Pont Mercier: réparer ou reconstruire?

Les dommages les plus significatifs du pont Mercier touchent... (PHOTO SIMON GIROUX, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les dommages les plus significatifs du pont Mercier touchent la structure amont, en direction de la Rive-Sud. La structure aval, qui supporte les voies de circulation en direction de Montréal, construite en 1963, est en bien meilleur état, et ne nécessite pas d'interventions majeures pour le moment.

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Bruno Bisson
La Presse

Le gouvernement du Québec devra décider d'ici la fin de 2016 si la plus ancienne section du pont Honoré-Mercier, entre Montréal et la Rive-Sud, subira de grands et coûteux travaux de réfection, ou si elle sera purement et simplement remplacée par une nouvelle structure, dont la construction pourrait coûter des centaines de millions de dollars.

Cinq ans après une fermeture d'urgence décrétée en raison de doutes soulevés quant à sa sécurité à l'été de 2011, la structure amont du pont, en direction de la Rive-Sud, montre toujours des signes évidents de fatigue et d'usure qui nécessiteront encore cette année des travaux curatifs, estimés entre 5 et 10 millions de dollars par le ministère des Transports du Québec (MTQ).

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Lors de la plus récente inspection générale menée sur le pont Mercier, entre les mois d'avril et de novembre 2015, des ingénieurs ont accumulé plus de 450 relevés de bris et de dommages sur la plus ancienne partie du pont, inaugurée en 1934.

Dans plus de 130 cas - soit presque 30 % de tous les dommages signalés - les défauts relevés sur des éléments d'acier ou de béton sont de nature à réduire la capacité de ces éléments à supporter les charges, selon le rapport.

Les dommages les plus significatifs touchent la structure amont du pont Mercier, en direction de la Rive-Sud. La structure aval, qui supporte les voies de circulation en direction de Montréal, construite en 1963, est en bien meilleur état, et ne nécessite pas d'interventions majeures pour le moment.

Toutefois, l'ensemble du tablier de la section provinciale du pont Mercier doit être remplacé. Les trottoirs, interdits d'accès depuis une éternité, montrent des « défauts de matériaux présentant un danger très important ». Des glissières en béton de type « New Jersey » bordent les voies de circulation depuis plus de cinq ans, parce que les garde-fous originaux du pont ne sont plus sécuritaires.

Sur le pont amont, la structure d'acier présente de grandes sections couvertes par une épaisse couche de rouille. Des membrures d'acier sont perforées, d'autres se déforment à l'impact lorsque les ingénieurs qui inspectent l'ouvrage les frappent avec leur marteau. Dans certains cas, le coup suffit à défoncer l'acier.

Le rapport d'inspection de novembre 2015 signale, à des dizaines de reprises, des « défauts de matériaux affectant la capacité de façon très importante ». Plusieurs des piles de béton montrent de larges fissures qui laissent voir des armatures d'acier rouillées, ou même sectionnées. Les signes de défoncement de la dalle de béton sont « multiples ».

« MIEUX QU'ANTICIPÉ »

Malgré les centaines de relevés de dommages présentés dans le plus récent rapport d'inspection du pont, l'ingénieure Valérie Maltais, chef de service à la direction des projets routiers stratégiques du MTQ, estime que « le pont se comporte très bien, peut-être même mieux que ce [qu'ils avaient] anticipé ».

Selon elle, des opérations de nettoyage par jets de sable (sandblast) ont notamment révélé que sous la couche de rouille qui recouvre l'acier, on trouve « des éléments troués sur lesquels on doit intervenir, mais aussi des structures qui sont parfois très belles ».

Mme Maltais ajoute que certains des dommages relevés dans le rapport d'inspection « ne représentent souvent que 5 % à 10 % d'un élément complet ».

«Ainsi, même s'il y a un trou dans l'acier, et que c'est désagrégé, on peut intervenir rapidement parce que nous sommes présents sur le pont de façon constante. Cela permet d'installer une plaque et de reprendre les charges perdues par ce trou-là.»

Valérie Maltais
Chef de service à la direction des projets routiers stratégiques du MTQ

Dans le Plan québécois des infrastructures, Québec a réservé quelque 277 millions de dollars pour « le maintien d'actifs » des sections provinciales du pont Mercier. La moitié de cette somme est déjà dépensée. Depuis la fermeture d'urgence de 2011, le MTQ a investi jusqu'à 15 millions par année sur la conservation de la structure amont du pont Mercier, et une somme de 140 millions reste disponible pour des réparations, en attendant la décision finale de Québec quant à l'avenir du pont.

Ces investissements permettent de « stabiliser » l'état du pont et d'assurer qu'il reste fonctionnel et sûr pour les usagers, mais de l'aveu même de l'ingénieure du MTQ, ils ne suffiront pas à en améliorer l'état général.

Après trois ans d'études où de nombreux scénarios de reconstruction ou de réfection majeure ont été évalués et comparés, le ministère des Transports du Québec prévoit présenter ses recommandations à Québec d'ici l'automne, selon Mme Maltais, responsable de ces études.

Une décision finale quant au sort de cette structure rongée par la rouille, en service depuis plus de 80 ans, est attendue avant la fin de l'année.

Environ 75 000 véhicules traversent chaque jour le fleuve Saint-Laurent en utilisant le pont Honoré-Mercier.

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