Montréal veut se faire rembourser un camion d'incendie inutilisable

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En 2011, le Service de sécurité incendie de Montréal a acheté quatre camions à échelle articulée, au coût de 1,4 million chacun.

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Un camion d'incendie acheté en 2011 par Montréal pour lutter contre les incendies les plus graves n'a pratiquement jamais pu être utilisé depuis son acquisition. Excédée des « problèmes significatifs », la Ville vient de demander à ses avocats d'intenter une poursuite de 1,7 million contre le vendeur et le constructeur afin d'obtenir un remboursement.

En 2011, le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) décide de remplacer ses vieux camions à échelle articulée, qui dataient du début des années 90. Ces véhicules sont spécifiquement conçus pour intervenir lors des incendies majeurs, avec leur plate-forme offrant une portée de 35 mètres afin d'atteindre les endroits difficiles d'accès. Mais en raison de leurs coûts élevés, soit 1,4 million chacun, la métropole a décidé d'en acquérir seulement quatre pour remplacer les 10 qui étaient auparavant à son service.

C'est l'entreprise québécoise Aréo-Feu qui a remporté en 2011 l'appel d'offres pour fournir ces quatre camions moyennant la somme de 5,7 millions. Les véhicules ont toutefois été construits en partie en Allemagne et assemblés au Minnesota par la société Rosenbauer, géant mondial de l'équipement de lutte contre les incendies.

Or, depuis leur arrivée, les véhicules ont connu « des problèmes significatifs ». Ces camions « cessent parfois de fonctionner lorsque la plate-forme élévatrice est déployée dans certaines parties du territoire de la Ville de Montréal, rendant les véhicules inutilisables pour certaines des interventions auxquelles ils étaient destinés et qui ont motivé leur acquisition ». Le problème aurait été principalement vécu sur les territoires des casernes 71 et 72, soit autour de l'aéroport Trudeau dans l'arrondissement de Saint-Laurent.

Les problèmes touchent tout particulièrement l'un des quatre véhicules, soit le 771.

« Ce véhicule a été presque entièrement indisponible pour l'usage auquel il était destiné lors de son acquisition, étant même retiré du service durant de longues périodes afin que les problèmes relevés puissent être analysés et réglés », selon le Service de sécurité incendie de Montréal

Le SIM estime même que le véhicule représente un « danger potentiel » en contexte d'intervention.

Refus de respecter la garantie

Montréal déplore le manque de coopération du vendeur et du constructeur, le SIM n'ayant toujours pas reçu les manuels de maintenance. Le service dit aussi ne pas avoir reçu les formations prévues au contrat.

Les entreprises auraient de plus aussi refusé de respecter la garantie lorsqu'un des véhicules, le 720, a connu une fuite dans un joint tournant, en janvier 2014. Elles ont aussi refusé de couvrir des réparations jugées nécessaires à la suite d'une inspection annuelle à la fin de 2015.

Malgré une mise en demeure, les entreprises ne se sont pas engagées à dédommager la Ville. Montréal a donc décidé d'intenter une poursuite pour obtenir un remboursement de 1,4 million pour l'achat du camion 771. Elle demande aussi 180 000 $ en réparations et inspections depuis l'acquisition des véhicules. Déplorant la « piètre qualité du service » des entreprises, la métropole réclame en outre 96 000 $ pour rembourser le temps consacré par ses employés à traiter avec celles-ci.

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