Améliorer l'apparence des locaux vacants réduit la criminalité

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Le maire du Plateau croit lui aussi qu'améliorer la façade des commerces peut contribuer à améliorer le dynamisme des artères commerciales.

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Améliorer l'apparence des locaux laissés vacants ou à l'abandon permet de réduire significativement la criminalité, conclut une étude américaine. Une expérience similaire menée à Montréal depuis quelques mois a permis de constater une réduction des problèmes de vandalisme sur le boulevard Saint-Laurent.

Durement frappée par la crise de 2008, Philadelphie a vu le nombre de bâtiments vacants exploser. En 2010, la Ville recensait près de 40 000 propriétés vacantes et 3000 carrément abandonnées.

Pour freiner la flambée de criminalité qui a aussi suivi la crise, Philadelphie a décidé de miser sur une solution relativement peu coûteuse: améliorer l'apparence des bâtiments abandonnés. L'idée s'inspire de la «théorie de la vitre brisée», selon laquelle le délabrement du bâti dans un quartier entraîne généralement une détérioration du cadre de vie.

Philadelphie a ainsi adopté un règlement en 2011, le Doors and Windows Ordinance, afin d'obliger les propriétaires à entretenir les portes et les fenêtres des bâtiments vacants. Ils doivent principalement s'assurer qu'ils sont fonctionnels, ce qui leur interdit du coup de tout simplement les placarder avec du contreplaqué. Les contrevenants s'exposent à des amendes de 300$ par jour. En un peu plus de deux ans, 2356 bâtiments ont ainsi reçu des contraventions, pour un total de 1,5 million de dollars.

Des chercheurs du Service des forêts des États-Unis de l'Université de Pennsylvanie et de l'École de santé publique de Yale ont suivi pendant plus de deux ans l'évolution de la criminalité à Philadelphie, soit de janvier 2011 à avril 2013. Ils ont constaté que la criminalité avait diminué de façon significative dans les secteurs où les propriétaires avaient respecté le nouveau règlement par rapport aux quartiers qui avaient résisté. Ils ont noté une baisse annuelle de 19% des agressions et de 16% des nuisances, comme le vandalisme et les graffitis. La réduction est encore plus spectaculaire pour les agressions armées puisqu'elle a atteint 39%. Et fait encourageant, leurs travaux n'ont pas observé un déplacement de la criminalité.

Au-delà des chiffres, les chercheurs affirment que l'amélioration de l'apparence des bâtiments abandonnés a contribué à favoriser le sentiment de sécurité dans les quartiers. «Quand on a interrogé des gens, ils nous ont dit se sentir plus en sécurité depuis que les propriétés avaient été nettoyées et semblaient maintenant occupées», relate Michelle Kondo, principale auteure de l'étude.

Plusieurs études avaient établi un lien entre la présence de bâtiments abandonnés et une hausse de la criminalité, mais c'est la première étude, selon les chercheurs, à démontrer qu'un meilleur entretien peut réduire la criminalité.

Succès à Montréal

Les résultats de Philadelphie confortent l'Association des commerçants du boulevard Saint-Laurent, qui a décidé d'investir dans un projet d'amélioration des façades pour contrer le vandalisme. Depuis quelques semaines, les vitrines de sept locaux vacants de l'artère commerciale ont été couvertes d'un revêtement en vinyle afin de décourager les graffitis. Plutôt que le classique papier brun ou le contreplaqué, ce recouvrement affiche des oeuvres de l'artiste Ricardo Cavolo, un projet mené avec l'agence Lndmrk.

«Ça fait deux mois et il y a eu un seul incident depuis. Une personne avait fait un tag, mais comme c'est du vinyle, il suffit d'un peu d'alcool et c'est parti. Ça a vraiment marché», commente Tasha Morizio, directrice générale de la Société de développement commercial (SDC) Saint-Laurent.

En réduisant la présence des graffitis, les commerçants espèrent rendre le boulevard Saint-Laurent plus attirant. «Quand vous passez, on veut une atmosphère qui encourage à rester. S'il y a plein de tags, ça peut enlever cette volonté», résume Tasha Morizio.

Le maire du Plateau croit lui aussi qu'améliorer la façade des commerces peut contribuer à améliorer le dynamisme des artères commerciales. «On y croit vraiment à la théorie de la vitre brisée», dit Luc Ferrandez.

D'autres secteurs de Montréal ont aussi emboîté le pas. L'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville a annoncé en décembre la mise en place d'un programme de mise en valeur des vitrines de locaux commerciaux vacants. Celui-ci prévoit une subvention pouvant aller jusqu'à 500$ pour habiller les vitrines. Le seul hic: aucun propriétaire ne s'est toutefois encore prévalu de ce programme.

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