Eaux usées: les effets sont limités aux rives de Montréal

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Les nombreux échantillons récoltés tout le long des berges de l'est de l'île de Montréal montrent une forte augmentation de la quantité de coliformes fécaux durant le déversement.

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Les effets du déversement de près de 5 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent semblent avoir été limités aux rives de Montréal, selon les premiers résultats des dizaines de prélèvements effectués durant l'opération. 

Les échantillons rendus publics hier révèlent d'importantes hausses de la quantité de coliformes fécaux, mais la situation a semblé se résorber dès le lendemain de la fin des opérations. La Ville de Montréal refuse de commenter le dossier avant la semaine prochaine, mais déjà, ces résultats permettent de mieux comprendre l'impact du déversement.

Les rives les plus touchées

Les nombreux échantillons récoltés tout le long des berges de l'est de l'île de Montréal montrent une forte augmentation de la quantité de coliformes fécaux durant le déversement.

L'échantillon ayant démontré la plus forte présence de ces bactéries a d'ailleurs été prélevé au bout de l'avenue Stephens, dans l'arrondissement de LaSalle. On y a détecté la présence de 2 700 000 coliformes par 100 ml au deuxième jour du déversement. C'est nettement plus que le seuil de 1000 coliformes par 100 ml au-delà duquel tout contact avec l'eau est fortement déconseillé par le ministère de l'Environnement. 

La situation s'est toutefois rapidement améliorée: les résultats observés au même endroit dimanche, soit un jour après la fin du déversement, correspondent à 2400 coliformes par 100 ml.

Les eaux du Vieux-Port encore polluées

Les divers échantillons prélevés dans les eaux du Vieux-Port démontrent que ce secteur a été particulièrement touché par le déversement. De 39 coliformes par 100 ml la veille de l'opération, le taux est passé à 22 000 au troisième jour. 

C'est également dans les eaux du Vieux-Port que les taux de coliformes demeuraient les plus élevés après la fin de l'opération. Le 15 novembre, on en détectait encore 14 000/100 ml. Il faut souligner que deux points de rejet étaient situés dans ce secteur.

Effet limité au milieu du fleuve

Les échantillons prélevés en divers endroits au milieu du fleuve semblent indiquer que le déversement a eu un effet limité loin des berges, probablement en raison de la dilution. Ceux prélevés au milieu du cours d'eau entre la rue Dickson, à Montréal, et le boulevard Roland-Therrien, à Longueuil, montrent que les taux de coliformes sont restés faibles et stables (de 10 à 28 coliformes par 100 ml) tout au long du déversement. 

Un échantillon pris à la hauteur du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine montre toutefois que les taux de coliformes fécaux ont grimpé jusqu'à 570 par 100 ml au quatrième jour du déversement. À ce niveau, les sports nautiques impliquant un contact avec l'eau sont encore permis, mais la baignade est interdite. Mêmes résultats à la hauteur des îles de Boucherville.

L'île des Soeurs en partie touchée

Les résultats de la campagne d'échantillonnage démontrent que L'île des Soeurs a été touchée seulement en partie par le déversement. 

Les échantillons récoltés à la pointe nord de l'île indiquent que les taux de coliformes fécaux étaient faibles avant l'ouverture des vannes et ont grimpé durant l'opération. Les appareils ont détecté 5400 coliformes par 100 ml d'eau à un moment, soit au-delà des seuils fixés pour tout contact avec l'eau par le ministère de l'Environnement. 

Les échantillons pris à la pointe sud, en bordure du parc Maynard-Ferguson, sont toutefois restés dans les normes tout au long du déversement: les taux ont oscillé entre 0 et 36 coliformes par 100 ml tout au long de l'exercice.

Tests effectués aux îles de Verchères

Par mesure de précaution, des échantillons ont été prélevés à divers endroits jusqu'aux îles de Verchères, situées dans le fleuve à une dizaine de kilomètres de Pointe-aux-Trembles. 

Difficile de qualifier avec précision l'impact du déversement, puisque ces points sont situés en aval du lieu de rejet utilisé par l'usine d'épuration des eaux usées de Montréal. Certains échantillons prélevés près des berges de Repentigny indiquent que les taux de coliformes fécaux ont augmenté durant le déversement, tandis que d'autres, pris plus au coeur du fleuve, montrent que les taux étaient élevés même avant l'opération.

Pas d'effets en amont

Les échantillons récoltés en amont du premier point de rejet, situé près de la 1re Avenue à LaSalle, démontrent que le taux de coliformes fécaux n'a pas varié de façon significative durant le déversement. 

Les résultats de ces prélèvements sont en effet restés dans les normes tout au long du déversement, variant de 16 à 100 coliformes par 100 ml. Ces données semblent indiquer que, comme prévu, les eaux usées n'ont pas remonté le courant et n'ont ainsi pas eu d'effets en amont du déversement.

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