Une manifestation contre le projet de loi 59 dérape

Aucun manifestant interrogé par La Presse durant la manifestation n'a... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Aucun manifestant interrogé par La Presse durant la manifestation n'a affirmé être membre du groupe Pegida. Tous les participants ont dénoncé vivement le projet de loi 59, qui sera d'ailleurs remanié par le gouvernement.

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«Réfugiés, bienvenue! Bloquez les fachos!», scandaient une centaine de manifestants sur la rue Berri. Une vingtaine de mètres plus loin, séparés par deux larges haies de policiers, d'autres protestataires leur répondaient en clamant «Liberté d'expression!». La tension a monté d'un cran cet après-midi à Montréal quand des opposants au groupe antimulsulman Pegida ont fait déraper une manifestation contre le projet de loi 59.

À la suite d'un appel lancé sur Facebook, environ 200 personnes se sont présentées vers 14h au parc Émilie-Gamelin pour dénoncer le projet de loi 59 du gouvernement Couillard dont l'objectif est d'interdire les discours haineux et les appels à la violence. Leur événement a toutefois été perturbé par des groupes militants antifascistes. Ceux-ci soutenaient que des partisans du controversé groupe Pegida avaient infiltré la manifestation contre le projet de loi 59. Ce groupe avait en effet annoncé sur Facebook la tenue d'une manifestation, dont le lieu est inconnu.

Or, aucun manifestant interrogé par La Presse durant la manifestation n'a affirmé être membre du groupe Pegida. Tous les participants ont dénoncé vivement le projet de loi 59, qui sera d'ailleurs remanié par le gouvernement. «On veut garder nos droits et libertés d'expression», a lancé Martine Girard. «Je suis contre une loi à deux vitesses qui nous exclut de dire un propos haineux envers eux, alors qu'eux sont protégés par la Chartre», a renchéri sa soeur, Julie Girard. «On ne va pas m'empêcher de parler de ce que je veux. Je ne suis pas raciste et je ne suis pas contre l'immigration. Mais on s'en va comme en Allemagne de l'Est», a dénoncé Jean-Pierre Aubé, un citoyen.

Une seule manifestante a tenu à La Presse des propos s'apparentant à la rhétorique antimusulmane du groupe Pegida. «Nous défendons notre droit de nous exprimer. [...] On se fait envahir! Quand tu immigres, tu fais comme les gens dans ce pays-là. Les autres, qu'ils s'adaptent, sinon qu'ils retournent chez eux», a exprimé Louise Pinard, qui s'est déclaré être «anti-islam», mais non pas «antimulsulman».

Un important contingent de policiers s'est dressé entre les deux camps, autant au parc Émilie-Gamelin que sur la rue Berri, lors de la manifestation qui s'est terminée vers 15h. Chez les participants anti-Pegida interrogés par La Presse, tous ont maintenu être sur place pour s'opposer aux partisans de Pegida. «Cette manifestation est faite par des gens qui se disent ouvertement xénophobes et racistes. La manifestation a été infiltrée par des gens racistes», a dénoncé le militant bien connu Jaggi Singh.

En mars dernier, une manifestation organisée par le groupe Pegida n'avait finalement pas eu lieu à Montréal. Seules quelques personnes s'étaient déplacées pour l'événement, tandis les opposants à Pegida étaient très nombreux.

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