«Tous les matins, on manque de bus»

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La Société de transport de Montréal attribue le manque d'autobus notamment à une pénurie de personnel et des travaux dans les ateliers d'entretien.

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Bruno Bisson
La Presse

La Société de transport de Montréal (STM) n'a pas assez d'autobus au quotidien pour assurer l'ensemble des services prévus sur son réseau en raison d'une combinaison de facteurs complexes, qui pourraient mettre beaucoup de temps à se résorber.

Les usagers qui, au cours des derniers mois, ont cru remarquer des écarts inhabituels entre les passages des autobus ou qui avaient l'impression d'attendre plus longtemps que d'habitude à l'arrêt ne rêvaient pas. Il y a moins d'autobus qu'il ne devrait y en avoir.

Selon le directeur général de la STM, Luc Tremblay, les autobus de la STM ont roulé environ 800 000 km de moins qu'ils n'auraient dû depuis le début de 2015 pour assurer la totalité des services quotidiens planifiés par l'organisation. M. Tremblay attribue ce manque d'autobus à un ensemble de facteurs, dont une pénurie de personnel et des travaux en cours dans les ateliers d'entretien, notamment le Complexe Crémazie, où sont effectuées les réparations majeures sur les 1700 bus de la STM.

«Tous les matins, on manque de bus, affirme-t-il. On n'a pas le nombre de bus suffisant pour faire le service planifié. À titre indicatif, au 31 juillet, on a livré 99,1% du service planifié. Dans les cinq dernières années, notre moyenne était plutôt de l'ordre de 99,4% à pareille date. Cela semble peu, une différence de 0,3%. Mais étant donné le nombre de kilomètres qu'on parcourt dans une année, c'est quelque chose qui devient très sensible, et très visible, pour la clientèle.»

Problèmes de fiabilité

M. Tremblay a aussi affirmé que la STM «fait face à une recrudescence des problèmes de fiabilité des bus» construits par la firme Nova, une division de Volvo, dans son usine de Saint-Eustache. «Même les bus les plus récents qui nous ont été livrés ont des problèmes de conformité, précise-t-il. Pour les bus qui sont là depuis quelques années, on remarque une augmentation du nombre des pannes.»

En entrevue à La Presse la semaine dernière, M. Tremblay a tenu à souligner que ce manque d'autobus n'est pas attribuable à un exercice de compressions budgétaires ou à un effort de la STM pour équilibrer son budget. «Ce n'est pas le cas, assure-t-il. Nous faisons face à de gros enjeux opérationnels pour lesquels un plan d'action sera présenté, prochainement, au conseil d'administration de la société.»

Ce n'est pas non plus parce que la STM ne possède pas assez d'autobus. Il manque de chauffeurs pour les faire rouler et un trop grand nombre de véhicules sont immobilisés pour des raisons d'entretien mécanique.

Certaines des mesures prévues au plan d'action pourraient entraîner des bénéfices à court terme, croit M. Tremblay. «Mais il faut être bien conscient que la plupart des enjeux auxquels nous faisons face ne disparaîtront pas prochainement», ajoute-t-il.

Si le manque de véhicules force quotidiennement la STM à éliminer des passages de bus sur certains circuits, la congestion du réseau routier n'aide pas non plus à assurer des services fiables.

Pas moins de 65% des 219 circuits du réseau de surface de la STM sont touchés à divers degrés par l'un ou l'autre des quelque 400 chantiers de construction en cours sur les routes et dans les rues de la métropole.

Ce ne sont pas les seuls.

Travaux sur Bonaventure

Selon le Réseau de transport de Longueuil (RTL), des centaines d'autobus provenant de la voie réservée du pont Champlain s'enlisent chaque matin dans l'encombrant chantier de démolition d'une partie de l'autoroute Bonaventure, à l'entrée sud du centre-ville.

Près de 20 000 usagers du RTL et de plusieurs conseils intermunicipaux de transport (CIT) de la Rive-Sud subissent ainsi des retards pouvant atteindre 15 ou 20 minutes. En juillet, des autobus ont même enregistré des temps d'attente de 45 minutes pour franchir ce goulot d'étranglement avant de poursuivre leur chemin jusqu'au terminus du centre-ville, situé au 1000,

rue De La Gauchetière.

Depuis le printemps dernier, le RTL a frappé à la porte de ses partenaires, notamment le ministère des Transports du Québec (MTQ) et l'organisme de concertation régionale Mobilité Montréal, relativement aux retards qu'entraîne  ce chantier.

Le RTL a «sensibilisé la sous-ministre des Transports» aux problèmes engendrés par ce chantier, au début de juillet. Deux semaines plus tard, on a écrit au ministre des Transports du Québec, Robert Poëti, sans obtenir de réponse.

Jeudi, le conseil d'administration du RTL a résolu de demander «une compensation financière pour le coût des ajouts de service visant à assurer la fiabilité et la ponctualité des services durant les travaux de mise au sol de l'autoroute Bonaventure, à Montréal, pour l'automne 2015 et l'année 2016».

Selon le texte de la résolution, obtenu par La Presse, des demandes d'aide financière totalisant plus de 750 000$ ont déjà été adressées au MTQ par le RTL, et les CIT concernés auraient aussi formulé des demandes similaires au cours de l'été.

Selon les données disponibles, pas moins de 276 autobus du RTL et 190 bus des CIT empruntent quotidiennement l'autoroute Bonaventure pour entrer au centre-ville le matin. Le même nombre d'autobus reprend ensuite la direction de la Rive-Sud à chaque fin de journée. Avec les mêmes retards.

De 14 000 à 15 000 usagers utilisent les circuits du RTL en direction du centre-ville de Montréal le matin, et autant en fin de journée en direction de la Rive-Sud. Les CIT transportent quant à eux de 6000 à 7000 clients à chaque période de pointe.

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