Gérer la circulation avec des policiers: ça coûte cher

Difficile d'évaluer le nombre précis de policiers affectés... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Difficile d'évaluer le nombre précis de policiers affectés à la circulation. Projet Montréal a estimé que de 60 à 250 policiers étaient présents aux intersections, selon la journée dans la semaine.

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Montréal paie près de trois fois plus cher que Vancouver pour assurer la fluidité de sa circulation aux abords des chantiers, dénonce Projet Montréal. Disant être contrainte de recourir aux policiers pour effectuer cette tâche en vertu de leur convention collective, l'administration Coderre dit vouloir confier ce travail à des employés civils, mais se bute au refus de leur syndicat.

L'opposition à l'hôtel de ville a de nouveau talonné l'administration Coderre sur le recours aux policiers pour gérer la circulation. Payés en heures supplémentaire pour cette tâche, les agents coûtent ainsi 60$ de l'heure. À Vancouver, la tâche est confiée à des civils qui touchent 22 $ de l'heure, soit près de trois fois moins.

La facture en heures supplémentaires pour les policiers augmente d'année en année. De 4,4 millions en 2014, elle a atteint 8 millions en 2015. Et tout indique qu'elle sera plus élevée encore en 2016 avec la multiplication des chantiers. Lors de la présentation des résultats financiers pour le premier trimestre de l'année, Montréal anticipait que la surveillance des chantiers coûterait 10,7 millions durant l'exercice financier en cours.

Difficile d'évaluer le nombre précis de policiers affectés à la circulation. Projet Montréal a estimé que de 60 à 250 policiers étaient présents aux intersections, selon la journée dans la semaine.

Le conseiller Alex Norris  estime que recourir aux agents est à la fois une mauvaise utilisation des fonds publics et une mauvaise utilisation du temps de ceux qui pourraient répondre à des appels plus importants, comme pour résoudre les cambriolages.

Projet Montréal demande au maire Coderre de faire de cet enjeu un sujet de négociation prioritaire dans le renouvellement de la convention collective de la Fraternité des policiers de Montréal. Alex Norris souhaite aussi que la Ville mise davantage sur les feux intelligents, qui peuvent être contrôlés à distance et ne nécessitent pas la présence d'une personne à proximité pour les actionner.

Cet enjeu fait bel et bien partie des négociations depuis février 2015, assure Anie Samson, élue responsable de la sécurité publique au sein de l'administration Coderre. La Fraternité des policiers refuse toutefois catégoriquement de céder sur ce point. «On dit souvent que ça prend deux personnes pour danser le tango, eh bien notre proposition est sur la table, mais la Fraternité refuse. On devra aller en arbitrage sur ce point parce qu'on est attaché en ce moment par cette convention collective», a indiqué l'élue.

Montréal réfléchit déjà à des solutions à la surveillance des chantiers par les policiers. Anie Samson dit avoir rencontré il y a quelques semaines à peine des représentants des signaleurs routiers, qui se disent prêts à effectuer cette tâche.

La Fraternité des policiers a pour sa part préféré ne pas commenter, disant ne pas vouloir négocier sur la place publique. Les négociations sont au point mort entre la Ville et le syndicat. Aucune date d'arbitrage n'a été fixée pour le moment.

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