Plusieurs projets compromis près de Suncor

Le croquis du futur centre de compostage. Or le... (IMAGE FOURNIE PAR LA VILLE DE MONTRÉAL)

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Le croquis du futur centre de compostage. Or le terrain convoité se trouve dans la zone entourant les réservoirs de butane de Suncor, laquelle est soumise au moratoire.

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

L'avis du Centre de sécurité civile de Montréal a pris le voisinage de la raffinerie par surprise. Depuis, l'arrondissement impose un moratoire sur la délivrance de tout permis autour du secteur le plus dangereux des installations de la compagnie pétrolière Suncor. «Tout est le monde est pris en otage», résume Marc Fortin, qui travaille comme consultant avec les entreprises du secteur, regroupées au sein de la Coalition pour le développement économique de Pointe-aux-Trembles (CDEPAT).

GROUPE GABRIEL

En compagnie du promoteur Rampa, Groupe Gabriel s'apprêtait en mars 2014 à ouvrir trois concessions automobiles sur un terrain vague de 365 000 pi2 au coin sud-est de l'autoroute 40 et du boulevard Saint-Jean-Baptiste. Un service de restauration rapide devait compléter le projet de 40 millions censé créer plus de 250 emplois. « Aucun usage ni projet de construction » ne peut être autorisé sur [la] propriété », confirmait l'arrondissement le 26 septembre 2014. Le propriétaire de Rampa, Martin Dubois, envisage maintenant de poursuivre la Ville.

USIMM

Le fabricant de pièces sur mesure pour matériaux non métalliques qui compte 12 employés doit déménager pour agrandir. Son président Michel Massé avait trouvé des acheteurs pour ses locaux de 10 000 pi2. Mais la vente n'a jamais pu se conclure. Depuis plus d'un an, l'arrondissement refuse d'accorder tout permis pour son bâtiment, situé à moins de 400 mètres des ballons de butane. « La Ville a même refusé notre permis d'enseigne », dit-il, dépité. À 51 ans, sa bâtisse représente sa caisse de retraite. Que vaut-elle aujourd'hui ? Sans réponse, M. Massé évalue ses recours avec ses conseillers juridiques.

VIBAC CANADA

Filiale d'une entreprise italienne, Vibac Canada fabrique du ruban adhésif. L'entreprise a acheté le bâtiment voisin pour agrandir. Holà, lui a signifié l'arrondissement en 2014. La machinerie achetée a dû être entreposée en catastrophe en attendant la résolution de l'impasse, selon la CDEPAT. Excédée par les délais, la maison mère italienne a envisagé de mettre la clé sous la porte, toujours selon la Coalition. Finalement, le moratoire a été levé le mois dernier pour la zone située au-delà de 610 mètres des réservoirs de butane. C'est dans cette zone que se trouve l'usine de Vibac.

BEAUDRY & CADRIN

Important distributeur de nourriture sèche, Beaudry & Cadrin est coincé. Tout développement futur paraît compromis en raison du moratoire sur la délivrance de permis dans une zone de 610 mètres entourant la raffinerie Suncor. Pis, le grossiste employant 200 personnes est voisin du futur centre de compostage de l'est de Montréal, lequel requiert, lui aussi, une zone tampon de 500 mètres. Dans cette zone, seuls seront permis les projets de développement d'activités compatibles avec le centre de compostage. Déménagement en vue ?

CENTRE DE COMPOSTAGE

Prévu initialement dans le quartier Saint-Michel, le centre de traitement de matières organiques d'une capacité de traitement de 29 000 tonnes par an a atterri au nord-est du carrefour formé de l'autoroute Métropolitaine et du boulevard Saint-Jean-Baptiste. Le conseil d'agglomération a modifié le zonage le 26 mars 2015. Or le terrain convoité se trouve dans la zone entourant les réservoirs de butane de Suncor, laquelle est soumise au moratoire. Le centre de compostage verra-t-il le jour malgré tout ?

PISTE CYCLABLE

La Ville de Montréal prévoit l'aménagement d'un lien cyclable nord-sud sur toute la longueur du boulevard Saint-Jean-Baptiste, l'un des rares liens routiers dans l'est de l'île à relier en ligne droite les rives sud et nord de la ville. Le projet est un élément-clé du projet de réaménagement du boulevard Saint-Jean-Baptiste. Les cyclistes qui emprunteraient cette voie passeraient à quelques dizaines de mètres seulement des dangereuses sphères de butane.

Des précédents mortels

Des explosions de nuages de vapeurs inflammables sont rarissimes en milieu industriel, mais causent la catastrophe quand elles surviennent. C'est même déjà arrivé à Montréal. Voici trois tragédies passées qui nous rappellent que le danger demeure bien réel. Les dommages sont présentés en dollars de 2011. - André Dubuc et Francis Vailles

Montréal-Est, Canada, 8 janvier 1957

Bilan : 1 mort, dommages  de 16,5 millions

Un capteur défectueux entraîne un débordement du réservoir. Le butane déversé crée un nuage de vapeurs inflammables qui entre en contact avec une source d'allumage. L'incendie déclenche une série d'explosions en 35 minutes. Les ondes de choc et la projection d'objets provoquent ensuite une conflagration du parc de stockage de la raffinerie voisine Esso.

Sources : J.-P. Lacoursière, janvier 2009, et International Review of Chemical Engineering, 2012

Feyzin (Lyon), France, 4 janvier 1966

Bilan : 18 morts et 84 blessés, dommages de 146 millions

Des sphères de propane côtoient des sphères de butane dans une raffinerie à proximité d'une autoroute. Lors d'un prélèvement, la vanne la plus éloignée du réservoir gèle. Du propane s'échappe, créant un nuage inflammable au-dessus de la voie rapide. Une voiture sert de source d'allumage. L'incendie remonte au réservoir et provoque deux explosions successives qui entraînent la destruction de 11 réservoirs, dont trois sphères de butane.

Sources : J.-P. Lacoursière, janvier 2009, et International Review of Chemical Engineering, 2012

Pampa, Texas, États-Unis, 14 novembre 1987

Bilan : 3 morts, 43 blessés, 60 personnes évacuées, des dommages de 440 millions

Une explosion de vapeur de butane entraîne une seconde explosion et un incendie à l'usine de Hoecchst Celanese Chemical. Le souffle des explosions est suffisamment fort pour faire éclater les vitres des bâtiments au centre-ville de Pampa, à 10 kilomètres à l'est. Environ le quart de l'usine de 400 travailleurs est détruit par les flammes.

Sources : International Review of Chemical Engineering, 2012, et New York Times, 1987

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