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Coderre serre la vis à la fonction publique

Les mesures disciplinaires infligées aux employés municipaux montréalais... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les mesures disciplinaires infligées aux employés municipaux montréalais ont explosé depuis l'arrivée de Denis Coderre à la mairie de Montréal.

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Les mesures disciplinaires ont explosé à la Ville de Montréal depuis l'élection du maire Coderre. Le nombre de suspensions a été sept fois plus grand en 2016 que quatre ans plus tôt.

Des mesures plus sévères

L'administration Coderre a considérablement serré la vis à la fonction publique depuis son arrivée en poste. Le nombre de suspensions imposées aux employés de la Ville de Montréal a septuplé en seulement quatre ans, principalement en raison d'une plus grande sévérité et de coups d'éclat des syndicats sévèrement sanctionnés. Plus d'une trentaine de fonctionnaires ont aussi été congédiés à Montréal.

1718 suspensions en 2016

Les mesures disciplinaires infligées aux employés municipaux montréalais ont explosé depuis l'arrivée de Denis Coderre à la mairie en novembre 2013, montrent des données inédites obtenues par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès aux documents. Un sommet de 1718 suspensions a été atteint en 2016. C'est sept fois plus qu'il y a quatre ans. Ce bond s'explique en majeure partie par la grève illégale des cols bleus du 8 décembre 2015, selon la Ville. Pas moins de 2002 suspensions étalées sur deux années, équivalant à 52 000 heures de travail, ont été décernées aux cols bleus qui avaient assisté à une assemblée générale pendant leurs heures de travail.

Des infractions qui étaient auparavant rarement sanctionnées

Vandalisme, intimidation, menaces, agressions : des dizaines de jours de suspensions ont été décernés l'an dernier pour ces infractions auparavant rarement sanctionnées. En 2012, les fonctionnaires montréalais n'avaient reçu que 228 suspensions, d'une durée moyenne de 10 jours, surtout pour des absences et des accusations criminelles. Puis, en 2014, première année complète de l'administration Coderre, le nombre de suspensions a bondi de 62 %. Cette année-là, plus de 1500 jours de suspension ont été décernés pour des actes d'entrave, de vandalisme et de méfaits. En août, une manifestation du syndicat des pompiers avait dégénéré à l'intérieur de l'hôtel de ville. 

« Une gestion plus rigoureuse »

« Une gestion plus rigoureuse explique également les écarts. Il y a notamment eu plus de formation pour les gestionnaires, et plus d'accent a été mis sur certains volets, comme le vol de temps », indique Anik de Repentigny, porte-parole de la Ville de Montréal

SUSPENSIONS

Nombre de suspensions imposées aux employés de la Ville de Montréal*

2016 : 1718 

2015 : 1482 

2014 : 371 

2013 : 274 

2012 : 228

* À l'exception des policiers

163

Nombre de motifs distincts de suspension depuis 2012

Les suspensions les plus fréquentes à la Ville de Montréal 

Du 1er janvier 2012 au 3 février 2017 (en heures)

52 864 : Grève illégale

35 518 : Actes de vandalisme et intimidation

21 014 : Absence non autorisée

14 385 : Comportement inapproprié, actes d'entrave, vandalisme, méfait

9 366 : Accusation criminelle

4 480 : Menace ou agression contre un collègue, un supérieur

3 766 : Violence et intimidation

CONGÉDIEMENTS

Depuis 2012, 188 employés ont été congédiés, dont 119 relèvent des arrondissements. En 2015 et 2016, au moins une trentaine de fonctionnaires montréalais ont été renvoyés. Les absences injustifiées, le rendement insatisfaisant, le vol de temps et l'insubordination trônent au sommet des motifs de congédiement dans la métropole. Mais des travailleurs ont perdu leur emploi pour des infractions plus graves depuis 2012 :

- Un travailleur de Villeray a menacé et agressé physiquement son supérieur en 2015 ;

- Un employé d'Espace pour la vie a proféré des menaces en 2014 ;

- Un employé civil du SPVM a fait une « action indécente » en 2015 ;

- Un travailleur de Verdun a consommé du cannabis au travail en 2012 ;

- À Lachine, un employé a été surpris en train de dormir.

Le Plateau Mont-Royal

« Les 30 congédiements pour cause juste et suffisante relevés depuis 2012 sont ainsi principalement liés à des problèmes d'assiduité et de rendement au travail, et concernent surtout des employés non permanents (20). »

- Michel Tanguay, porte-parole de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, l'administration qui a congédié le plus d'employés depuis 2012

23 253

Nombre d'employés à la Ville de Montréal (au 31 décembre 2016)

Employés congédiés à la Ville de Montréal

2012 : 24

2013 : 24

2014 : 23

2015 : 33

2016 : 31

2017 : 3 (3 février)

Date non précisée : 50

50

Congédiements depuis 2012 pour des absences injustifiées

12 congédiements à Laval en 2016

Tentative de corruption, intimidation, vol, déloyauté : 12 employés de la Ville de Laval ont été congédiés l'an dernier contre quatre en 2015 et un seul l'année précédente. Cinq fonctionnaires ont notamment perdu leur emploi en raison de leur mauvaise assiduité au travail. Ce manque d'assiduité est récurrent à Laval, puisqu'il représente le motif des deux tiers (266) des suspensions imposées depuis 2014. Les employés temporaires seraient en grande partie responsables de ces infractions, selon la Ville.

Nombre de suspensions à la Ville de Laval

2016 : 120

2015 : 105

2014 : 147

« La légère hausse au niveau des congédiements et des terminaisons d'emploi en 2016 peut notamment s'expliquer par l'augmentation du nombre d'employés municipaux depuis 2014 ainsi que par la création du Bureau d'intégrité et d'éthique de Laval (BIEL) », souligne Carolanne L. Gagnon, porte-parole de la Ville de Laval

- Avec William Leclerc, La Presse




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