Denis Coderre porte son combat contre Uber en commission parlementaire

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M. Coderre a souligné que la saisie de véhicules s'avère insuffisante comme moyen de dissuasion, puisque Uber compense systématiquement les chauffeurs et finance la récupération des véhicules par la suite, d'où son appui à la saisie des permis de conduire des chauffeurs.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Denis Coderre s'est rangé derrière l'idée de suspendre le permis de conduire des chauffeurs d'Uber qui sont pris sur le fait.

Le maire de Montréal est allé défendre mercredi son opposition au service de transport UberX dans sa forme actuelle devant la Commission des transports à Québec, qui tient des audiences sur le transport rémunéré de personnes par automobile.

Denis Coderre y a défendu les mêmes arguments qu'il avance depuis l'apparition d'Uber, à savoir que ces services sont illégaux en vertu des lois sur le taxi, qu'il s'agit d'une concurrence déloyale et qu'il est nécessaire de faire des gestes pour enrayer ces activités d'ici à ce qu'elles soient encadrées.

M. Coderre a cependant souligné que la saisie de véhicules s'avère insuffisante comme moyen de dissuasion, puisque Uber compense systématiquement les chauffeurs et finance la récupération des véhicules par la suite, d'où son appui à la saisie des permis de conduire des chauffeurs.

«Je pense qu'il faut saluer (le ministre des Transports) Jacques Daoust, a dit le maire à la sortie de la commission parlementaire. Il a été très clair au niveau du transport illégal: c'est inacceptable. Et j'ai demandé des choses au niveau des saisies. J'étais tout à fait d'accord avec la saisie du permis de conduire.»

Un éventuel encadrement, selon lui, devra d'une part comprendre des normes pour encadrer la pratique et assurer la sécurité des clients et des chauffeurs.

«On ne joue pas avec la sécurité des gens, on ne joue par avec la sécurité des chauffeurs. On veut se donner un cadre réglementé parce que sinon, n'importe qui va arriver comme ça et on ne respectera plus rien», a laissé tomber M. Coderre.

Mais surtout, il croit fermement qu'il faudra trouver des moyens pour compenser les détenteurs de permis de taxi qui ont déboursé des centaines de milliers de dollars pour ces permis, des équipements de communication et de tarification et des assurances spécifiques, entre autres.

«On ne peut pas discuter de l'avenir du taxi sans parler de la question financière de la compensation», a déclaré le maire devant les commissaires.

M. Coderre avait toutefois davantage de questions que de réponses quant à la méthode de compensation.

«Par compensation, qu'est-ce qu'on entend? Vous allez acheter tous les permis?» a lancé le maire aux parlementaires.

M. Coderre s'est dit fort conscient de l'obstacle que représente cette démarche, puisque la valeur totale des permis est estimée à 1,3 milliard $, un chiffre qui a amené le ministre Daoust à livrer une pointe d'humour en faisant référence à l'aide gouvernementale récemment consentie à Bombardier pour la CSeries.

«La dernière fois que j'ai demandé 1,3 milliard $, on en parle encore au Parlement, vous savez», a lancé le ministre, provoquant plusieurs rires dans la salle.

Denis Coderre s'est dit rassuré à l'issue de sa comparution devant les parlementaires, disant avoir constaté «une belle communion d'esprit» avec les membres de la commission, tous partis confondus.

De son côté, le porte-parole de l'industrie du taxi, Guy Chevrette, s'est réjoui de l'«attitude responsable» du maire Coderre, notant surtout «une cohérence et une constance dans ses propos».

M. Chevrette, qui a été embauché comme négociateur pour le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), estime également que la saisie du permis de conduire représente le meilleur moyen de dissuasion dans le contexte actuel.

«Il faut absolument que ce soit l'individu complice, le crime d'association. Il faut que ces gens-là soient pénalisés et immédiatement», a affirmé M. Chevrette, faisant valoir que les saisies de véhicules ne servent à rien puisqu'Uber, une multinationale aux coffres extrêmement bien garnis, assume tous les frais pour récupérer les véhicules saisis.

Selon lui, Québec n'a pas le luxe d'étudier très longtemps le dossier d'Uber: «Le défi de M. Daoust, c'est d'arriver à se donner des moyens à très très court terme. Il ne peut pas laisser traîner.»

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