Gouvernance des transports collectifs: déception dans les couronnes de banlieue

Le projet de loi 76 prévoit la disparition... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Le projet de loi 76 prévoit la disparition de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) et le partage de ses responsabilités actuelles entre deux nouvelles entités, soit l'Autorité régionale de transport (ART) et le RTM.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bruno Bisson
La Presse

Les organismes de transport qui assurent les services d'autobus dans les municipalités des couronnes de banlieue, au nord et au sud de Montréal, sont « déçus » du projet de loi 76 sur la gouvernance des transports collectifs, et inquiets des conséquences de cette réforme sur les services offerts dans une soixantaine de municipalités de la région métropolitaine.

Dans une lettre adressée vendredi dernier au ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, l'Association québécoise du transport intermunicipal et municipal (AQTIM) demande au parrain de ce projet de loi de « ne pas tenir une commission parlementaire précipitée », et de reporter son adoption, prévue en décembre, au moins jusqu'au début de 2016.

En entrevue à La Presse, la présidente de l'AQTIM, Diane Lavoie, mairesse de Beloeil, dans l'est de la Montérégie, a déploré les délais extrêmement courts imposés par le ministre pour l'adoption de cette réforme qui entraînera la fusion des 12 organismes de transport de la banlieue au sein du nouveau Réseau de transport métropolitain (RTM).

Le projet de loi prévoit la disparition de l'Agence métropolitaine de transport (AMT) et le partage de ses responsabilités actuelles entre deux nouvelles entités, soit l'Autorité régionale de transport (ART) et le RTM. L'ART aura la responsabilité de fixer les tarifs et de planifier les services de transports collectifs à l'échelle métropolitaine, tandis que le RTM assumera la desserte des trains de banlieue de l'AMT et prendra en charge les activités des 12 conseils intermunicipaux de transport (CIT) regroupés dans l'AQTIM.

« Le projet de loi 76 fait plus de 80 pages et modifie environ 350 articles de nombreuses lois actuelles, a plaidé Mme Lavoie. Si on est convoqués en commission parlementaire dès la semaine prochaine, ça nous laisse trop peu de temps pour assimiler tous les changements et pour comprendre leurs implications pour les municipalités et pour les usagers. »

Municipalités orphelines

Mme Lavoie estime de plus qu'en limitant le territoire du futur RTM à celui desservi par l'AMT, de nombreuses municipalités actuellement desservies par les autobus des CIT sont complètement ignorées par la réforme Poëti.

Un groupe d'usagers des services d'autobus de banlieue formé au début de l'année, l'Association pour le transport collectif sur la Rive-Sud (ATCRS), estime ainsi que des villes comme Sorel-Tracy, Saint-Hyacinthe, Marieville ou Salaberry-de-Valleyfield, actuellement desservies par des CIT, ne seront plus desservies par le futur RTM.

« Le projet de loi 76, estime l'ATCRS, va créer un vide juridique, non seulement pour les usagers des villes mentionnées, mais également pour ceux des villes comme Varennes, Beloeil ou Châteauguay qui profitent de l'achalandage de villes plus éloignées pour disposer d'un meilleur service, notamment hors des périodes de pointe. »

Selon un porte-parole de l'Association, Axel Fournier, les usagers risquent aussi de sortir perdants de la création d'une « mégastructure » métropolitaine en remplacement des CIT actuels, qui sont des organismes de petite taille, opérant à une échelle locale.

« Quand des citoyens vont réclamer un arrêt d'autobus, conclut Mme Lavoie, où vont donc se retrouver ces demandes-là dans le futur RTM ? »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer