Budget: Montréal veut donner un répit à ses commerçants

Dans son budget, la Ville tente de donner... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE)

Agrandir

Dans son budget, la Ville tente de donner «un coup de pouce aux entreprises montréalaises». Un nombre de plus en plus grand d'entre elles se laissent tenter par la banlieue.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

À l'heure où les locaux vacants se multiplient le long des rues commerciales de Montréal et où les entreprises s'établissent de plus en plus à l'extérieur de l'île, l'administration Coderre dit vouloir donner un répit aux entreprises. Des allègements fiscaux sont envisagés pour inciter des entrepreneurs à s'établir directement dans l'île.

Le budget 2016 de la Ville de Montréal prévoit une hausse de taxes plus modeste pour les immeubles commerciaux et industriels. Leur facture augmentera en moyenne de 0,9 %, contre 1,9 % pour le secteur résidentiel. Le maire Denis Coderre dit ainsi vouloir « donner un coup de pouce aux entreprises montréalaises, améliorer la compétitivité de la Ville et favoriser le développement économique de la métropole ».

En parallèle, la métropole mettra aussi sur pied un comité de travail pour étudier la possibilité d'adopter des mesures fiscales afin d'encourager certains secteurs de l'économie. Les événements sportifs et culturels ainsi que les commerces de proximité pourraient ainsi bénéficier d'allègements. « Il faut trouver des moyens pour soutenir de façon directe nos entreprises », a résumé Denis Coderre.

Le maire assure que son but n'est pas de faire concurrence aux villes du 450. 

« Ma bataille, ce n'est pas avec Laval, Longueuil ou Sainte-Julie. Je me bats contre Paris, Boston et les autres grandes villes. »

Le nouveau comité doit présenter des propositions d'ici le dépôt de la Loi sur la métropole, prévu en février 2016, a indiqué Denis Coderre. « Montréal est la locomotive économique du Québec et aura bientôt les moyens d'assumer pleinement son rôle. »

La locomotive s'essouffle

La locomotive montre toutefois plusieurs signes inquiétants d'essoufflement depuis quelques années. À 10,3 %, le taux de chômage dans l'île est nettement plus élevé que la moyenne québécoise (7,7 %). Le taux d'inoccupation des bureaux s'établit présentement à 12,6 % et la métropole anticipe qu'il grimpera à 13,5 % en 2016. Le revenu moyen par Montréalais, de 29 049 $, est nettement moins élevé que dans les autres grandes villes canadiennes comme Toronto (33 063 $) et Calgary (44 956 $).

Autre signe inquiétant, Montréal a constaté que les entreprises s'établissaient de plus en plus à l'extérieur de l'île, en banlieue. « Sur la période 2001‐2014, le poids de l'agglomération de Montréal dans le nombre d'entreprises de la région métropolitaine a diminué de façon importante », note la Ville dans son budget.

« Montréal a toujours eu une base économique diversifiée, mais ce qu'on voit depuis quelques années, c'est une érosion. Au fil des années, il est devenu de plus en plus difficile de faire des affaires dans l'île. C'est un constat assez sérieux », constate Simon Gaudreault, économiste principal à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). Celui-ci ajoute que Montréal se classe bon dernier depuis deux ans dans son palmarès des 121 « villes entrepreneuriales », un résultat qui s'explique en bonne partie en raison du taux élevé de taxation.

La FCEI, qui représente les PME, a donc accueilli favorablement les mesures prévues dans le budget de Montréal, notamment la création d'un comité pour stimuler les entreprises.

Lourd fardeau

Depuis 15 ans, les commerçants ont subi des hausses de taxes plus importantes que les propriétaires résidentiels. Depuis les fusions, les taxes résidentielles ont augmenté de 20,1 %, contre 29,4 % pour les immeubles commerciaux.

Plus de la moitié (53,5 %) des revenus de taxes de Montréal proviennent des commerçants, alors que leurs immeubles ne représentent pourtant que le cinquième (19,6 %) de la valeur des bâtiments présents dans l'île. Ce phénomène s'explique par le fait que les taxes payées par les commerces de Montréal sont plus de quatre fois plus élevées que pour les résidences de même valeur. Ainsi, une maison de 500 000 $ dans Ville-Marie recevra une facture de 4058,50 $ en 2016, contre 18 032 $ pour un immeuble commercial de même valeur.

Cet écart est nettement plus marqué que dans la majorité des villes québécoises. À Québec, l'écart est de 3,7 fois, et de 2 fois à Sherbrooke.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer