Accueil des réfugiés syriens: Montréal accélère les préparatifs

Montréal a créé le comité Solidarité Syrie pour... (PHOTO JULIAN STRATENSCHULTE, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Montréal a créé le comité Solidarité Syrie pour coordonner les services qui seront offerts aux milliers de réfugiés attendus dans les prochains mois.

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Montréal se prépare activement à l'arrivée d'une partie des 25 000 réfugiés syriens que le gouvernement Trudeau s'est engagé à accueillir au Canada d'ici la fin de l'année. La Ville a mis sur pied un comité Solidarité Syrie pour coordonner les services qui seront offerts aux milliers de personnes attendues dans la métropole québécoise.

Alors que le Québec se prépare à recevoir le quart des réfugiés, plusieurs s'attendent à ce que la majorité d'entre eux atterrissent dans la métropole et dans la capitale. Le maire Denis Coderre doit d'ailleurs s'entretenir aujourd'hui avec le ministre fédéral de l'Immigration, John McCallum.

Un document du gouvernement fédéral obtenu par la chaîne de radio Sirius XM révèle que les plans d'Ottawa prévoient l'arrivée de 1000 réfugiés par jour en provenance d'Amman, en Jordanie. Ceux-ci atterriraient aux aéroports de Montréal et de Toronto ainsi qu'à la base militaire de Trenton, en Ontario. Les réfugiés seraient hébergés pendant 12 semaines dans des logements temporaires. Le plan évoque l'utilisation de bases militaires et même de bateaux de croisière, sans préciser leur emplacement.

Montréal a entrepris des discussions avec le gouvernement Couillard sur les mesures d'accueil. La Ville et le ministère québécois de l'Immigration coordonneront les travaux du comité Solidarité Syrie, qui doit se réunir pour la première fois la semaine prochaine. Ce groupe doit « alimenter la réflexion sur les actions et les moyens à privilégier ainsi que sur les services et les ressources à déployer par la Ville et les arrondissements pour faciliter la venue, l'accueil et l'intégration des réfugiés syriens à Montréal », explique Valérie De Gagné, porte-parole de Montréal.

Deux arrondissements convoqués

Plusieurs services de la Ville seront appelés à contribuer aux travaux du comité, dont celui de la diversité sociale, la Direction de l'habitation, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et la Direction de la sécurité civile. Fait révélateur, deux arrondissements ont été invités à y participer activement, soit Ahuntsic-Cartierville et Saint-Laurent. Ces deux secteurs voisins abritent une importante population arabe.

D'autres organisations seront appelées à participer aux travaux. Parmi elles, l'Office municipal d'habitation de Montréal, qui gère un parc de 23 000 logements sociaux, la Société de transport de Montréal, la Croix-Rouge et la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

Le fédéral étant responsable du transport et de l'hébergement initial des réfugiés, la première tâche du comité Solidarité Syrie sera de trouver où loger ces nouveaux venus à long terme. 

« La question du logement sera certainement parmi les besoins prioritaires. », affirme Valérie De Gagné, porte-parole de la Ville de Montréal.

Une fois les besoins primaires des réfugiés assurés - soit le logement, les vêtements et l'alimentation -, le travail du comité Solidarité Syrie se concentrera sur les mesures à prendre pour assurer leur intégration. Montréal pourra ainsi mettre des locaux à disposition pour organiser des rencontres d'information, embaucher des interprètes ou encore accompagner les réfugiés pour qu'ils puissent se familiariser avec les loisirs ou les activités sportives et culturelles offerts dans la ville.

L'Office municipal d'habitation de Montréal a confirmé avoir été convoqué à une rencontre la semaine prochaine pour discuter des préparatifs. Celui-ci peut notamment aider à trouver de l'hébergement pour une période allant jusqu'à trois mois en vertu d'ententes avec des hôtels. Lors du rapatriement de 14 000 ressortissants canadiens du Liban en 2006, 1800 personnes avaient requis un hébergement temporaire. Une centaine de familles avaient aussi eu recours à une telle aide à la suite du tremblement de terre de 2010 en Haïti.

La Croix-Rouge canadienne a aussi entrepris des préparatifs puisqu'on juge probable que ses services soient requis. Après tout, l'organisation avait participé au soutien des 5500 réfugiés kosovars arrivés en 1999 de même qu'au rapatriement des ressortissants canadiens d'Haïti (2010) et du Liban (2006).

D'autres organisations, comme la Société Saint-Vincent-de-Paul, qui fournit de l'aide alimentaire, s'attendent à voir une augmentation des besoins avec cette arrivée massive de réfugiés.

Des scénarios pour le logement

Bases militaires

Scénario le plus probable: Ottawa demandera aux Forces canadiennes de gérer l'arrivée des 25 000 réfugiés syriens que le nouveau gouvernement libéral s'est engagé à accueillir d'ici la fin de l'année. L'armée dit d'ailleurs s'attendre à recevoir une telle demande. Elle élabore donc des plans de transport, d'hébergement et de soutien aux réfugiés.

Longue-Pointe, porte d'entrée

Montréal a souvent joué un rôle de premier plan dans l'accueil massif de réfugiés. De 1978 à 1981, la base a servi à gérer l'arrivée massive de près de 57 000 réfugiés d'Asie du Sud-Est. En 1999, l'armée s'était toutefois tournée vers la base de Valcartier, en périphérie de Québec, pour recevoir une partie des 5500 réfugiés kosovars accueillis par le Canada.

Miser sur les logements sociaux?

Techniquement, les règles actuelles ne permettraient pas aux réfugiés de bénéficier des logements sociaux parce que ceux-ci n'auront pas vécu au Québec depuis 12 mois. Le gouvernement Couillard pourrait toutefois changer les règles de façon exceptionnelle pour donner priorité aux réfugiés syriens.

Miser sur les logements privés

Plutôt que de miser sur les logements sociaux, Québec pourrait voter un programme spécial pour aider les réfugiés à vivre dans des logements privés. Il s'agirait d'un supplément au loyer qui serait offert aux familles.

Des bateaux de croisière?

«Ce serait une solution viable», assure Luc Généreux. Cet entrepreneur avait sérieusement étudié cette possibilité pour pallier la crise du logement vécue à Sept-Îles il y a quelques années, projet qui est toutefois tombé à l'eau. «Tu peux mettre 2000 personnes sur un bateau. C'est une solution viable, mais à coût élevé», nuance-t-il.

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