Sites d'injection supervisée: l'ex-maire de Vancouver appuie Montréal

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Si le projet de Cactus se concrétise, il s'agira du premier centre d'injections supervisées à Montréal.

Photo: Patrick Sanfaçon, archives La Presse

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Kristy Kirkup
La Presse Canadienne
Ottawa

L'ex-maire de Vancouver Philip Owen, qui a été en poste durant neuf ans, encourage le maire Denis Coderre à tenir tête à Ottawa et à aller de l'avant avec son projet d'ouvrir quatre sites d'injection supervisée pour toxicomanes à Montréal d'ici l'automne.

L'ancien maire a été un partisan indéfectible de ces sites d'injection. C'est pendant son mandat que le programme «Insite» a vu le jour en 2003 dans la métropole de la Colombie-Britannique. Insite demeure encore aujourd'hui le seul site légal d'injection supervisée au Canada.

Selon M. Owen, le bien-fondé de ces sites d'injection supervisée ne fait «absolument aucun doute», et les Européens ne s'y sont pas trompés, a-t-il dit. L'ancien maire a rappelé qu'à l'époque, son administration avait conclu que c'est le revendeur qui est le criminel: le toxicomane, lui, est malade, et on doit lui procurer tout le soutien du réseau de la santé.

À la veille des élections fédérales d'octobre, un nouveau débat sur ces sites d'injection tombe à point nommé pour le maire Coderre, qui a donné à Ottawa jusqu'à la fin de l'été pour approuver l'établissement de trois sites d'injection supervisée avec pignon sur rue et d'une unité mobile dans la métropole. La création de tels sites doit obtenir le feu vert du ministère fédéral de la Santé. Le gouvernement du Québec, lui, a appuyé le projet montréalais en avril dernier, mais il n'a pas juridiction pour approuver une telle initiative.

Ces sites permettent aux toxicomanes de s'injecter leur drogue dans des conditions sanitaires optimales, avec des seringues propres. Mais ils leur offrent aussi la chance de rencontrer, peut-être, des intervenants sociaux qui les aideraient à sortir de leur dépendance, et des professionnels de la santé qui sont au fait de leurs besoins particuliers.

Le maire Coderre a qualifié la procédure d'Ottawa de «formalité» et assuré qu'il irait de l'avant, avec ou sans le feu vert du fédéral.

La ministre de la Santé, Rona Ambrose, a donné une autre tournure au débat en l'associant au chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, qui a côtoyé Denis Coderre au sein du caucus libéral alors que le maire de Montréal était député fédéral de Bourassa. «Nous nous opposons - et nous sommes profondément préoccupés - par l'engagement de Justin Trudeau d'ouvrir des sites d'injection supervisée au Canada», a-t-elle dit.

En 2011, la Cour suprême du Canada a statué que le site Insite avait contribué à sauver des vies humaines et à améliorer la santé des toxicomanes, sans causer une hausse de la consommation ou de la criminalité dans le quartier. Le plus haut tribunal du pays a aussi indiqué que le gouvernement fédéral devrait «généralement» permettre la création de tels sites si tout indique qu'ils réduiront les risques de décès et de maladies, et qu'ils auront peu d'impacts sur la sécurité publique dans les quartiers concernés.

Le gouvernement conservateur a par la suite adopté la Loi sur le respect des collectivités, qui modifie la façon dont les demandes relatives à des sites d'injection de drogue supervisée sont évaluées par le ministère de la Santé. Certains acteurs du milieu, dont l'Association des infirmières du Canada, y ont vu une manoeuvre des conservateurs pour restreindre la création de tels sites.

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