Denis Coderre défend l'entente sur les tiers pays sûrs

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Le maire de Montréal Denis Coderre

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Mylène Crête
La Presse Canadienne
OTTAWA

L'entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis a toujours sa raison d'être malgré le resserrement de la politique d'immigration américaine, selon le maire de Montréal et ex-ministre fédéral de l'Immigration, Denis Coderre.

«À l'époque, c'était une excellente entente et je pense qu'encore aujourd'hui, elle s'applique bien», a-t-il dit en entrevue, citant les mesures d'exception qui permettent au Canada de poursuivre une politique d'accueil des réfugiés indépendante de celle des États-Unis.

C'est lui qui a dirigé la négociation de l'entente sur les tiers pays sûrs avec le gouvernement de George W. Bush en 2002 lorsqu'il était ministre de l'Immigration. Le gouvernement américain était alors préoccupé par la formation d'un périmètre de sécurité nord-américain. C'était dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Les deux pays étaient signataires de la Convention de Genève et l'entente permettait de réduire l'afflux de réfugiés au pays, diminuant ainsi la pression sur le système canadien.

«Oui, il y avait eu à l'époque des demandes qui prenaient de plus en plus de temps parce qu'il y avait un cumul, s'est-il rappelé. C'était pour régulariser la situation d'une certaine façon tout en respectant nos engagements de la convention.»

En vertu de cette entente, la plupart des personnes arrivant au Canada par la voie terrestre sont refoulées. Elles doivent plutôt faire leur demande de statut de réfugié aux États-Unis, le premier pays où elles ont mis le pied.

De nombreux groupes pressent le Canada de la suspendre en raison des changements importants apportés aux politiques américaines en matière d'immigration et d'accueil de réfugiés depuis l'élection de Donald Trump.

«Les gens n'auraient plus à passer par la forêt, ils pourraient venir se présenter dignement au poste frontalier et y faire leur demande», a expliqué le président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration, Jean-Sébastien Boudreault.

En juillet et août, des milliers de demandeurs d'asile en provenance des États-Unis ont traversé la frontière à Saint-Bernard-de-Lacolle. L'actuel ministre fédéral de l'Immigration, Ahmed Hussen, a laissé entendre vendredi que le total de demandeurs d'asile arrivés au Québec en 2017 dépasserait le nombre record de 13 000 atteint en 2008.

Le gouvernement fédéral a récemment augmenté le nombre d'employés pour évaluer les demandes qui s'accumulent, mais pour l'instant la pression dans le système se fait toujours sentir.

«Habituellement, un dossier doit être traité à l'intérieur de 60 jours et là il y a des gens qui ont des rendez-vous en mars prochain», a signalé Jean-Sébastien Boudreault.

Denis Coderre estime qu'entente ou pas, la situation serait probablement similaire puisqu'il s'agit d'un phénomène mondial.

«Il y a comme une certaine incohérence dans le propos disant qu'en annulant tout ça, on va empêcher les pressions de mouvements de population, a-t-il réagi. Je ne suis pas sûr, moi, au contraire.»

Sur ce point, le ministre Hussen n'a pas changé d'avis. «Ce n'est pas une entente sur le refus des demandes d'asile, mais sur la gestion de ces demandes entre le Canada et les États-Unis», a-t-il dit, ajoutant que des analyses, incluant celles de l'ONU, démontrent qu'il n'y a pas lieu de douter du système américain.




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