Pas de traitement de faveur pour Denis Coderre, dit Marc Parent

L'ancien chef de police Marc Parent assure qu'il... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse)

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L'ancien chef de police Marc Parent assure qu'il n'a jamais été informé de la surveillance des relevés téléphoniques dont a fait l'objet le journaliste Patrick Lagacé.

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Même si une enquête criminelle a été déclenchée après un appel du maire Denis Coderre se plaignant qu'une rumeur de contravention impayée soit venue aux oreilles d'un journaliste, l'ancien chef de police Marc Parent assure qu'il aurait agi de la même manière peu importe l'identité du plaignant.

« Pour moi, ma première obligation et mon devoir, c'est de faire la lumière sur l'information. À ce moment-là, ce qui est amené à mon bureau, c'est qu'il y a un policier qui a obtenu de l'information privilégiée dans nos banques de données pour une tierce partie, en l'occurrence un journaliste », a déclaré Marc Parent lors d'une entrevue avec La Presse.

Hier, le maire Denis Coderre a révélé qu'il avait contacté Marc Parent dans la foulée d'une série de reportages, notamment sur son comportement lors d'un spectacle de Corey Hart et sur une contravention qu'il aurait reçue à Laval. Il a toutefois réellement pris le téléphone après que le journaliste Patrick Lagacé a pris contact avec son bureau pour demander des explications au sujet d'une contravention qui, selon certaines rumeurs, n'aurait pas été payée.

Marc Parent affirme qu'il a ensuite transmis ces informations à la division des affaires internes, qui enquête sur le comportement des policiers.

« Que ce soit le maire Coderre ou une information qui rentre à mon bureau, peu importe la personne qui en est l'auteure, quand je suis informé qu'un de mes policiers ou un employé du Service de police de la Ville de Montréal [SPVM] commet une infraction sérieuse, c'est sûr que je vais la faire enquêter. Peu importe qui est le plaignant ou la victime dans ce crime », a-t-il précisé.

M. Parent assure qu'il ne s'est pas mêlé de la suite du dossier, dont le résultat a été déposé au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPDP) en janvier 2016. Il souligne qu'il a quitté son poste le 1er septembre 2015.

PARENT N'ÉTAIT PAS AU COURANT DE LA SURVEILLANCE

Dans le cadre de cette enquête, le relevé téléphonique du chroniqueur Patrick Lagacé a été consulté durant deux semaines par les enquêteurs du SPVM.

L'ancien chef de police Marc Parent assure que ni lui ni le chef des affaires internes de l'époque (qu'il refuse de nommer) n'ont été informés de la surveillance des relevés téléphoniques. « Logiquement, j'aurais dû être informé », a-t-il admis.

« Je ne veux pas juger trop sévèrement la démarche de l'enquêteur dans ce dossier-là, parce que je n'ai pas tous les faits, mais il aurait été d'usage normal qu'il en informe ses supérieurs... » - Marc Parent, ancien chef du SPVM

« Toutefois, c'était très ciblé, et ce que je comprends, par déduction parce que je n'ai pas parlé à l'enquêteur, c'est qu'on voulait faire une corrélation entre les appels du policier et le journaliste dans une période très restreinte », a-t-il ajouté.

M. Parent insiste sur le fait que cette technique d'enquête est la « moins intrusive ».

« Je ne suis pas en train de dire que la liberté de la presse et la protection des sources n'est pas menacée par ce genre d'enquête-là, je suis très conscient de ça, mais je veux quand même exprimer que l'enquêteur, quand il fait ça, il fait ça de bonne foi, selon mon appréciation », a-t-il dit.

S'il en avait été informé, aurait-il autorisé une telle surveillance ? « Je ne l'aurais pas fait avec le peu d'information... Toutefois, pour moi, c'est clair qu'il manque beaucoup d'information dans le détail pour comprendre la justification... Là, on me demande près de deux ans après de commenter un dossier sur lequel j'ai peu d'information », a-t-il répondu.

CODERRE DIT N'AVOIR « AUCUNE RESPONSABILITÉ »

De son côté, le maire Denis Coderre a dit n'avoir « aucune responsabilité » dans l'espionnage du journaliste Patrick Lagacé. Mais il admet qu'il aurait « peut-être » dû agir différemment, lui qui s'est plaint à l'ancien chef de police Marc Parent de fuites médiatiques qui le concernaient.

De passage à Lévis, hier, M. Coderre a nié toute responsabilité dans l'enquête au cours de laquelle la police a obtenu des relevés téléphoniques de M. Lagacé.

« Aucune, aucune, aucune. Aucune responsabilité, et je n'embarque pas là-dedans. Moi, je ne m'occupe pas des opérations policières et je ne m'occupe pas du juge non plus. » - Denis Coderre, maire de Montréal

Le maire souligne qu'il a contacté M. Parent après trois épisodes de fuites.

« Quand ça fait trois fois que ça arrive, je me demande si c'est normal et si c'est légal », a relaté M. Coderre.

« J'ai dit au directeur : ‟c'est-tu légal ?" Et bon, il a fait enquête. That's it. »

Il nie catégoriquement avoir donné l'ordre aux policiers d'espionner M. Lagacé et il admet qu'il serait « choqué », lui aussi, s'il apprenait être sur écoute.

Le maire maintient qu'il ne s'est jamais immiscé dans le processus d'enquête. C'est pourquoi il s'est gardé de critiquer la manière dont les policiers ont enquêté dans le cas Lagacé.

M. Coderre reconnaît toutefois qu'il aurait « peut-être » été préférable de déposer une plainte formelle au SPVM plutôt que de discuter directement avec son chef.

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