Chantier du projet Turcot: de nouveaux vestiges archéologiques découverts

Le site d'une tannerie bien conservée datant possiblement de la fin du... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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Le site d'une tannerie bien conservée datant possiblement de la fin du 18e siècle découverte la semaine dernière par des travailleurs du chantier du projet Turcot sera bientôt étudié, avant d'être détruit par les travailleurs du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports.

« Les fouilles devraient prendre deux à trois semaines en principe, et ne devraient pas avoir un impact sur les travaux du chantier », a expliqué Sarah Bensadoun, porte-parole du ministère des Transports, en point de presse lundi devant les vestiges, à l'intersection des rues St-Jacques et de Courcelle, dans le quartier Saint-Henri.

Cinq bassins de forme rectangulaire, avec une cuve circulaire qui servait au traitement des peaux dans les tanneries, ont été découverts le 4 mai. L'an dernier, quatre tanneries avaient été découvertes à quelques centaines de mètres de là, a expliqué Frank Rochefort, archéologue au ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports.

« Ce qui est intéressant, c'est que la tannerie que l'on vient de découvrir est pratiquement intacte. Celles que l'on avait découvertes l'an dernier étaient assez endommagées », a dit M. Rochefort, qui affirme que les fouilles se dérouleront dans un espace d'environ 120 mètres carrés.

Pour le président de la Société historique de Saint-Henri, Guy Giasson, il est « inacceptable » que les ingénieurs de ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports aient pris la décision de démolir ce site unique après l'avoir étudié.

« Au lieu de changer leurs plans de quelques pieds, les ingénieurs détruisent des vestiges d'excellente qualité. L'endroit aurait très bien pu être conservé et mis en valeur. On parle du premier site industriel du Canada ici, dont les premières installations datent de l'époque de Jean Talon. Ce n'est pas rien. »

M. Giasson rappelle que le village situé à cet endroit était composé de tanneurs, de cordonniers et d'autres artisans liés aux métiers du cuir. Les tanneries ont été en plein essor jusqu'au début du 19e siècle, au moment où elle se sont industrialisées et se sont déplacées dans le secteur du Canal de Lachine.

« Encore une fois, on observe la complète insensibilité du ministère des Transports, qui ne veut pas voir l'importance historique du site des tanneries. »

M. Rochefort a dit que les artéfacts éventuellement retrouvés sur le site lors des fouilles des prochaines semaines seraient remis à la Ville de Montréal.

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