Cohabitation avec les vélos: Montréal invité à bannir certains camions

La Commission sur le transport et les travaux... (Photo François Roy, Archives La Presse)

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La Commission sur le transport et les travaux publics de Montréal recommande de s'inspirer de Londres et d'autres grandes villes pour « développer un indice mesurant la performance de visibilité des véhicules lourds en Amérique du Nord ».

Photo François Roy, Archives La Presse

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Alors qu'une collision vélo-camion vient de faire une nouvelle victime le week-end dernier à Montréal-Nord, des élus montréalais recommandent à l'administration Coderre de s'inspirer d'un système mis en place à Londres pour bannir de la capitale britannique les poids lourds qui ont les pires angles morts.

Des camions avec moins d'angles morts

Au Royaume-Uni, une équipe d'experts en modélisation 3D s'affaire depuis le printemps à recréer des modèles informatiques des camions lourds les plus répandus en Europe. Chaque véhicule obtiendra une cote de zéro à cinq étoiles en fonction de l'importance des angles morts qui sont relevés par un logiciel. D'ici 2024, les camions affichant les scores inférieurs à trois étoiles seront interdits dans les rues de Londres, ce qui pourrait mener à l'interdiction de plus de 188 000 véhicules, soit la moitié du parc actuel de poids lourds qui y circulent, selon l'organisme Transport for London.

Des miroirs convexes

La Ville de Londres a aussi rendu obligatoire pour les camions de plus de 3,5 tonnes l'installation de deux miroirs convexes, qui s'ajoutent à ceux installés par défaut par les constructeurs. Les gardes latérales, aussi appelées jupettes au Québec, deviennent aussi obligatoires. Le Transport Research Laboratory du Royaume-Uni soutient que l'ajout de ces deux équipements de sécurité pourrait diminuer de 10 % le nombre de décès touchant les piétons et les cyclistes. Des transporteurs québécois ont déjà adopté volontairement les miroirs convexes et les gardes latérales pour l'ensemble de leur parc, indique l'Association du camionnage du Québec, mais leur installation reste facultative au Canada.

Des véhicules plus bas, des fenêtres plus larges

Les études approfondies du Transport Research Laboratory sur 19 camions modélisés ont permis de confirmer que la hauteur de la cabine est le facteur qui influe le plus sur l'importance des angles morts. « Les designs à cabine surbaissée [...] ont démontré un véritable avantage pour la réduction des angles morts », estime le chercheur Steve Summerskill, auteur de l'étude. La largeur des fenêtres joue aussi un rôle prépondérant ; plus elles sont larges, moins les angles morts sont importants. L'ajout de caméras d'angles morts ou de détecteurs de mouvements n'a pas été évalué par cette étude.

Recommandé par les groupes de pression

C'est le collectif Vélo fantôme Montréal, qui organise l'installation de vélos blancs lorsqu'un décès de cycliste survient, qui a proposé d'adopter les mêmes mesures que Londres lors d'une consultation menée au printemps par la Commission sur le transport et les travaux publics de Montréal sur la cohabitation piétons/cyclistes et véhicules lourds. À sa grande surprise, la Commission, composée d'élus de tous les partis, a retenu la recommandation, suggérant dans son rapport officiel de « s'inspirer entre autres des villes de Londres, de Seattle et de La Nouvelle-Orléans pour développer un indice mesurant la performance de visibilité des véhicules lourds en Amérique du Nord, afin de limiter graduellement la circulation des véhicules à angles morts élevés ». Le comité exécutif de la Ville de Montréal a jusqu'au début du mois d'août pour décider s'il adopte ou non cette recommandation.




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