La future Cité de la logistique divise Hochelaga-Maisonneuve

Des citoyens ont recueilli près de 2000 signatures pour... (Photo Bernard Brault, Archives La Presse)

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Des citoyens ont recueilli près de 2000 signatures pour demander la tenue d'une consultation publique en bonne et due forme sur le développement du projet de Cité de la logistique dans Hochelaga-Maisonneuve, sur des terrains adjacents au port de Montréal.

Photo Bernard Brault, Archives La Presse

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Un projet de Cité de la logistique dans Hochelaga-Maisonneuve, sur des terrains adjacents au port de Montréal, inquiète plusieurs résidants du secteur, qui déplorent la consultation précipitée organisée aujourd'hui par l'arrondissement.

Des terrains d'une centaine d'hectares sont destinés à accueillir des entreprises de logistique « à valeur ajoutée », c'est-à-dire qu'en plus du transport, elles feront d'autres manipulations ou traitements des marchandises, comme l'emballage, l'assemblage ou l'entreposage.

La Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, dans le cadre de sa stratégie maritime, appuient le projet.

Mais des citoyens, craignant que tout ait déjà été décidé à leur insu, ont recueilli près de 2000 signatures pour demander la tenue d'une consultation publique en bonne et due forme sur le développement du secteur.

UN PÔLE STRATÉGIQUE

« La proximité du port et de l'autoroute 25 donnent un caractère stratégique à cet ensemble de terrains industriels, explique le maire de l'arrondissement, Réal Ménard. On veut établir un pôle qui va attirer des entreprises. »

Une première société, Ray-Mont Logistiques, spécialisée dans le transport et le transbordement de légumineuses et céréales, a acheté un terrain dans le secteur il y a quelques mois et a commencé à décontaminer le sol, indique M. Ménard. Mais elle n'a pas encore de permis pour démarrer ses activités.

« À la suite des consultations, nous adopterons un Programme d'implantation architectural qui fixera les règles du jeu pour les entreprises », souligne le maire de l'arrondissement.

L'entreposage extérieur, les conteneurs ou le transbordement de marchandises pourraient par exemple être bannis.

Mais des résidants s'inquiètent de ce qui les attend. « Hochelaga-Maisonneuve a déjà été passablement malmené au cours des décennies, en termes de bruit et de pollution », déplore Patricia Clermont, qui habite non loin.

CONSULTATION

Le maire de l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve tire un bilan positif de la consultation de samedi sur le projet de la Cité de la logistique, au contraire de citoyens inquiets de l'implantation du projet, qui ne sont pas sortis satisfaits de la seule rencontre citoyenne tenue à ce jour concernant ce projet à venir dans leur quartier.

 « On parle d'une seule journée de consultation. Déjà qu'on trouvait que c'était insuffisant, dans les faits, ça s'est résumé à 90 minutes de questions et 60 minutes de débat », a dénoncé Véronick Raymond, propriétaire de deux habitations dans le quartier. 

«L'information est incomplète, donc ça crée une inquiétude dans la population et une certaine méfiance », a pour sa part confié Amélie Desnoyers. 

« Il y avait trop d'information à digérer et il nous en manque encore. Non, on n'est pas satisfaits », a résumé  de son côté le citoyen Rigaud Saint-Amour, à la fin de la journée. 

Une centaine de personnes étaient présentes. Selon les témoignages recueillis sur place, les résidents de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve ne sont pas contre le projet, mais ont l'impression que l'arrondissement brûle des étapes et craignent des conséquences désastreuses.  L'arrondissement veut adopter rapidement son Programme d'implantation architectural qui fixera les règles du jeu pour les entreprises. Les citoyens réclament une consultation plus complète de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) et ont déjà obtenu 2000 signatures sur les 5000 signatures nécessaires pour espérer la tenue d'un tel processus. 

« Souvent on dit que les gens ne s'impliquent pas au municipal, que les gens ne vont pas voter. Et quand tout d'un coup les gens s'intéressent à la vie politique, on les accuse de partir en guerre », illustre la citoyenne engagée.

« Aujourd'hui, on voit que ce n'est plus possible pour une entreprise de s'installer sans avoir l'assentiment des citoyens et c'est une bonne chose que ces pressions-là soient là. C'est un message solide envoyé aux entreprises [que] de s'intégrer dans un milieu est tout aussi importante que de faire du profit », croit Réal Migneault, un citoyen qui travaille dans le domaine du développement durable croisé à sa sortie de la consultation. 

Le maire satisfait 

De son côté le maire Réal Ménard tire un bilan positif de la journée animée par l'Institut du Nouveau Monde et il a assuré qu'il s'agissait « d'une première prise de contact » et que d'autres consultations citoyennes auront lieu. 

« Le grand mérite de la journée, c'est que pour la première fois, tous les acteurs étaient ici et chacun a pu comprendre le point de vue de l'autre », a souligné le maire, énumérant la présence de représentants du CN, des tables de quartier, de la commission scolaire, de la chambre de commerce, d'un promoteur et des citoyens. 

« Pour nous ce n'est pas une réelle consultation publique parce que beaucoup de partenaires étaient absents, dénonce en revanche la conseillère Laurence Lavigne-Lalonde, du parti d'opposition Projet Montréal. La direction de la Santé publique et le MTQ n'étaient pas présents. Le CN et le Port de Montréal étaient là, mais ils ne répondaient pas aux questions des citoyens. »




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