Car2Go demande l'accès aux voies réservées

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Car2Go «est un transport alternatif qui réduit le nombre d'automobiles», fait valoir Jérémi Lavoie, directeur général de la section montréalaise de l'entreprise.

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L'entreprise Car2Go demande que les voitures en libre-service puissent rouler dans les voies réservées de Montréal. L'administration Coderre dit avoir entrepris une réflexion à ce sujet, mais l'opposition, malgré son soutien à l'autopartage, estime que la métropole ferait fausse route en lui ouvrant la voie.

Car2Go vient de s'inscrire au Registre des lobbyistes pour « effectuer des démarches afin d'obtenir une autorisation pour que les véhicules servant aux services d'autopartage en libre-service puissent accéder aux voies réservées ». L'entreprise estime que ses véhicules devraient être autorisés à y circuler au même titre que les taxis. «C'est un transport alternatif qui réduit le nombre d'automobiles», résume Jérémi Lavoie, directeur général de la section montréalaise de l'entreprise.

L'administration Coderre affirme avoir reçu plusieurs demandes pour ouvrir ses voies réservées, que ce soit à l'autopartage ou aux voitures électriques. «Nous menons actuellement une réflexion avec la STM [Société de transport de Montréal] quant aux différentes options qui pourraient être envisagées», indique Andrée-Anne Toussaint, attachée de presse au comité exécutif de Montréal.

Cette réflexion sur l'ouverture des voies réservées à l'autopartage a lieu dans le contexte où l'administration Coderre a annoncé au printemps 2015 son intention de doter Montréal d'un réseau de 1000 véhicules électriques en libre-service. Soulignons que le comité exécutif, soit la garde rapprochée du maire Coderre, a le pouvoir de déterminer les catégories de véhicules pouvant rouler dans les voies réservées sur son territoire.

«Pas assez de voies», dit l'opposition

Malgré son appui à l'autopartage en libre-service, l'opposition à l'hôtel de ville de Montréal ne croit pas que la métropole devrait ouvrir ses voies réservées à ces véhicules. «On soutient le mouvement de l'autopartage parce qu'on croit qu'il peut aider à réduire l'utilisation et l'achat de l'automobile, mais malgré cela, on croit que la congestion dans les zones denses est surtout un problème pour les autobus. Beaucoup de lignes sont saturées et il n'y a pas assez de voies réservées», dit Craig Sauvé, conseiller de Projet Montréal.

Des centaines de milliers de voitures circulant dans la région de Montréal - plus de 750 000 sont immatriculées seulement dans l'île -, Car2Go estime que ses 460 voitures ne représenteraient qu'une goutte d'eau dans l'océan. L'opposition rappelle toutefois que «les planificateurs comptent en secondes, et [qu']il faut préserver l'efficacité des voies qu'on a», ajoute Craig Sauvé.

L'Agence métropolitaine de transport, qui dispose d'une centaine de kilomètres de voies réservées dans la région, s'est dite ouverte à y voir circuler les voitures en libre-service. On estime toutefois que plusieurs corridors ne seraient pas propices à leur arrivée pour des questions de sécurité, comme les accotements.

En incluant les autoroutes qui relèvent du ministère des Transports, Montréal compte actuellement 40 axes dotés de voies réservées, pour un total de 208 km.

Des voies de moins en moins exclusives

AUTOBUS : Montréal dispose de voies réservées pour ses autobus au moins depuis 1989, la première ayant été aménagée sur le boulevard Pie-IX. Au début des années 90, la STCUM (ancêtre de la STM) décide de miser sur celles-ci pour concurrencer la voiture et mettre fin au déclin de sa clientèle, qui durait depuis 10 ans.

TAXIS : Les taxis ont obtenu la permission d'utiliser les voies réservées en 1992, avec l'implantation d'une telle mesure préférentielle sur l'avenue du Parc. Leur arrivée ne s'est toutefois pas faite sans heurt, puisque des chauffeurs ont reçu des contraventions pour s'être immobilisés dans ces voies afin de prendre ou laisser des clients. Ils avaient contesté leurs amendes jusqu'en Cour suprême.

COVOITURAGE : Les automobilistes peuvent circuler dans certaines voies réservées s'ils pratiquent le covoiturage, c'est-à-dire si leur voiture transporte au moins deux passagers. Actuellement, deux voies à Montréal le permettent, sur les boulevards Saint-Jean (depuis 2012) et Des Sources (2015).

VOITURES ÉLECTRIQUES : Question d'encourager l'électrification des transports, le gouvernement du Québec a commencé à ouvrir les voies réservées aux voitures électriques après avoir mené un projet-pilote à Québec à la fin de 2014. Le rapport final avait noté que leur ajout avait eu un «impact minime sur la fluidité de la voie réservée, puisque leur nombre, pour l'instant, se limite à une dizaine à l'heure».

VÉLOS : Montréal étudie depuis quelques années l'idée d'ouvrir les voies réservées aux vélos, comme cela se fait dans certaines villes européennes, américaines, mais aussi québécoises. Un projet-pilote est d'ailleurs en cours sur le boulevard Viau.

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