Une carte du pot récréatif s'affiche à Montréal

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Sorte de Pages Jaunes du cannabis, l'entreprise californienne Weedmaps dit avoir placardé ses annonces sur une quarantaine de panneaux publicitaires à Montréal depuis environ un mois.

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Après la tentative ratée de l'activiste Marc Emery d'ouvrir des boutiques de marijuana à Montréal, c'est par les téléphones intelligents que les producteurs de cannabis de l'Ouest tentent de percer le marché québécois.

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Une fois installée sur un téléphone intelligent, l'application Weedmaps permet de localiser d'un coup d'oeil les adresses à proximité où il est possible de se procurer du cannabis thérapeutique.

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Une fois inscrit au service de livraison de Cannabismo, nous avons pu commander par la poste deux sachets de marijuana et un sachet de jujubes à l'huile de cannabis

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L'application Weedmaps, annoncée sur des panneaux publicitaires du centre-ville depuis quelques semaines, fait la promotion de services de livraison de pot par la poste, n'exigeant aucune ordonnance médicale de leurs clients.

Sorte de Pages Jaunes du cannabis, l'entreprise californienne Weedmaps dit avoir placardé ses annonces sur une quarantaine de panneaux publicitaires à Montréal depuis environ un mois. Une fois installée sur un téléphone intelligent, son application permet de localiser d'un coup d'oeil les adresses à proximité où il est possible de se procurer du cannabis thérapeutique.

Mais comme ces endroits sont rares au Québec, ce sont surtout les services de livraison de pot de l'Ouest canadien qui s'annoncent sur la carte montréalaise de Weedmaps. La Presse en a compté près d'une trentaine.

Le plus populaire d'entre eux, Cannabismo, nous a accepté comme client sans même nous demander de fournir une ordonnance médicale. Seule exigence : envoyer une photo d'un permis de conduire ou d'un passeport grâce à un formulaire en ligne.

Une fois inscrit au service de livraison, nous avons pu commander par la poste deux sachets de marijuana et un sachet de jujubes à l'huile de cannabis.

Le paiement d'environ 85 $ s'est fait par transfert bancaire Interac, et la livraison est arrivée à domicile en moins de 48 h par Postes Canada. Le colis, doublement scellé dans des sacs sous vide, a été envoyé à partir d'un centre de livraison de Vancouver, selon les détails inscrits sur l'enveloppe.

ILLÉGAL, MAIS PAS PRIORITAIRE POUR LA GRC

Cannabismo ne possède aucun permis de « producteur désigné » qui lui permettrait de vendre ainsi de la marijuana en toute légalité par la poste. L'entreprise n'est pas inscrite au registre des entreprises et ses propriétaires sont inconnus. Postes Canada considère que la marijuana non réglementée par Santé Canada est une « substance prohibée et interdite dans le courrier postal ». 

« Lorsque Postes Canada en détecte dans un article, elle intercepte l'article en question et le remet aux autorités compétentes aux fins d'enquête, conformément à son règlement », a indiqué le porte-parole Philippe Legault par courriel.

Mais d'emblée, la GRC affirme que ce genre de transaction, même si elle est « clairement illégale », n'est pas une priorité pour ses enquêteurs.

«Ce n'est pas notre mandat de surveiller les petites ventes de coin de rue. Notre mandat vise plus l'importation et le trafic international.»

Camille Habel
porte-parole de la GRC

Les paquets contenant une quantité de cannabis inférieure à 30 g - la limite pour une accusation de « possession dans le but d'en faire le trafic » - ont donc peu de risques d'être interceptés par le corps policier. Mais l'adresse d'un client pourrait éventuellement être notée par des enquêteurs qui seraient informés par Postes Canada qu'un paquet contenant des stupéfiants a été intercepté. « Pour des petites quantités, il n'y aura pas nécessairement d'accusation », indique Camille Habel, porte-parole de la GRC.

UN DÉLIT CRIMINEL

Mais malgré l'intention annoncée du gouvernement Trudeau de légaliser le cannabis, sa possession à des fins récréatives est toujours traitée comme un délit criminel par certains juges, rappelle l'avocat Claude Boulianne. « Qu'une personne achète de la marijuana par la poste ou en faisant affaire avec un pusher, il y a un risque réel de se faire accuser de possession simple, dit-il. Pour les peines, les personnes qui se font prendre avec un joint s'en tirent généralement avec une amende de 50 à 100 $, mais elles ont fortement avantage à consulter un avocat pour obtenir une absolution inconditionnelle si elles ne veulent pas traîner un casier criminel », ajoute-t-il.

Weedmaps a refusé de répondre à nos questions concernant la légalité des services de livraison annoncés sur son application. « Dans les régions où la légalisation n'est pas complétée, nous sommes d'abord et avant tout une plateforme d'apprentissage au sujet de la marijuana, des marques, des tests en laboratoire et un outil de diffusion d'actualités sur le cannabis », soutient le porte-parole Carl Fillichio dans une déclaration écrite transmise par courriel.




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