris qu'il était illégal d'avoir un site uniquement en anglais dans la province vu que nous possédons une adresse ici», explique la porte-parole.

Urban Outfitters a ouvert son premier magasin à Montréal en 1996, rue Sainte-Catherine Ouest ; l'autre se trouve rue Saint-Denis.

D'autres entreprises contreviennent à la loi

Le cas d'Urban Outfitters est loin d'être le seul, comme l'atteste le nombre grandissant de plaintes à l'OQLF.

Une simple recherche sur l'internet permet de trouver plusieurs contrevenants. L'entreprise de plein air Arc'Teryx, qui a aussi un magasin rue Sainte-Catherine Ouest, n'a pas de site en français. Arc'Teryx, dont le siège social est en Colombie-Britannique, n'a pas voulu faire de commentaire.

Club Monaco, une chaîne qui appartient à Polo Ralph Lauren et qui a un magasin aux Cours Mont-Royal, au centre-ville, n'a pas de site en français.

Le détaillant américain Forever 21 n'en a pas non plus. L'entreprise, qui a ouvert un premier magasin à Montréal l'automne dernier, a bien un site canadien, mais il est en anglais seulement. Forever 21 a un site pour le Japon et un pour la Corée, chacun dans la langue du pays.

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