Pierre Bourque s'inquiète pour la vocation scientifique du Jardin botanique

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La vocation scientifique du Jardin botanique de Montréal pourrait être mise en péril par le regroupement du personnel des quatre institutions qui forment Espace pour la vie, estiment Pierre Bourque et Gilles Vincent, qui ont tous les deux été directeurs du Jardin botanique.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

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Le regroupement du personnel des quatre institutions chapeautées par Espace pour la vie suscite de vives inquiétudes, notamment pour l'avenir de la mission scientifique du Jardin botanique. L'ex-maire Pierre Bourque a écrit à Denis Coderre pour l'inviter à éviter « la lapidation de ce patrimoine montréalais unique », dans une lettre obtenue par La Presse.

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Le Planétarium de Montréal est l'un des quatre musées regroupés dans Espace pour la vie.

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Le Biodôme de Montréal fait partie d'Espace pour la vie.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

REGROUPEMENT DÉCRIÉ

Espace pour la vie, qui chapeaute le Jardin botanique, l'Insectarium, le Biodôme et le Planétarium, a entrepris de regrouper en une seule structure ses quelque 450 employés. Le changement annoncé cette semaine et qui doit prendre effet au début de 2018 ne se fait pas sans heurt.

En décembre, Pierre Bourque, qui a été directeur du Jardin botanique avant d'être maire de Montréal, a pris la plume avec l'un de ses successeurs, Gilles Vincent, pour s'inscrire en faux contre ce projet. « Éliminer la dénomination propre de chacune des institutions, dont celle du Jardin botanique de Montréal, est une hérésie », peut-on lire dans le document.

VOCATION SCIENTIFIQUE

Les auteurs s'inquiètent notamment pour la vocation scientifique de l'institution fondée en 1931 par le frère Marie-Victorin. Selon eux, un changement est déjà perceptible depuis qu'Espace pour la vie est venu chapeauter les quatre musées, en 2009. « Le Jardin botanique est devenu davantage une plate forme de spectacles plutôt que d'axer ses efforts vers la poursuite de ses missions fondamentales qui ont été responsables de son grand succès », déplorent-ils.

La lettre souligne que ce changement de cap survient au moment même où « les enjeux environnementaux sont si criants ». Pierre Bourque a demandé au maire Coderre de le rencontrer, mais, malgré une relance en février, il n'a jamais reçu de réponse.

QUATRE POUR UN

Espace pour la vie assure que les quatre musées continueront à exister même si les employés seront regroupés en une seule structure. « Aucun changement n'est apporté aux noms des institutions, l'existence de celles-ci n'est absolument pas menacée », réplique une porte-parole, Karine Jalbert. Celle-ci ajoute : « Il n'est pas question de fusion, au contraire, nous visons à renforcer la capacité de ces quatre institutions dans leurs domaines d'expertise. »

Le concept d'Espace pour la vie est né en 2009 avec l'arrivée d'un nouveau directeur, Charles-Mathieu Brunelle. Il regroupe aujourd'hui le Jardin botanique, l'Insectarium, le Biodôme et le Planétarium. Malgré ce rapprochement, chaque institution avait néanmoins gardé sa structure et son caractère propres.

MISER SUR LES CONTENUS

La direction s'apprête toutefois à pousser plus loin l'union des quatre musées. Un document obtenu par La Presse indique qu'on cherche à « décloisonner les quatre institutions en regroupant leurs ressources par fonction plutôt que par institution ».

Le regroupement des ressources ne date pas de cette année. En 2014, Espace pour la vie a regroupé certains services, comme les ressources humaines et les finances. « Depuis plusieurs années, nous travaillons sur une organisation du travail axée davantage sur les contenus et, en ce sens, nous nous dirigeons vers une gestion par fonctions - collections, recherche, programmes publics - plutôt que par institutions », poursuit Karine Jalbert.

Espace pour la vie estime que la stratégie a porté ses fruits puisque son achalandage et ses revenus ont augmenté depuis. Les quatre institutions ont attiré plus de 1,9 million de visiteurs en 2016. Ces entrées ont permis de recueillir tout près de 22 millions en revenus.

METTRE FIN À L'« OMBRAGE »

À l'interne, on estime que la direction tente ainsi de mettre fin à l'« ombrage » que le Jardin botanique ou le Biodôme portaient sur le concept d'« Espace pour la vie », qui reste encore peu connu du public après huit ans d'existence.

On craint à l'interne que ce changement majeur ne nuise à la vocation scientifique du Jardin botanique et à son rayonnement. L'institution est l'une des plus anciennes et plus réputées institutions scientifiques de Montréal. Sa douzaine de chercheurs a fait paraître pas moins de 26 publications scientifiques en 2016 seulement.

Leurs travaux portent notamment sur la phytotechnologie, qui consiste à utiliser les plantes pour régler des problèmes environnementaux, comme la décontamination. Les résultats de leurs travaux seront d'ailleurs mis en valeur cet été alors qu'un parcours leur sera consacré au Jardin botanique, un projet majeur pour lequel la Ville de Montréal a autorisé un emprunt de 15,3 millions pour financer les travaux.




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