Villeray impose de lourdes pénalités à un entrepreneur

À l'origine, les travaux de réfection de la... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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À l'origine, les travaux de réfection de la piscine du Patro Le Prévost devaient prendre fin en mars 2014, mais la piscine n'a rouvert qu'en février 2015. De plus, celle-ci a dû être à nouveau fermée quelques mois plus tard après la découverte de moisissures.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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La Ville de Montréal compte imposer des pénalités de plus de 400 000 $ à un entrepreneur en raison d'un important retard dans la livraison de l'un de ses chantiers. Cosoltec se défend d'avoir traîné les pieds dans la réfection de la piscine du Patro Le Prévost, blâmant l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension pour les délais qui se sont accumulés pendant toute la durée des travaux.

En août 2013, l'arrondissement a confié à l'entreprise de Laval un mandat de 3,4 millions pour restaurer la piscine du Patro Le Prévost, dont elle est propriétaire. À l'origine, les travaux devaient prendre fin en mars 2014, mais la piscine n'a rouvert qu'en février 2015. De plus, celle-ci a dû être à nouveau fermée quelques mois plus tard après la découverte de moisissures.

Cosoltec affirme qu'une importante partie des délais est due à la «méconnaissance assez pathétique» de Villeray du bâtiment. L'arrondissement reconnaît d'ailleurs que les plans utilisés remontaient aux années 40 et n'étaient pas complets. Villeray a ainsi accepté de payer 280 000 $ de plus que les 3,4 millions prévus au départ en raison des nombreux délais et la centaine de changements au projet décrétés en cours de route en raison des nombreuses «surprises» que réservait le chantier.

Zèle et laxisme?

Les choses se sont toutefois mises à déraper à la fin de l'été 2014 quand est venu le temps d'installer un nouveau joint de dilatation dans la piscine. Cosoltec explique que l'un de ses sous-traitants s'est trompé, n'utilisant pas le produit prescrit par Montréal, mais un autre, équivalent. 

Cette erreur a toutefois paralysé le chantier pendant trois mois, dit Cosoltec. Un responsable à la Ville aurait pris tout ce temps pour accepter de poursuivre les travaux sans remplacer le joint de dilatation. «C'est du zèle de l'architecte et du laxisme au niveau des prises de décision. Trois mois pour prendre une décision sur un joint de dilatation, c'est ridicule», déplore Jean-Marc Cormier.

Problème de moisissures

L'arrondissement plaide toutefois aujourd'hui que le joint de dilatation a mal été installé et que cela pourrait entraîner de plus importants problèmes à long terme. On a également découvert de la moisissure sur le joint, d'où la décision de fermer à nouveau la piscine en août 2015, soit six mois à peine après sa réouverture.

Cosoltec nie toutefois catégoriquement que ses travaux soient à l'origine de la présence de moisissures. «Les joints ne produisent pas de moisissure: c'est le seul endroit sur lequel la moisissure va se coller. C'est un problème de contamination qui n'a pas de lien avec nos travaux», dit Jean-Marc Cormier.

Insatisfait des mesures correctrices mises en place, l'arrondissement dit avoir décidé de changer d'entrepreneur en décembre dernier. 

C'est Piscine Soucy qui a terminé le chantier, pour 97 000 $.

Estimant que Cosoltec est responsable d'une partie des retards au chantier, l'arrondissement a décidé de lui imposer des pénalités. Au départ, l'entrepreneur dit avoir reçu une réclamation pour 203 jours de retard. À 2700 $ par jour, la facture était de 550 000 $. Villeray a révisé sa réclamation à la baisse, réclamant pour 157 jours de retard, soit 425 000 $. Cosoltec conteste une telle pénalité.

Fermée depuis août 2015, la piscine devrait rouvrir d'ici quelques jours. «On est en rodage avec les systèmes qu'on remet en marche. On veut s'assurer qu'ils fonctionnent bien», dit Mme Beaudreault.

Cosoltec remporte fréquemment des appels d'offres de la Ville de Montréal. La Presse a trouvé neuf contrats au cours des trois dernières années, pour un total de 24 millions.

***

CHRONOLOGIE

Août 2013 : L'arrondissement confie à Cosoltec le mandat de réfection de la piscine du Patro Le Prévost, travaux qui doivent se terminer en mars 2014.

Février 2015 : Après un important retard sur l'échéancier initial, la piscine rouvre enfin ses portes.

Août 2015 : La piscine est à nouveau fermée après la découverte de moisissures et de problèmes avec un joint.

Décembre 2015 : L'arrondissement change d'entrepreneur, se disant insatisfait du travail de Cosoltec.

Mars 2016 : La piscine doit rouvrir «d'ici quelques jours», assure l'arrondissement.

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