Travaux d'asphaltage bâclés à Montréal-Nord

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Au cours d'une visite de chantier le 17 septembre, rue Monselet, le BIG a photographié de la machinerie sur le point d'asphalter la rue, alors que des défauts de la fondation n'avaient pas été corrigés.

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Le Bureau de l'inspecteur général (BIG) a constaté des manquements si graves dans l'exécution de travaux d'asphaltage à Montréal-Nord, la semaine dernière, qu'il a suspendu un contrat de 3,45 millions de dollars sur-le-champ.

Dans un rapport rendu public hier, l'inspecteur général Denis Gallant recommande au conseil municipal d'expédier une mise en demeure l'entrepreneur Demix Construction. Il montre aussi du doigt SNC-Lavalin, la firme responsable de surveiller les travaux, à qui il demande de «protéger» les droits de la Ville de Montréal.

Une «incongruité» dans la soumission

Après avoir découvert une «incongruité» dans la soumission de Demix Construction, le BIG a dépêché un ingénieur sur le chantier situé à l'angle des rues Prieur et Monselet le 17 septembre. Ce dernier avait pour mandat de s'assurer que les défauts de surface et de profondeur, qui nécessitent deux types d'interventions distinctes, étaient adéquatement réalisés.

«Les constats observés par le Bureau de l'inspecteur général sont sans équivoque. Aucune correction en profondeur n'a été effectuée par l'entrepreneur alors que l'état de la surface après le planage de la rue le requérait. La quantité de travaux de correction de surface est insuffisante. Confronté au devis, le surveillant responsable de SNC-Lavalin admet finalement que ce genre de défaut doit être réalisé par des corrections en profondeur», peut-on lire dans le rapport du BIG rendu public hier sur son site internet sans tambour ni trompette.

«Piètre qualité»

Selon les exigences du devis citées dans le rapport du BIG, les fissures et autres nids-de-poule dits «de surface» doivent être grattés, nettoyés en profondeur, couverts d'une couche de liant puis réparés avec un enrobé bitumineux.

Lorsque le problème atteint les matériaux de fondation ou la dalle de béton, l'entrepreneur doit faire une correction «en profondeur», c'est-à-dire qu'il doit retirer la section du revêtement qui est instable, abaisser la surface de 40 mm, compacter la pierre, couvrir le tout de liant puis poser une couche d'enrobé bitumineux.

«En marchant sur la rue Monselet qui est en cours [d'asphaltage], l'ingénieur du Bureau de l'inspecteur général constate qu'à certains endroits, une correction de surface a été effectuée alors que la majorité des autres surfaces planées qui sont fissurées ou dont la fondation est apparente n'ont reçu aucune correction», relate le BIG dans son document de 12 pages. «Sur la rue Prieur, le planage vient d'être complété quand l'ingénieur du Bureau de l'inspecteur général arrive à midi. Il constate une quantité importante de défauts dans la surface planée», ajoute-t-il.

«Patcher» les rues

Demix Construction (division de Holcim Canada) a remporté en juin un contrat de 3 459 339$ pour réparer des rues dans les arrondissements d'Anjou et de Montréal-Nord. Ce contrat a été accordé dans le cadre d'un nouveau programme de l'administration Coderre qui vise à refaire la surface des rues locales les plus mal en point à raison de 50 millions par année (PCPR). Le but est de prolonger la durée de vie de ces rues de 7 à 12 ans.

En mars dernier, SNC-Lavalin a remporté le contrat de services professionnels pour assurer la surveillance des travaux exécutés dans le cadre de ce programme. Le contrat est d'une valeur de 2,97 millions.

«SNC-Lavalin, à titre de surveillant de chantier, ne fait pas appliquer ni respecter le devis technique, en laissant Demix Construction agir comme si l'obligation de procéder aux travaux de correction en profondeur n'existait pas», constate le BIG.

Lorsque l'ingénieur du BIG interroge le surveillant responsable de SNC-Lavalin sur la technique employée sur la rue Prieur, ce dernier finit par lui confirmer que ce genre de défaut doit faire l'objet de «corrections en profondeur». Il ajoutera cependant «que l'information qu'il avait reçue "des concepteurs" de la Ville est que le but du PCPR n'était pas de corriger la fondation». Il dit que le PCPR, «c'est pour patcher pour une durée de 4 ou 5 ans» avant que des travaux majeurs soient lancés par la Ville pour refaire la fondation, relate le BIG dans son rapport.

Questionnée par le BIG, la directrice des infrastructures de la Ville a nié formellement que de telles instructions aient pu être données.

Le contrat est suspendu alors que la rue Prieur, le boulevard Albert-Hudon, l'avenue Hébert, le boulevard Gertrude et l'avenue de la Seine, tous à Montréal-Nord, ne sont toujours pas asphaltés.

Le porte-parole de SNC-Lavalin, Louis-Antoine Paquin, a indiqué hier soir que l'entreprise analysait en ce moment «les points techniques». De son côté, Holcim Canada n'a pas voulu commenter le rapport, hier.

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