Un policier en civil a dégainé son arme lors d'une manifestation

«Les policiers étaient encerclés. Ils n'avaient pas d'autres... (PHOTO FÉLIX O.J. FOURNIER, COLLABORATION SPECIALE)

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«Les policiers étaient encerclés. Ils n'avaient pas d'autres portes de sortie», a expliqué le commandant Lafrenière.

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Un policier en civil qui était encerclé par des manifestants non armés a sorti son pistolet parce qu'il «craignait pour sa vie», a déclaré mardi Ian Lafrenière, commandant au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Cette situation critique est survenue vendredi soir à la toute fin d'une manifestation contre l'austérité qui s'est soldée par huit arrestations pour agression armée, entrave, menace et voies de fait.

Vers 21h, la manifestation à laquelle avaient pris part environ 150 personnes tirait à sa fin, moins d'une heure après son départ du parc Émilie-Gamelin. Près de la rue Logan, dans le quartier Centre-Sud, des manifestants étaient rassemblés près de deux policiers habillés en civil. Les manifestants les ont alors accusés d'être des policiers d'infiltration, puisque ces derniers avaient participé incognito à la marche.

«Les policiers étaient encerclés. Ils n'avaient pas d'autres portes de sortie. Ils se sont identifiés et ont crié qu'ils étaient policiers. Ils ont demandé aux gens de reculer, mais ça n'a pas fonctionné», a expliqué le commandant Lafrenière. Un des policiers a alors dégainé son arme de service et l'a pointée en direction du groupe. «Est-ce que c'est souhaitable? Absolument pas, parce que ça nous dit que nos policiers étaient en situation de danger. [...] Si les personnes avaient été armées, ça aurait fini avec des coups de feu », ajoute-t-il. Il n'y a pas eu une seule arrestation liée à cet incident.

De nombreux manifestants ont dénoncé à La Presse la présence de policiers en civil dans la manifestation. «Oui, il y avait plusieurs policiers en civil», convient d'emblée Ian Lafrenière, au début de l'entrevue. «Ce n'est pas la première fois qu'on en utilise, ce n'est pas la dernière non plus. Le but, c'était de les avoir sur le terrain, à proximité des gens qui commettaient des actes criminels pour les arrêter.» 

Des manifestants interrogés par La Presse ont aussi accusé le SPVM d'utiliser des «agents provocateurs» masqués qui auraient lancé des projectiles sur leurs collègues pour mettre le feu aux poudres. Le commandant Ian Lafrenière balaie du revers de la main ces accusations. «Tirer un projectile, des fusées éclairantes, ça peut avoir de graves conséquences, alors je ne suis pas sûr que c'était une manifestation très pacifique», évoque-t-il. La Presse a assisté à cette scène, sur la rue Sainte-Catherine, et n'a rien vu laissant croire que ces protestataires étaient des policiers.

Une manifestante de 23 ans, Katie Nelson, a dû être hospitalisée vendredi soir pour soigner des blessures au bras et à la tête subis lors d'une chute. Or l'étudiante de l'Université Concordia soutient qu'elle a été poussée «violemment» au sol par un policier en civil. «J'ai crié pendant plusieurs secondes: "Ce sont des policiers, ce sont des policiers!" Puis on m'a poussée avec force. J'étais au sol et je ne pouvais plus bouger», a-t-elle raconté à La Presse. Elle soutient que le policier en question faisait partie des agents visés par sa poursuite de 24 000 $ intentée contre la Ville en 2013.

 Des «recherches» ont été entamées par le SPVM sur cette affaire. «Jusqu'ici, on n'arrive pas à la même version qu'elle [...] Ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas été bousculée. Ça, je ne peux pas le confirmer à 100 %», indique Ian Lafrenière.

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