Un trottoir de Rosemont inaccessible depuis sept ans

En 2010, Montréal érigeait d'urgence des échafaudages devant... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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En 2010, Montréal érigeait d'urgence des échafaudages devant l'ancienne usine de Coca-Cola de la rue de Bellechasse, un bâtiment d'intérêt patrimonial acheté par la Ville en 1973.

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Les citoyens de Rosemont - La Petite-Patrie qui attendent depuis 2010 de retrouver l'usage d'un trottoir de la rue de Bellechasse devront encore faire preuve de patience. C'est seulement en mai prochain, soit après huit ans d'attente, que la Ville de Montréal prévoit terminer les travaux pour sécuriser la façade d'un bâtiment patrimonial dont des pièces se détachaient.

En 2010, Montréal érigeait d'urgence des échafaudages devant l'ancienne usine de Coca-Cola de la rue de Bellechasse, un bâtiment d'intérêt patrimonial acheté par la Ville en 1973. Cette intervention avait été jugée nécessaire à la suite du « détachement de pièces de maçonnerie ». Mais du coup, tout le trottoir du côté sud de l'artère est depuis interdit aux piétons, entre les rues Alma et de Gaspé.

« Ça ne fait aucun sens. C'est la preuve d'une négligence, d'une absence de planification dans les travaux à la Ville de Montréal », déplore le conseiller municipal du secteur, François Limoges.

C'est seulement l'été dernier que la Ville de Montréal a finalement autorisé le début des « travaux d'urgence » pour réparer la façade du bâtiment patrimonial. Le chantier prévoit la restauration complète de la façade sur la rue de Bellechasse, mais aussi sur de Gaspé. Les portes et fenêtres doivent être remplacées, tandis que des travaux de décontamination seront aussi nécessaires. Le calendrier prévoit la fin des travaux en mai 2017.

Le contrat a été octroyé au Groupe Axino pour 3,9 millions. Ce montant est de 11 % supérieur à ce qui était prévu. Montréal explique cet écart par le calendrier des travaux imposés à l'entrepreneur.

En ordonnant le début des travaux, la Ville de Montréal avait noté que tout retard risquait « d'encourager le graffiti si les échafaudages sont laissés sur place ». Voilà, des vandales ont maintes fois profité de la présence de ces structures pour couvrir la façade d'inscriptions illisibles. Des graffitis avaient été effacés en 2015, mais de nouveaux sont apparus depuis.

François Limoges reconnaît avoir reçu peu de plaintes en sept ans de fermeture du trottoir. « C'est le drame : quand quelque chose est là depuis longtemps, ça fait partie du paysage. Les gens ne le remarquent même plus. On s'acclimate à la médiocrité en matière de travaux. Je comprends que c'est complexe une grande ville, culture du laisser-faire qui doit changer si on veut retrouver notre fierté de Montréalais », dit l'élu de Projet Montréal.

Bâtiment patrimonial

Le bâtiment est une ancienne usine d'embouteillage de Coca-Cola, érigée en 1929 et 1930. La multinationale a fermé cette installation en 1973 pour la vendre à la Ville de Montréal. À l'époque de l'achat, la métropole avait rénové l'intérieur, mais sans rafraîchir la façade.

Le bâtiment avait été classé d'intérêt patrimonial en raison de son esthétique Art déco rappelant l'architecture industrielle de l'entre-deux-guerres. L'édifice a été conçu par l'architecte Kenneth Guscotte Rea, à qui l'on doit la conception de nombreuses banques de Montréal.

L'édifice accueillait jusqu'à récemment 80 employés du Service incendie de Montréal oeuvrant à la prévention des sinistres. L'avenir du bâtiment est encore incertain.

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