Une intervention humaine à l'origine d'un déraillement en 2015

Le matin du 29 octobre 2015, un wagon a percuté le... (Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Le matin du 29 octobre 2015, un wagon a percuté le mur d'une maison.

Patrick Sanfaçon, archives La Presse

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Une intervention humaine serait à l'origine du déraillement de wagons qui ont percuté une maison en octobre 2015 au coeur de Montréal, conclut l'enquête du Bureau de la sécurité des transports (BST). Le rapport note que, malgré les nombreux signes d'intrusion sur les voies ferrées dans ce secteur, le Canadien Pacifique n'a pas demandé à ses employés de vérifier l'état des freins sur ses appareils.

Le matin du 29 octobre 2015, une rame de 26 wagons entreposés dans une gare de triage à Hochelaga est partie à la dérive, finissant sa course contre le mur d'une maison. L'enquête en arrive à la conclusion que plusieurs freins serrés pour immobiliser les wagons avaient été désactivés. « Comme aucun évènement météorologique exceptionnel n'a touché la région et que l'efficacité des freins à main ne se dégrade pas avec le temps, une intervention humaine aurait été nécessaire pour réduire l'effort de freinage et mettre la rame de wagons en mouvement », conclut le rapport.

Les enquêteurs notent que seulement cinq freins à main étaient serrés, alors que 10 auraient été nécessaires. Pourtant, tout indique qu'un nombre suffisant avait été serré au moment d'entreposer les wagons. Les enquêteurs en concluent que la moitié des freins ont été désactivés « de façon accidentelle ou malicieuse ». « Les freins à main sont des dispositifs vulnérables à l'altération par des personnes non autorisées », note le BST.

Les enquêteurs soulignent que plusieurs intrusions ont été rapportées sur la voie à cet endroit. Ils ont d'ailleurs noté que la clôture était mal entretenue, comportant plusieurs brèches. Ils ont de plus observé la présence de canettes de peinture en aérosol et des bouteilles vides le long des rails.

Malgré les signes évidents d'intrusion, le BST soulève que les employés du CP n'avaient pas reçu la consigne d'inspecter la rame, ce qui est pourtant prévu par les règles de sécurité en place. Entreposés depuis décembre 2014, les wagons avaient été déplacés pour la dernière fois en mai 2015 avant de partir à la dérive.

Le matin du 29 octobre 2015, après une course de 35 mètres, la rame a frappé un premier dérailleur, ce qui a fait dérailler le wagon de tête. Sous le poids des 25 autres wagons toujours sur les rails, la rame a toutefois poursuivi son chemin pour frapper un deuxième dérailleur, 120 mètres plus loin. Ce deuxième dispositif a réussi à faire dérailler quatre autres wagons, mais sous l'effet du choc, le premier wagon a été projeté hors des voies et a percuté le mur d'une maison. Le reste de la rame a poursuivi son chemin sur encore 150 mètres avant de s'immobiliser complètement.

De 2006 à 2015, le BST a recensé 397 incidents où des wagons sont partis à la dérive, dont 8 % sont attribuables à des actes de vandalisme. Le rapport note qu'il s'agissait toutefois du premier incident sur cette voie depuis 2006.




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