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Ottawa ne veut pas céder le Vieux-Port à Montréal

La Ville de Montréal souhaite récupérer du fédéral... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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La Ville de Montréal souhaite récupérer du fédéral la gestion du Vieux-Port de Montréal, et ce, avant les célébrations du 375e anniversaire de la métropole en 2017.

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Ottawa refuse de céder les terrains du Vieux-Port à la Ville de Montréal, selon des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Depuis la campagne à la mairie de 2013, Denis Coderre plaide pour que Montréal récupère la gestion du Vieux-Port. Le 12 décembre dernier, le maire a écrit une lettre à la ministre des Travaux publics, Diane Finley, pour lui demander «d'entamer très prochainement des discussions» à ce sujet.

Dans sa missive, Denis Coderre disait vouloir compléter le rapatriement des terrains d'ici les célébrations du 375e anniversaire de Montréal, en 2017. Il soulignait que ces festivités coïncideront avec le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. «Ce rapatriement pourrait être un geste d'importance permettant de souligner deux anniversaires majeurs», a écrit le maire.

Réponse floue du fédéral

La réponse de Diane Finley, datée du 6 février 2015, évite de répondre directement à la question. La ministre se contente d'évoquer la tenue d'une «série de consultations qui aidera à définir une vision pour le territoire», consultations auxquelles la Ville de Montréal est conviée à participer. Ces consultations ont été annoncées en juin dernier par le ministre Denis Lebel, qui a créé un comité auquel siège un élu de la métropole, Richard Bergeron.

La lettre de la ministre se conclut par des «souhaits de réussite en vue des célébrations entourant le 375e anniversaire de la Ville de Montréal et le 150e anniversaire du Canada», sans aucun engagement de la part du fédéral.

Si la réponse reste floue sur la question du rapatriement, les notes ayant mené à la rédaction de cette lettre, que La Presse a obtenues, démontrent qu'Ottawa n'a aucunement l'intention de céder les terrains. On peut y lire que «le gouvernement du Canada n'a aucun plan pour transférer la responsabilité de ce site. La Société immobilière du Canada continuera à être propriétaire et à gérer le site».

Ces notes ayant servi à la rédaction de la réponse de la ministre ont été rédigées par Michelle d'Auray, sous-ministre de Travaux publics Canada de 2012 à janvier 2015. Elle a depuis été nommée ambassadrice et représentante permanente du Canada auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques, à Paris.

Prudence à Montréal

Au cabinet du maire Denis Coderre, on s'est montré prudent, assurant que le dossier n'est pas clos. «Nonobstant l'opinion exprimée par des fonctionnaires, le maire reste en contact continu avec le gouvernement canadien, notamment le ministre Denis Lebel, qui est lieutenant politique pour le Québec», a-t-on indiqué à La Presse. Les deux hommes se sont d'ailleurs rencontrés mercredi à Roberval dans le cadre de la Traversée internationale du lac Saint-Jean.

Malgré la réponse évasive de la ministre Finley, Denis Coderre continue à croire en ses chances de rapatrier la gestion du Vieux-Port. «Notre position est claire et bien connue: la propriété et la gestion du Vieux-Port doivent revenir à la Ville de Montréal. Il s'agit d'un joyau de notre patrimoine et d'un lieu stratégique pour l'offre touristique montréalaise», a-t-il dit récemment lorsque Ottawa a annoncé la tenue d'une consultation sur l'avenir du site.

- Avec la collaboration de William Leclerc

Refus à Toronto aussi

Montréal n'est pas le seul à essuyer un refus de la part d'Ottawa. Le document accompagnant la réponse de la ministre Finley aux demandes du maire Coderre précise qu'Ottawa a adopté la même position dans le dossier du Downsview Park, à Toronto. Certains élus de la métropole canadienne réclament que ce vaste terrain de 231 hectares leur soit cédé pour en assurer la protection, projet auquel s'est opposé le gouvernement fédéral. «Le fédéral a toujours promis aux gens qu'ils auraient leur mot à dire sur l'avenir de ce parc. Mais qu'est-ce que le gouvernement fait à la place? Il le donne à son bras immobilier, s'indigne la conseillère municipale Maria Augimeri. Le fédéral nous a prouvé qu'il n'était pas à l'écoute des citoyens. Au niveau municipal, on est beaucoup plus proche des préoccupations des gens.» Le dossier du Downsview Park est à ce point délicat que l'élue torontoise croit que le député conservateur du secteur (York Centre), Mark Adler, pourrait perdre son siège à cause de cet enjeu. Rappelons que les activités de la Société du Vieux-Port ont été intégrées à la Société immobilière du Canada en 2012, en même temps que la gestion du Downsview Park de Toronto.

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