Un four à pizza faussait l'indice de qualité de l'air

En janvier 2016, le Réseau de surveillance de... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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En janvier 2016, le Réseau de surveillance de la qualité de l'air a décidé de fermer une station d'échantillonnage qui enregistrait des concentrations de particules fines nettement plus élevées que les autres en raison de sa proximité avec le four à bois d'une pizzéria.

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Les Montréalais peuvent enfin respirer en paix : la pizza ne nuit plus à la qualité de leur air. Le nombre de journées de mauvaise qualité de l'air a chuté de moitié en 2016, une situation essentiellement attribuable au déménagement d'une station d'échantillonnage dont les mesures étaient faussées par les émissions du four à bois d'une pizzéria. Par ailleurs, un bilan dévoilé hier démontre l'impact du chantier de l'échangeur Turcot sur les émissions polluantes dans le secteur.

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La pizzéria a ouvert en 2009.

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La malédiction de la station 13

Depuis 2009, Montréal avait constaté que l'une de ses stations servant à mesurer la qualité de l'air enregistrait des concentrations de particules fines nettement plus élevées que toutes les autres. Intrigué par les résultats de sa station 13, le Réseau de surveillance de la qualité de l'air (RSQA) a alors entrepris d'analyser les mesures enregistrées d'heure en heure en fonction de la direction des vents. C'est ainsi qu'on a pu établir que ces résultats étaient dus à la présence voisine du four à bois d'une pizzéria... justement ouverte en 2009.

Journées de mauvaise qualité

À lui seul, ce four à bois était responsable de plus de la moitié des journées de mauvaise qualité de l'air enregistrées à Montréal. En 2015, par exemple, le RSQA estime qu'il a été responsable de 34 des 64 journées de mauvaise qualité de l'air dans la métropole. Il suffit en effet que les concentrations de particules fines dépassent le seuil des 35 μg/m3pendant au moins trois heures à une station pour qu'une journée de mauvaise qualité soit décrétée. Une alerte au smog est quant à elle décrétée quand ce même seuil est dépassé sur 75 % du territoire de la ville.

Déménagement salutaire

Devant ces résultats anormaux, le RSQA a décidé de fermer définitivement la station 13 en janvier 2016. Les équipements ont été transférés à deux kilomètres de là, dans une nouvelle station - baptisée 31 - aménagée au-dessus d'une caserne de pompiers. Miracle : depuis, les mesures de ces appareils s'approchent nettement plus des lectures des autres stations sur l'île. Ainsi, alors que la station 13 a enregistré 42 journées de mauvaise qualité de l'air en 2015, les appareils relocalisés à la station 31 en ont rapporté seulement quatre en 2016.

Le bilan s'améliore

Ce déménagement a eu un impact immédiat sur le nombre de journées de mauvaise qualité de l'air à Montréal. La fermeture de la station 13 a ainsi entraîné une chute de moitié, Montréal ayant compté 29 journées de mauvaise qualité de l'air en 2016 contre 64 l'année précédente. Le bilan montréalais prend d'ailleurs soin de souligner que la situation était essentiellement « attribuable aux émissions de particules fines provenant du four à bois de la pizzéria voisine de la station dont le panache de fumée, aux heures de grande affluence, se dirigeait directement vers la sonde d'échantillonnage ».

Nombre de journées de mauvaise qualité de l'air à Montréal

  • 2011: 19 dues au smog, 50 dues à d'autres causes
  • 2012: 16 dues au smog, 33 dues à d'autres causes
  • 2013: 15 dues au smog, 38 dues à d'autres causes
  • 2014: 10 dues au smog, 53 dues à d'autres causes
  • 2015: 7 dues au smog, 57 dues à d'autres causes
  • 2016: 8 dues au smog, 21 dues à d'autres causes

Le chantier Turcot sous surveillance

Par ailleurs, Montréal indique également suivre de près la qualité de l'air près du chantier de l'échangeur Turcot depuis le début de 2016. Les premiers résultats indiquent que la qualité de l'air a été mauvaise dans le secteur durant 13 journées, les appareils ayant mesuré des concentrations supérieures au seuil de 30 μg/m3. Le portrait est moins réjouissant quand on tient compte des particules totales. Les concentrations ont dépassé la limite des 150 μg/m3 durant 144 jours, soit le tiers de l'année. La Ville, qui souligne que son appareil est situé au coeur du chantier, dit néanmoins avoir insisté auprès de l'entrepreneur responsable des travaux pour qu'il prenne des mesures supplémentaires pour réduire les émissions polluantes.

Un incendie nocif

Si elle a cessé de mesurer la pollution due aux pizzas, la nouvelle station 31 a pu mesurer les impacts nocifs du violent incendie survenu le 23 novembre 2016 sur l'avenue du Parc, dont le panache était visible à plusieurs kilomètres à la ronde. Alors que les flammes se sont déclarées vers 9h du matin, les capteurs ont mesuré un pic de particules fines de 365 μg/m3, soit plus de 10 fois le seuil de mauvaise qualité d'air. L'intervention rapide des pompiers a toutefois permis de réduire rapidement les émissions de particules. Les relevés permettent en effet de constater que, dès midi, les concentrations dans l'air étaient retombées sous la barre des 50 μg/m3. Cet incident laisse toutefois songeur, puisque le RSQA rapporte que la ville de Pékin, en Chine, affiche fréquemment des concentrations équivalentes. « Peut-on s'imaginer vivre dans un nuage de fumée d'incendie jour après jour avec les conséquences sur la santé ? », évoque le rapport.

Étude sur l'interdiction des foyers

Le bilan annuel révèle également qu'un important projet de recherche étudie actuellement l'impact qu'a l'interdiction des appareils et foyers à combustibles solides. La Ville de Montréal a en effet décidé l'an dernier d'adopter un règlement pour éliminer ces appareils. Depuis l'automne dernier, l'équipe du professeur Scott Weichenthal, de l'Université McGill, mesure le niveau des particules fines dans huit secteurs de l'île durant la période hivernale pour en évaluer l'impact. La collecte de données devrait se faire jusqu'en 2019.




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