Inquiétudes sur un lancer de lanternes au sommet du mont Royal

Le belvédère du mont Royal... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Le belvédère du mont Royal

Photo David Boily, archives La Presse

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Sur papier, l'idée peut sembler séduisante : relâcher simultanément des milliers de lanternes chinoises dans le ciel de Montréal depuis le sommet du mont Royal. En pratique, la Ville de Montréal craint qu'un tel événement prévu lundi soir ne représente un important risque d'incendie.

Des milliers de personnes ont indiqué sur les réseaux sociaux vouloir participer à un événement s'inspirant des festivals de lanternes en Asie. «Simples à faire et biodégradables, nous assurons que les lanternes ne seront pas nuisibles à l'environnement ni à la ville. L'événement est fait pour rassembler et célébrer en harmonie», disent les organisateurs, donnant un lien Internet pour montrer comment en fabriquer.

«Ce sera le moment pour vous de vous débarrasser de vos soucis, de tout ce stress et de le laisser s'envoler dans le ciel au même moment que vous ferez un voeu», clament les organisateurs.

Voilà, le niveau de stress de Montréal risque d'être inversement proportionnel puisque ces événements ont fréquemment entrainé des dérapages. «Le déploiement de centaines, voire de milliers de lanternes ont entraîné des conséquences désastreuses ailleurs dans le monde, tant aux plans de la sécurité publique (incendies) que de l'intégrité des milieux naturels (déchets nombreux et non dégradables, piétinement de milieux fragiles, etc.)», a expliqué Renée Pageau, porte-parole de Montréal.

La métropole ajoute que ce type d'«événement représente un risque d'incendie non contrôlé, c'est le vent qui décide où les lanternes iront se poser, parfois avec les brûleurs toujours actifs. Dans un milieu urbain comme Montréal, la situation pourrait être désastreuse en termes de dommages.»

Les résidants de Smethwick, en banlieue de Birmingham, en Angleterre, connaissent bien les risques de ces lanternes. Pendant trois jours en juin 2013, un dépôt de matériaux de plastique a brulé après la chute de l'une d'entre elles.

Plus de 200 pompiers avaient été réquisitionnés pour combattre l'incendie et trois d'entre eux avaient dû être hospitalisés après avoir été incommodés par les fumées. Le chef des pompiers de la ville avait indiqué qu'il ne s'agissait pas du premier incident causé par ces lanternes, mais bien le 15e.

Plus récemment, un incendie de forêt au Wisconsin survenu en février dernier aurait été causé par des lanternes chinoises relâchées lors d'une fête communautaire. En une heure à peine, l'équivalent de 10 terrains de football de forêt a brulé.

Les lancers de lanternes sont devenus si fréquents aux États-Unis que la National Fire Protection Association a recommandé d'interdire les lanternes chinoises, ce que 30 États américains ont fait depuis. «Ces lanternes peuvent voyager jusqu'à près de deux kilomètres», souligne l'organisation. Et une fois relâchées, elles sont impossibles à contrôler. «Une lanterne peut tomber sur le toit d'un bâtiment, dans un champ ou des lignes électriques.»

Vague d'événements spontanés

Ce n'est pas la première fois qu'un événement connaissant un fort engouement sur les réseaux sociaux soulève l'inquiétude de la Ville de Montréal. L'été dernier, un groupe avait tenté d'organiser une imposante bataille de pistolets à eau au parc Lafontaine, événement auquel 39 000 personnes avaient dit vouloir participer. Les organisateurs avaient finalement renoncé quand l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal leur avait souligné qu'ils devaient obtenir un permis.

À l'été 2014, un autre groupe avait tenté d'organiser une descente du canal Lachine en tubes pneumatiques. L'aventure avait aussi été annulée en raison de la trop forte popularité.

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