Montréal

La fréquentation du Vieux-Port bondit malgré la grève

Le Vieux-Port a connu une augmentation de 35 %... (Photo André Pichette, La Presse)

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Le Vieux-Port a connu une augmentation de 35 % du nombre de visiteurs de mai à juillet 2016 en comparaison avec la moyenne des cinq dernières années.

Photo André Pichette, La Presse

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Le Vieux-Port de Montréal a noté une augmentation de 35 % de sa fréquentation cet été, même si les employés syndiqués sont en grève depuis bientôt deux mois. Devant un appel au boycottage du site inefficace et à des négociations au point mort, les moyens de pression du syndicat montent d'un cran, et une plainte a été déposée au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

L'appel au boycottage ignoré

Depuis le 27 mai, près de 300 employés du Vieux-Port de Montréal sont en grève. Le Port d'escale, le Centre des sciences, Imax, ainsi que la plage du quai de l'Horloge sont fermés. Pourtant, le site a connu une augmentation de 35 % du nombre de visiteurs de mai à juillet en comparaison avec la moyenne des cinq dernières années.

« Il y a quand même les commerçants et nos 70 partenaires sur place, comme le labyrinthe, la tyrolienne, le Cirque du Soleil... Malheureusement, on avait aussi une belle exposition au Centre des sciences que personne ne peut voir », a expliqué Sophie Morin, directrice des relations médias de la Société du Vieux-Port de Montréal.

« Le Centre des sciences est fermé, donc c'est 35 % des gens qui n'ont pas accès à des activités de base, et je présume que c'est 35 % de potentiel de revenus que le Vieux-Port n'a pas cette année », expose le président du syndicat des employés, Konrad Lamour.

Briseurs de grève et patrons assurent la sécurité

La sécurité, la gestion des stationnements et l'entretien sont assurés par « une soixantaine d'employés non syndiqués » - autrement dit, les cadres.

« Les directeurs des services de la sécurité et de l'entretien ont remis leurs bottes et ramassent les déchets ou font la patrouille », indique Mme Morin.

Le Vieux-Port a aussi engagé une firme externe pour accomplir les tâches normalement réservées aux agents de prévention et protection en grève. Avec un lieu bordé d'une voie ferrée et du fleuve Saint-Laurent, la direction du Vieux-Port insiste sur la nécessité de veiller à la sécurité des visiteurs. Le Code canadien du travail, duquel relève le Vieux-Port, permet l'embauche de briseurs de grève.

Une plainte contre un cadre déposée à la police

Quelques jours après le début de la grève, le Vieux-Port a obtenu une injonction interdisant aux quelque 300 syndiqués de manifester sur les terrains du Vieux-Port et aux abords de ceux-ci.

Selon le syndicat, qui a étudié la preuve déposée pour l'injonction, des « rapports de faits non véridiques » dans les affidavits auraient été faits par un directeur du département Prévention et Protection du Vieux-Port. L'homme en question était pourtant bien au courant de la loi ; il s'agit d'un retraité du SPVM. Le syndicat, qui accuse « le gestionnaire de s'être parjuré », a déposé une plainte au SPVM, qui confirme qu'une enquête est en cours.

« Nous n'avons pas de commentaire là-dessus. Un juge va évaluer la qualité de la preuve et tout le monde est présumé innocent », a répondu la directrice des relations médias du Vieux-Port.

Les patrons de Toronto interpellés

Hier, des représentants du syndicat se sont rendus à Toronto pour cogner à la porte de la Société immobilière du Canada (SIC), de qui relève la Société du Vieux-Port de Montréal depuis 2012.

« On a réussi à décrocher une rencontre pour le 1er août avec le président-directeur général de la SIC. Ça fait partie des moyens de pression que l'on continue d'exécuter », a expliqué le président du syndicat, Konrad Lamour.

Les négociations sont dans une impasse depuis deux semaines. À la table, les deux parties ne s'entendent pas malgré les interventions d'une médiatrice.

« Si les gens qui sont à la table ne peuvent pas régler le conflit, on va aller au-dessus de nos gestionnaires et on va aller voir la SIC ou des élus politiques », a tout simplement affirmé M. Lamour.

La guerre des chiffres

La question des salaires est le principal point sur lequel achoppent les négociations de la prochaine convention collective. Publiquement, les deux parties se reprochent de faire preuve de mauvaise foi et d'utiliser les chiffres à leur avantage. Mise au point.

Salaire minimum au Vieux-Port : 

  • Ce que dit le syndicat : 10,67 $/h
  • Ce que dit la direction : 12,26 $/h
  • Précision : Selon la précédente convention collective, le salaire de la classe 1 est effectivement fixé à 10,67 $/h. Or, aucun employé n'est payé en vertu de la classe 1 actuellement et un seul poste y est attitré, celui d'aide-magasinier. Dans les faits, il serait payé 10,75 $/h, soit au salaire minimum du Québec. Le syndicat demande un salaire minimal de 15 $/h. Le salaire moyen actuel est de 17,09 $/h.
Augmentation salariale proposée : 

  • Ce que rapporte le syndicat : 2 % par an sur 4 ans
  • Ce que dit la direction : 9,4 % pour 4 ans (2,35 %/an)
  • Précision : La direction se base notamment sur l'inflation en vertu de l'Indice du prix à la consommation (IPC) et estime que son offre est supérieure aux prévisions. Le syndicat demande autour de 3 % par an puisque les salaires d'entrée, eux, ne « seraient bonifiés que de 1 % par an ».
***

En nombre

279 employés syndiqués

86 employés permanents

193 employés à temps partiel, occasionnels, saisonniers

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