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Montréal renonce aux Jeux policiers et pompiers

À un peu plus d'un an des Jeux,... (Photo tirée de la page Facebook de l'événement)

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À un peu plus d'un an des Jeux, la pression de l'appel au boycottage lancé par les pompiers de Montréal à l'automne 2014 se faisait de plus en plus importante.

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Confronté à un appel au boycottage qui ne cessait de prendre de l'ampleur, le maire Denis Coderre a décidé de renoncer à organiser les Jeux mondiaux policiers et pompiers à Montréal en 2017, a appris La Presse. Question de sauver la réputation de la métropole, il propose à son homologue de Toronto, John Tory, de tenir la compétition dans sa ville.

« J'ai décidé d'annuler. Il n'y aura pas de Jeux en 2017 à Montréal », a indiqué Denis Coderre, dans une entrevue accordée à La Presse. La métropole québécoise perd ainsi l'un de ses principaux événements internationaux qui devaient avoir lieu durant les festivités pour son 375e anniversaire de fondation, événement qui devait générer des retombées économiques de 100 millions.

À un peu plus d'un an des Jeux, la pression de l'appel au boycottage lancé par les pompiers de Montréal à l'automne 2014 se faisait de plus en plus importante. Pratiquement tous les syndicats de pompiers du Québec ainsi que les principaux syndicats de policiers canadiens ont invité leurs membres à ne pas prendre part à la compétition. Récemment, d'importants syndicats de pompiers aux États-Unis et en Australie, les deux principaux pays à prendre part à ce type de compétition, ont eux aussi annoncé leur participation au boycottage.

Or, alors que le nombre de compétiteurs - et donc les retombées économiques - risquait d'être faible, les coûts pour Montréal promettaient d'augmenter en flèche. En l'absence de pompiers et de policiers montréalais pour oeuvrer comme bénévoles, les organisateurs auraient eu à embaucher du personnel. Et le risque de manifestations aurait immanquablement fait grimper la facture pour la sécurité.

LES JEUX À TORONTO

Pour éviter d'entacher la réputation de Montréal sur la scène internationale, Denis Coderre s'est entretenu à quelques reprises avec John Tory, ces derniers jours, pour lui proposer de prendre en charge l'événement, ce que ce dernier a accepté d'envisager. Montréal offre de prêter du personnel à Toronto pour faciliter l'organisation. « On va les aider, je ne le laisse pas en plan », dit Denis Coderre. Celui-ci tient d'ailleurs à être clair : s'il annule les Jeux, « ce n'est pas à cause d'un problème d'organisation, c'est un problème politique ».

L'idée de transférer la compétition dans la métropole canadienne est loin d'être farfelue. La Ville Reine avait elle aussi tenté d'obtenir la tenue de ces Jeux en 2017, avant de se faire coiffer par Montréal.

Toronto dispose de toutes les infrastructures nécessaires pour recevoir une compétition sportive mondiale, ayant organisé les Jeux panaméricains en 2015.

Si le projet venait à échouer à Toronto, les Jeux policiers et pompiers qui se tiennent tous les deux ans depuis 1985 risquent bien de tomber à l'eau en 2017, Coderre étant catégorique sur l'annulation de la compétition. « Vous n'en voulez pas ? O.K. », dit-il.

Le maire dit avoir fait part de son plan pour sauver l'édition 2017 des Jeux policiers et pompiers au principal dirigeant de la Fédération mondiale, Mike Graham. Celui-ci aurait accueilli positivement l'idée. C'est la première fois que l'événement se trouve ainsi mêlé à un conflit syndical, avait affirmé ce dernier à La Presse lors d'une entrevue. Celui-ci était d'autant plus surpris que ce type d'événement est organisé à la demande des policiers et pompiers.

Montréal a déjà dépensé « quelques millions » pour la tenue de cet événement dont le budget devait être d'un peu plus de 20 millions. Le maire estime que cet argent n'est pas entièrement perdu puisqu'une partie a servi à mettre à jour certaines installations sportives qui devaient servir aux compétitions. Les Montréalais en bénéficieront.

Les voix se faisaient pressantes pour annuler l'événement, notamment au sein de l'opposition à l'hôtel de ville qui craignait de voir Montréal en sortir avec une importante dette comme lors des Jeux de la FINA et des Outgames.

HÔTELIERS PRIVÉS D'UNE MANNE

« C'était la décision à prendre quand tu mets tout en perspective », se désole Yves Lalumière, président de Tourisme Montréal. Même s'il est peu connu du grand public, l'événement aurait attiré des dizaines de milliers de personnes. Les éditions précédentes ont attiré en moyenne 10 000 athlètes - la majorité étant accompagnés de leur famille - qui restent en moyenne cinq ou six jours. Une manne pour les hôteliers.

Bien que ces touristes auraient été les bienvenus, Yves Lalumière assure que la saison touristique n'est pas à l'eau pour autant. « S'il y a un moment où on peut aller chercher des touristes pour remplacer ceux qu'on perd, c'est bien en juillet 2017 », assure-t-il, plus de 200 événements devant avoir lieu dans le cadre du 375e.

Le projet d'attirer les Jeux policiers et pompiers avait débuté en 2010 sous la gouverne de l'ex-chef de police Yvan Delorme. L'ex-maire Gérald Tremblay avait activement fait campagne pour attirer la compétition à Montréal, se rendant à New York à l'été 2011 pour soutenir la candidature de sa ville. Signe de l'ampleur qu'on souhaitait donner à l'événement, on envisageait d'utiliser le Stade olympique dans le cadre des Jeux.

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