Cols bleus: Montréal craint un débrayage illégal

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Le Syndicat des cols bleus regroupés a convoqué ses membres à une assemblée générale spéciale le 8 décembre sur les heures de travail, deux ans avant l'échéance de la présente convention.

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Montréal pensait avoir signé une paix syndicale avec ses cols bleus jusqu'à la fin de 2017, mais la Ville craint un débrayage illégal de leur part la semaine prochaine. La métropole demande à la Commission des relations du travail de délivrer une ordonnance provisoire pour assurer que ceux-ci rentreront au travail, mardi.

Le Syndicat des cols bleus regroupés a convoqué ses membres à une assemblée générale spéciale le 8 décembre, au Palais des congrès. Les syndiqués sont invités à se prononcer sur leurs attentes dans le cadre des prochaines négociations avec la Ville. Les dirigeants syndicaux précisent attendre leurs membres «en grand nombre afin de bien démontrer [leur] détermination».

La métropole estime toutefois que cette assemblée ne représente rien de moins qu'un «arrêt de travail illégal» puisque cette rencontre est prévue durant leurs heures normales de travail. Or, leur convention n'arrive à échéance que le 31 décembre 2017, soit dans plus de deux ans, ce qui devrait en théorie les empêcher d'exercer des moyens de pression.

«La Ville de Montréal considère que cette action a comme objectif de perturber les opérations normales de la Ville, privant ainsi par le fait même le public de l'ensemble des services auxquels il a droit», peut-on lire dans la requête présentée par la Ville de Montréal cette semaine à la CRT. La Ville espère ainsi éviter de voir les cols bleus déserter leurs postes.

L'assemblée de mardi des cols bleus est prévue la veille d'un débrayage - jugé légal cette fois - des cols blancs, eux qui sont sans contrat de travail depuis 2012.

Négociation anticipée

Dans son invitation à ses membres, le syndicat dit vouloir mettre la table pour un renouvellement hâtif de leur convention collective. Le document indique qu'on souhaite «signer un partenariat gagnant-gagnant au cours de 2016», soit un an avant que l'entente en vigueur n'arrive à échéance.

Soulignons que 2017 marque le 375e anniversaire de Montréal. Le syndicat ne menace pas ouvertement de perturber les célébrations, mais on mentionne que Montréal a du «culot de solliciter [leur] collaboration» dans le cadre de ces festivités.

Le ton de l'invitation du syndicat des cols bleus est très cinglant envers l'administration Coderre. Les chefs syndicaux disent vouloir mettre fin aux «litiges, injustices, iniquités et irritants qui pourrissent depuis trop longtemps [leur] climat de travail». On y écrit que les concessions faites ces dernières années par les cols bleus, qui viennent s'ajouter «à l'affront du torchon imposé en 2004» - soit la décision en arbitrage pour leurs conditions de travail -, ont déjà permis à la Ville d'économiser des millions.

«C'est excessivement décevant. On semble vouloir revenir à des anciennes méthodes qui n'ont jamais rien donné», a réagi Pierre Desrochers, président du comité exécutif.

La Ville de Montréal s'est dite surprise de voir le syndicat des cols bleus partir ainsi sur le sentier de la guerre puisqu'elle pensait avoir signé la paix jusqu'à la fin de 2017. Elle avait d'ailleurs cité en exemple la dernière entente avec les cols bleus, eux qui avaient accepté de revoir le partage du coût des régimes de retraite avant que le gouvernement n'impose une loi à ce sujet.

«On s'est entendus sur des enjeux importants, comme les régimes de retraite. On avait une entente, qu'on a défendue en commission parlementaire. Franchement, en ce moment, il n'y a aucune raison qui justifie ou autorise une grève», estime M. Desrochers.

Les cols bleus ont accentué leurs moyens de visibilité ces dernières semaines. Des membres du syndicat étaient présents tout au long des travaux d'étude du budget 2016, déplorant les compressions affectant leurs membres.

Signe des tensions, le syndicat a récemment mis en ligne une vidéo intitulée Just Watch Me, en référence à la phrase de l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau que le maire Denis Coderre a reprise cet été quand il a démoli une dalle à coups de marteau-piqueur. Tout au long du message, des employés municipaux répètent cette phrase célèbre avec en trame de fond la chanson Thunderstruck du groupe AC/DC.

Le Syndicat des cols bleus regroupés n'a pas souhaité réagir.

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