Train électrique: le PQ s'inquiète de voir l'Est négligé

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Les députés péquistes de l'Est de Montréal craignent de voir leurs citoyens être laissés pour compte dans le sillage du mégaprojet de train électrique de 5,5 milliards $ présenté par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), vendredi.

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En conférence de presse, lundi à Montréal, certains d'entre eux ont pris bien soin de répéter qu'ils sont en faveur du projet, mais ont ajouté qu'il crée un déséquilibre dans l'offre de transport que le gouvernement devra corriger.

«Ce n'est pas d'être contre ce qui est proposé, mais c'est de voir qu'il y a un manque d'équilibre dans l'ensemble de l'offre», a expliqué le député de Rosemont, Jean-François Lisée.

Ils ont ainsi fait valoir que l'Est de Montréal attend depuis des années le prolongement de la ligne bleue du métro, une desserte rapide sur le boulevard Pie IX et un réaménagement de la rue Notre-Dame.

M. Lisée a notamment rappelé que Québec et Ottawa qualifiaient de prioritaire le prolongement de la ligne bleue du métro dans l'Est jusqu'à la semaine dernière et s'est inquiété de voir les pouvoirs publics aveuglés par le nouveau projet de la Caisse.

«Est-ce que ce qui était une priorité pour le financement de Québec et d'Ottawa, qui était la ligne bleue jusqu'à la semaine dernière, n'est plus la priorité parce qu'il y a un besoin de financement pour le nouveau réseau de la Caisse de dépôt?» s'est interrogé le député.

Il réclame maintenant un échéancier et une prévision de coûts rapidement pour ce projet, craignant qu'il retombe sur la liste d'attente et que les pouvoirs publics concentrent leurs efforts strictement vers le nouveau projet de la Caisse.

«Lorsqu'on regarde à l'horizon 2020-21-22, il y a des choses qui vont se réaliser au centre et à l'ouest, mais il n'y a aucune certitude que quoi que ce soit va se réaliser à l'est et ça, ce n'est pas acceptable», a-t-il dit.

Étude des besoins réclamée

La porte-parole péquiste en matière de transports, Martine Ouellet, réclame pour sa part l'étude «qui a permis (à la CDPQ) de décider que les plus grands besoins étaient dans l'Ouest de l'île et non pas dans l'Est de l'île, pour comprendre effectivement la logique de la Caisse de dépôt et de placement pour localiser l'ensemble de ses stations et de son réseau dans l'Ouest de l'île de Montréal».

Le projet de la Caisse fait toutefois suite au mandat qu'elle avait reçu de présenter un projet de système léger sur rail (SLR) pour relier la Rive-Sud au centre-ville sur le futur pont Champlain et un lien entre le centre-ville et l'aéroport Montréal-Trudeau.

Bien que la Caisse ait surpris un peu tout le monde avec son ambitieux projet, elle ne visait pas à revoir l'offre de transport collectif dans l'ensemble de la métropole.

La demande de rééquilibrer l'offre de transport vise donc davantage les pouvoirs publics que la Caisse, bien que Mme Ouellet estime qu'il serait utile de voir s'il ne serait pas avantageux d'analyser la possibilité d'étendre dans l'Est la technologie proposée par la Caisse.

Philippe Couillard se veut rassurant

Le premier ministre Philippe Couillard, qui se trouvait à Montréal pour participer au Forum Innovation aérospatiale, n'a pas tardé à réagir à ces inquiétudes, cherchant à rassurer tout le monde.

«Il ne faut pas qu'on se sente abandonné (dans l'Est de Montréal)», a d'abord déclaré le premier ministre, en rappelant d'une part que le train de l'Est inauguré en décembre 2014 transporte quelque 11 000 personnes par jour.

Puis, il a réaffirmé le statut «prioritaire» du projet de prolongement de la ligne bleue.

«Notre deuxième priorité, au même niveau que le projet de la Caisse, (...) c'est la ligne bleue», a-t-il dit.

«La prolongation du métro, c'est une des trois priorités que j'ai l'intention de mettre sur le bureau de M. (Justin) Trudeau», a affirmé le premier ministre en faisant référence aux demandes qui devront être faites au fédéral pour obtenir une partie des sommes qu'Ottawa compte investir dans les infrastructures.

M. Couillard a indiqué que ces projets de transport collectif sont des «priorités écologiques», car ils contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à augmenter la qualité de vie en milieu urbain.

«C'est l'avenir du Québec et du Canada», a conclu le premier ministre.

Couillard convaincu du respect de l'échéancier

L'échéancier de 2020 proposé par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CPDQ) pour la mise en service de son mégaprojet de transport collectif de 5,5 milliards $ n'est pas trop ambitieux, croit le premier ministre Philippe Couillard.

En marge du Forum Innovation d'Aéro Montréal, lundi, au Palais des congrès de Montréal, M. Couillard a affirmé que la Caisse avait déjà démontré sa capacité à respecter ses engagements dans le passé.

Il a notamment donné en exemple la Canada Line - le métro aérien reliant l'aéroport au centre-ville de Vancouver - dans laquelle la CDPQ détient une importante participation. Ce projet d'environ 2 milliards $ avait été livré en octobre 2009, soit près de quatre mois avant l'échéance prévue, ainsi que dans le respect des budgets.

«Nous avons devant nous des professionnels aguerris qui ont démontré partout dans le monde leur capacité à respecter leurs engagements», a estimé M. Couillard au cours d'une mêlée de presse.

Celui-ci a toutefois concédé que son gouvernement devra se mettre en «mode exécution», notamment en ce qui a trait à l'analyse environnementale du projet.

M. Couillard estime que le projet présenté vendredi dernier par CDPQ Infra permet à la population de se remettre à rêver à de grands projets, ajoutant n'avoir jamais vu une aussi belle annonce pour Montréal depuis la création du métro.

«C'est une nouvelle génération, une nouvelle vision pour Montréal, a estimé le premier ministre. Cela prouve que l'on peut diminuer les émissions de gaz à effet de serre et favoriser le développement économique.»

Le Réseau électrique métropolitain (REM) propose un circuit de train électrique de 67 kilomètres reliant tant la Rive-Sud que la Rive-Nord jusqu'à Deux-Montagnes en passant par Laval, de même que l'aéroport Trudeau et l'Ouest de l'île jusqu'à Sainte-Anne-de-Bellevue.

CDPQ Infra prévoit être l'opérateur du réseau et faire ses frais sur la rentabilité à long terme, les éventuels profits étant par la suite versés à la Caisse.

La filiale de la CDPQ prévoit investir 3 milliards $ de ses propres fonds, le reste des 5,5 milliards $ devant provenir de Québec et d'Ottawa, une structure qui n'a pas surpris M. Couillard.

«J'ai l'intention d'interpeller M. (Justin) Trudeau et de discuter avec lui de nos trois grandes priorités en matière de transport en commun; le projet de la CDPQ, le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et le projet de SRB à Québec», a affirmé le premier ministre.

Si son gouvernement s'attendait à devoir prendre une participation dans ce projet, M. Couillard n'a pas voulu s'avancer sur la répartition des sommes à injecter par les deux paliers de gouvernement.

Il a par ailleurs rejeté les critiques affirmant que l'Est de Montréal était laissé pour compte, expliquant que le prolongement de la ligne bleue du métro arrivait au deuxième rang des priorités en matière de transport collectif dans la métropole.

- Julien Arsenault, La Presse Canadienne

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